Dispositif TI-VOUCé installé dans un ménage. Crédit photo : PNUD/Burkina Faso

Ne l’a-t-on jamais dit assez, ‘‘l’eau c’est la vie’’. Si cette assertion est d’une vérité absolue, il faut noter qu’il existe des localités au Burkina Faso et aussi sous d’autres cieux dans le monde où les êtres humains souffrent pour exercer leur droit de disposer de l’eau en quantité et en qualité. Le manque d’eau concerne plus de 40% de la population mondiale (https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/water-and-sanitation/) et ce chiffre devrait s’augmenter. Selon une étude menée par la Banque Mondiale, l’UNICEF et l’Organisation Mondiale de la Santé, la fourniture de services d’eau et d’assainissement de base aux personnes non desservies coûterait 28,4 milliards de dollars par an entre 2015 et 2030, soit 0.10% du PIB des 140 pays inclus dans l’étude.

Au Burkina Faso, l’accès à l’eau en milieu rural comme en milieu urbain est toujours problématique ; si en ville les femmes et les enfants doivent attendre pendant des heures à la borne fontaine, en milieu rural ils sont obligés d’avaler des kilomètres et des kilomètres pour avoir un forage avant de se servir en eau. Il est évident que cette activité de recherche d’eau se fait au détriment des activités génératrices de revenus et de l’entretien des enfants en bas âge, mais aussi d’autres activités comme aller à l’école pour les plus jeunes surtout les filles.

C’est en constatant cette situation de précarité de l’eau dans la ville de Ouahigouya (Région Nord du Burkina Faso) où il exerce sa fonction d’enseignant chercheur à l’université que M. Stanislas Sanfo a eu l’idée de créer et de mettre en place un dispositif automatique de collecte d’eau à partir du réseau formel de distribution d’eau en milieu urbain. De quoi s’agit-il exactement ?

Un soir, dans la ville de Ouahigouya au Burkina, M. Stanislas Sanfo se retrouvant sans eau après une journée de travail, s'est mis à solliciter son entourage, pour avoir de quoi tenir jusqu'au retour du flux d'eau dans le réseau formel de distribution d’eau. Il faut noter que dans cette région du Burkina Faso où notre innovateur a récemment pris fonction, le flux de l’eau dans le réseau urbain de distribution est capricieux. Toutefois, dans un autre secteur de la ville, un collègue lui offrait la possibilité de venir se ravitailler.

Alors qu'il pensait abuser de la générosité du collègue en arrivant avec deux bidons de 20 litres, l'épouse de son collègue s'étonnait de ne voir que seulement ces deux contenants. Était-il sûr que cette eau couvrirait ses besoins jusqu'au retour du flux d'eau dans son secteur ? Se demandait l’épouse de son collègue. Elle-même en avait treize en file devant le robinet, en espérant tous les remplir. De retour du travail, elle avait dû abandonner ses autres travaux, dès qu'elle avait constaté qu'il y avait de l'eau, pour faire le guet devant le robinet afin de remplir les bidons et de les acheminer en lieu sûr. « Cette réserve d’eau que je constitue nous permettra de tenir tout au plus trois jours » se confit-elle à M. Sanfo. Elle lui conte alors la crise de l’eau vécue dans la localité : « l’eau se coupe par quartier, revient à l’improviste à n’importe quelle heure du jour, après avoir observé entre un à sept jours de rupture et souvent plus ».

M. Sanfo réalise alors qu’au vue de la faible pression de l’eau au robinet, elle en avait pour de longues heures d'attente, pas moins de 15 mn d’attente par contenant, soit trois heures trente minutes à passer et plus de 260 kg d'eau à déplacer. Et cette corvée pouvait intervenir à n'importe quelle heure aussi bien de jour que de nuit, dès lors que "l'eau est là". Les cernes sur son visage laissaient entrevoir qu’elle manquait de repos. Avec cette corvée perpétuelle, de quel temps pouvait-elle bien disposer pour le consacrer à sa carrière, à l’éducation de ses enfants, ou à reprendre des forces ?

En repartant chez lui, notre professeur réfléchissait déjà sur comment mettre en place un système qui recueillirait automatiquement l'eau quand le flux serait rétabli et qui s'arrêterait lorsque la réserve placée serait pleine. Bien plus qu'une solution à son besoin personnel, il cherchait le moyen de soulager ces milliers de femmes à travers le Burkina Faso qui mettent en second plan de nombreuses tâches importantes et leurs sources de revenus pour faire une réserve d'eau suffisante au besoin de leurs foyers.

Lorsqu'il eut trouvé le mécanisme adapté, il le nomma "Ti voussé" qui signifie en langue nationale Mooré "Va te reposer", en hommage à toutes ces femmes qui subissent cette corvée au Burkina et dans le monde entier.

Représentation d'une femme veillant pour avoir l’eau au robinet. Crédit image : PNUD/Burkina Faso
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