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Le digital de plus en plus présent dans le quotidien des burkinabè

A l’image de la majorité pays du monde, la révolution numérique s’exprime de plus en plus au Burkina Faso à travers la digitalisation des différents secteurs politiques, économiques, sociaux et environnementaux. On observe de plus en plus la création de groupes sociaux virtuels (WhatsApp, Facebook) particulièrement pour la promotion des activités commerciales et sociales. Il est a noté aussi que les autres acteurs sont aussi en ébullition digitale. En effet, lors des dernières élections couplées, les partis politiques ont fait usage des outils digitaux tels les réseaux sociaux pour mobiliser leurs électeurs (Au cours de cette période, ce sont « 787 publications » qui ont été répertoriées. Avec 97,34% sur le seul réseau Facebook). Les secteurs clés de l’économie ne sont pas non plus en reste. Dans le domaine de l’agriculture par exemple, on assiste à l’utilisation progressive des drones et des logiciels de programmation automatique d’arrosage afin d’améliorer la productivité agricole. Ce phénomène a été le sujet d’un de nos blogs.  Toutefois, le changement le plus remarquable est l’utilisation des réseaux par le secteur informel spécialement par les jeunes et les femmes qui en font large usage pour s’ouvrir à d’autres marchés par des publicités sur leurs articles en ligne. Avec l’avènement de la digitalisation, on observe un engouement des femmes à s’organiser en des groupes virtuels non seulement pour partager leur expérience de vies de femmes mais surtout pour les tontines afin de contourner les difficultés d’obtention de crédit. On assiste à la naissance de plusieurs types de tontines : argent, motos, voitures, parcelles, ustensiles de cuisines, scolarité, habits, mèches… Elles s’organisent à un nombre limité au tour de la « Maman Tontine » à travers des groupes sociaux fermés et créés temporairement pour la durée de ladite tontine. Mais cela suffit-il pour dire que le Burkina est résolument tourné vers la transformation digitale ? l’internet est-il facile d’accès ?

De l’accès à internet des burkinabè ou le développement du marketing digital

Le nombre de burkinabè qui se connectent à l’internet augmente d’année en année. Le rapport 2021 de « lekiosquedigitalduburkina » montre qu’en 2020, le Burkina Faso a connu 21,52 millions de connexions mobiles soit 101,5% de taux de pénétration mobile, ce qui laisse voir qu’il y a plus de connexions mobiles que d’habitants. Vu les difficultés de connectivité, un utilisateur peut avoir plusieurs cartes SIM du même réseau et une carte SIM de chacun des trois opérateurs de téléphonie mobile présent au Burkina Faso. Sur les utilisateurs actifs mensuels sur internet, notre pays compte 5,46 millions, portant le taux de pénétration d’internet à 25,7%.

Il est à noter que la connexion via les smartphones est plus privilégiée avec 98,9% d’utilisateurs ce qui pourrait orienter une stratégie digitale vers plus les applications mobiles que les sites web.  Un des éléments non moins importants pour une digitalisation certaine est la croissance de la vitesse de connexion de l’internet fixe qui est de 11,8Mbps, soit une croissance de 32,8% par rapport à l’année dernière. Ce sont sans doute ces conditions favorables de connectivité élevée et l’amorce de changement culturel c’est-à-dire l’intégration de l’internet dans les habitudes des populations qui ont amené le pouvoir public à développer des stratégies de mobilisation de recettes via des solutions numérisées à l’image du « SYCOTAX ».

Et le SYCOTAX naquis pour la collecte des taxes de l’économie informelle

S’il y a bien une politique publique aboutie en matière digitalisation au Burkina Faso, c’est dans le domaine financier pour la mobilisation des taxes et des impôts. On note en effet le développement de plusieurs plateformes digitales majeures telles le eSyntaxe pour la collecte des taxes et impôts des grandes et moyennes entreprises ; et le dernier né, la plateforme Système de Collecte des Impôts et Taxes (SYCOTAX) pour la collecte des taxes et impôts des acteurs de l’économie informelle. Cette dernière plateforme est une opportunité pertinente pour la mobilisation des recettes des collectivités territoriales. Elle n’est fonctionnelle actuellement que pour la commune de Ouagadougou. SYCOTAX a été lancée en octobre 2020 et vise à combler le déficit fiscal et à faciliter le recouvrement des impôts et taxes au profit du budget communal. SYCOTAX favorisera également le recensement, la localisation de tous les contribuables et simplifiera le paiement des taxes et impôts par les contribuables en dématérialisant la monnaie par l'utilisation des Terminaux de Paiement Electronique (TPE). Cette modernité introduite au niveau des collectivités est aussi une contribution à la mise en œuvre de l’axe 3 du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) qui porte sur la « Dynamisation des secteurs porteurs d’économie et d’emplois ». L’accueil de ce nouvel outil de collecte est mitigé. En effet, certains acteurs ont accueilli le SYCOTAX avec joie en faisant ressortir la facilité de paiement en toute discrétion, d’autres expriment leurs inquiétudes de se faire recenser et de voir une augmentation des taxes.

Si à nos jours, seul le domaine financier semble avoir des avancées significatives en digitalisation, il est à noter qu’avec l’avènement de la Covid19 et de l’insécurité, beaucoup d’autres services publics se dématérialiseront avec les différents projets développés comme l’Offre 2.0 du PNUD qui vise à aider les décideurs à voir au-delà du relèvement post Covid et faire des choix pour une gestion efficace de la complexité et de l’incertitude dans quatre domaines principaux à savoir : la gouvernance, la protection sociale, l’économie verte et la transformation digitale. Le bureau pays a ainsi choisi dans ce cadre, de mettre l’accent sur la transformation digitale, comme moyen d’accélération des trois autres priorités d’ici l’horizon 2030.

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