Isabelle C., DPI de la boucle du Mouhoun dans sa parcelle de production. Crédit Photo PNUD/Burkina Faso

Salif Z. et Isabelle C. sont deux trentenaires de la Boucle du Mouhoun, qui, du fait du terrorisme, ont fui leurs villages respectifs, pour sauver leur vie. Leur chemin de croix commence en fin 2019, alors que S. Zongo vivait à Sewali, localité située à 4km de la frontière malienne dans la province de la Kossi, et C. Isabelle habitait à Bouni, dans la commune de Bourasso. Ils ont certes eu la chance de survivre. Toutefois, ils partagent la douloureuse expérience de la perte d’êtres chers, à cause des attaques terroristes (Voir encadré). La seconde chance que la vie a donnée à Salif et Isabelle est désormais embellie par de réelles perspectives de reconstruction, à eux offertes par le PNUD, à travers le Programme d’Amélioration des Moyens d’Existence Durable en milieu rural (PAMED). En effet, ils font partie des 85 personnes déplacées internes bénéficiaires de parcelles de production sur les Fermes agroécologiques polyvalentes (FAEP) mises en place par le programme, aux côtés des membres des coopératives, des propriétaires terriens et d’autres personnes vulnérables, travaillant sur ces sites.

Salif et Isabelle ont chacun une exploitation. Le premier produit de l’oignon, de l’aubergine, de la salade, des feuilles d’aubergine sauvage, et la seconde cultive, en plus, des tomates, des feuilles d’oseille et du gombo. Leurs spéculations ne sont pas arrivées à maturation, mais les deux PDI sont optimistes quant à l’avenir. « Nous comptons consommer cette production et vendre le surplus pour subvenir à nos autres besoins », planifie déjà Isabelle. Ces propos sont corroborés par Salif, qui ajoute que ce travail lui permet, en outre, de surmonter progressivement son traumatisme. Presqu’en chœur, ces PDI sont formels : « Nous sommes très heureux de l’approche du PAMED et des populations hôtes, qui viennent de nous donner un nouveau souffle de vie à travers cet espace de production et d’échange d’expériences. C’est un véritable cadre d’épanouissement pour nous. En travaillant, nous serons autonomes sur le plan alimentaire et nous oublions nos soucis ».

Salif Z., DPI de la boucle du Mouhoun dans sa parcelle de production. Crédit Photo PNUD/Burkina Faso

Ils ont connu l’enfer !

« Ce jour, les habitants du village ont été surpris dans leur sommeil par un nombre impressionnant d’Hommes Armés Non Identifiés (HANI) venus apparemment d’un pays voisin. Ils ont mis le village à feu et à sang, nous obligeant à déguerpir. Ma grande sœur, son époux, sa belle-fille enceinte ainsi que quatre de leurs enfants ont péri », se souvient Salif Z., d’une mine déconfite, comme revivant le jour le plus effroyable de sa vie. Selon son témoignage, après sa fuite de Sewali, son village attaqué, il va croiser, une fois de plus, le chemin des HANI. « Dans un premier temps nous nous sommes déplacés à Dédougou, mais par manque d’espace de production, nous sommes repartis à Diamasso, un village de la commune de Bourasso pour solliciter des espaces de production. Malheureusement, un jour nous avons été enlevés par des hommes armés, et avons été détenus dans une forêt. Après un mois de détention, ils ont décidé de nous libérer », raconte-t-il.

Isabelle C. A, elle aussi, a vécu la terreur. Elle explique que des hommes armés ont fait une incursion dans son village, cherchant à tuer les hommes, sous le prétexte que ces derniers seraient des informateurs des Forces de défense et de sécurité. « Les membres de ma famille, une vingtaine de personnes, se sont réfugiés dans la brousse d’un village voisin et y avions passé la nuit. Au petit matin, nous avions fait appel à un tricycle pour nous conduire à Dédougou », détaille-t-elle. Le cœur meurtri, elle explique que d’autres n’ont pas eu cette chance...

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