Le dispositif complet. Crédit Photo Arsène Gambo / Acclab Burkina Faso

Au Burkina Faso, la culture maraîchère est pratiquée principalement en saison sèche et froide (octobre à avril) autour des points d’eau (fleuves, barrages, puits, etc.). Si pendant la saison sèche, les produits frais sont disponibles et moins cher, il faut noter que pendant la saison pluvieuse, ces produits frais sont rares et leurs coûts vont du simple au double. Ce qui impacte sur le coût de l’alimentation des ménages. Comment rendre les produits frais disponibles en tout temps et en tout lieu et réduire leur inflation ?

Un jeune promoteur a eu l’ingénieuse idée de proposer le maraichage à domicile et hors-sol : c’est la solution ‘‘Family Vegetable Grower’’ dénommée FVG. Il s’agit d’un dispositif qui combine deux techniques à savoir la culture hors sol et l’irrigation goutte à goutte qui peut même être automatisée. De façon spécifique, l’on confectionne un réceptacle en planche de 2,5 m x 0,7 m qui est rempli de terre de jardin. Trois tubes munis de goutteurs intégrés appelés gaines NETAFIM sont placés le long du réceptacle et écartés selon les espacements agronomiques des plantes à y mettre. Ces gaines à leur tour sont reliées par des vannettes à un plus gros tube PVC d’un mètre de hauteur d’amenée d’eau qui est connecté à un réservoir d’eau (généralement un bidon de 30 litres). Entre le tube d’amenée et le réservoir d’eau, l’on peut connecter un programmeur pour servir l’eau aux plantes à des heures précises et pendant le temps voulu, tout étant question des besoins des plantes. Mieux, ce dispositif peut être commandé à distance via une connexion Bluetooth.

L’idée de l’invention du FVG est venue des constats suivants :

  • Les produits maraîchers ne sont pas disponibles à tout moment de l’année ;
  • Le gaspillage de l’eau en maraîcher culture ;
  • L’utilisation dangereuse des pesticides sur les produits maraîchers ;
  • La forte concentration de produits chimiques dans les cultures maraîchères ;
  • Le non-respect du temps de rémanence des produits chimiques avant récolte par certains maraîchers.

C’est ce qui a motivé le jeune innovateur GAMBO Arsène, passionné d’agriculture et d’élevage à mettre en place le FVG.  La première expérience de la FVG a été faite à partir de la culture d’oignon et de laitue.

Pour la culture d’oignons, les apports d’eau sont de 500-700 mm d’eau pour leur cycle de production, soit 2-3 bidons par semaine selon les périodes de l’année et les bulbes d’oignons produits couvre les besoins alimentaires d’un ménage de quatre personnes pendant au moins 45 jours. Cela permet de faire des gains d’économie sur les dépenses alimentaires, quand on sait qu’en période de pénurie, le prix de l’oignon va du simple ou double voir le triple du prix de référence.

Quant à la  laitue qui est bien appréciée par la population, elle requière des besoins d’eau environ 1,5 à 2,5 bidons d’eau par semaine selon les paramètres agro-pédologiques de cette culture, ainsi que selon les périodes de l’année. Le coût d’achat de l’eau pour un cycle s’élève de 200 F CFA pour en moyenne 12,04 kg de feuilles de laitue repartie en 03 récoltes. Pour celui de l’oignon, ce coût est 480 F CFA pour 78 bulbes.

D’autres cultures telle que la tomate, la carotte, les choux-feuille peuvent être produites également.

La pratique de la culture maraîchère avec le dispositif FVG revêt beaucoup d’avantage dont les principaux sont :

  • Possibilité d’avoir des légumes à proximité à tout moment de l’année ;
  • Réduction du cout de l’alimentation du ménage ;
  • Absence d’utilisation de produits chimiques (engrais et pesticides) ;
  • Consommation de produits bio frais ;
  • Amélioration de la santé des consommateurs,
  • Occupation attractive réduisant la sédentarité des personnes qui la pratiquent ;
  • Participe à la production et consommation responsable des citoyens.

Un guide de mise en place et de production des cultures maraichères par le FVG a été élaboré par M. GAMBO pour accompagner toute personne qui s’intéresserait. Aussi, une application Smartphone est en train d’être développée grâce à l’appui des partenaires pour digitaliser son utilisation.

Actuellement en test auprès de 10 ménages volontaires dans la ville de Ouagadougou, le coût de son installation standard est de moins de 100 000 F CFA avec un appui-conseil de l’innovateur d’un mois.

Le dispositif FVG est très innovant car il combine agriculture hors-sol, irrigation goutte à goutte et digitalisation d’une tâche ; il réduit la pénibilité de l’arrosage, permet de faire de l’apprentissage de l’agriculture aux enfants à la maison, de consommer des aliments sains, dépourvus de métaux lourds comme c’est le cas pour presque 11% des légumes consommés au Burkina selon une étude de la Direction de la Protection des végétaux du Burkina en 2015.

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