Vue détaillée

Séance de dépistageConnaître son statut pour se protéger et protéger les autres. Crédit Giacomo/PNUD.

Le Gouvernement du Burkina Faso a pris en compte au niveau du deuxième axe stratégique du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016 – 2020 la nécessité de développer des actions allant dans le sens de la mitigation de l’impact du VIH sur les populations. Deux CSLS successifs couvrant les périodes 2001-2005 et 2006 – 2010 ont été mis en œuvre contribuant de manière significative à baisser et à stabiliser la progression de la pandémie, en ramenant le taux de séroprévalence de 7,17% en 1997 à 0.90% en fin 2014 selon les estimations de l’ONUSIDA. Malgré cette évolution positive, le Burkina Faso demeure en situation d’épidémie généralisée. Ce même rapport mentionne que le nombre de PVVIH est estimé à 110.000, dont 57.000 femmes. 75.000 enfants sont estimés orphelins du fait du Sida. L’EDS IV réalisée en 2010 note que la prévalence en population générale présente des disparités selon le sexe. En effet, les femmes ont une prévalence de 1.2% contre 0.8% chez les hommes d’où un ratio H/F de 1.5 confirmant ainsi la théorie de la féminisation de l’infection pour des raisons à la fois socio-économiques et biologiques. Une étude récente conduite par le SP/CNLS ciblant les travailleuses du sexe (TS) a montré une prévalence au VIH de 16,19%, c’est à dire plus de 16 fois celle en population générale.

Néanmoins certains facteurs tels que, la pauvreté, les pesanteurs socioculturelles, ainsi que la faible prise en compte des questions de genre et de droits humains dans la mise en œuvre des programmes, contribuent à aggraver cette situation épidémiologique dans le contexte de notre pays. La problématique de la prise en compte des populations clés dans les programmes de prévention (TS, HSH, prisonniers, …), reste toujours une préoccupation. Cela est accentué par le fait qu’il y a encore une faiblesse de la connaissance de la situation épidémiologique précise chez ces groupes particulièrement exposés... Sur le plan de la prise en charge il y a encore de nombreux défis en terme d’accès au dépistage, ce qui constitue une contrainte importante pour les efforts fournis en vue de contribuer à améliorer l’accès et la mise sous traitement des PVVIH

Investir dans la réponse au Sida contribue au renforcement du capital humain. Les interventions nécessaires à cela devraient prendre en compte la lutte contre la pauvreté, les questions d’inégalité sociales basées sur le sexe et de droits humains, le renforcement des services de santé, le renforcement socioéconomique des personnes vulnérables et particulièrement des PVVIH. En agissant sur ces facteurs, ces actions prennent en compte de manière globale des aspects qui ont été considérés comme des freins au développement durable dans notre pays tels que stipulé dans le rapport national qui a été produit.

La vision stratégique du Burkina Faso à l’horizon 2020 est de «créer  un environnement où les populations participent au développement social et économique sans nouvelles infections, sans décès liés au Sida, sans stigmatisation ni discrimination associées au VIH ». Cette vision de la réponse au VIH pour la période 2016 - 2020 s’insère dans celle de l’analyse prospective à l’horizon 2025 du Burkina Faso, en matière de riposte au VIH qui est de : poursuivre l’inversion de la tendance de l’épidémie et « faire du VIH/Sida une maladie comme les autres grâce à une stratégie nationale conséquente et un appui international consolidé». Elle s’inscrit également dans l’engagement pris par les chefs d’Etats de l’Union Africaine à Abuja en (2001), les objectifs de la déclaration politique sur le VIH et le Sida (2011) et ceux récemment définis par l’ONUSIDA, relatifs à l’accélération de la prévention et du traitement du VIH (2013-2014) que sont : i) « Zéro nouvelle infection par le VIH - Zéro décès lié au Sida - Zéro discrimination » ; ii) objectif « 90 90 90 » permettant à 90 % des personnes vivant avec le VIH de connaître leur statut sérologique, à 90 % des personnes connaissant leur statut sérologique d’avoir accès au traitement contre le virus et à 90% des personnes sous traitement d’atteindre des niveaux indétectables de VIH dans leur organisme ; iii) « mettre fin au Sida à l’horizon 2030 ».

Les interventions VIH du PNUD Burkina s’inscrivent dans l’effet 2 de l’UNDAF, « La qualité du capital humain est améliorée » et dans l’Outcome 6A de son Document de Programme Pays « Les acteurs publics privés et communautaires délivrent davantage des services de qualité pour l'accès universel des populations à la prévention au traitement et à la prise en charge en matière de VIH ». Le PNUD travaille en collaboration avec les autres agences du SNU en matière de lutte contre le VIH et le Sida (ONUSIDA, OMS, UNICEF, UNFPA, PAM, FAO, Banque Mondiale…) dans le cadre de la division du travail aux activités de l’équipe conjointe VIH coordonnée par l’ONUSIDA.

Pour soutenir les efforts de la réponse nationale au Burkina, le PNUD accompagne le pays à travers deux (02) programmes en cours : le Projet  d’Appui au Monde Associatif et Communautaire (PAMAC) phase 3 et le Programme d’Appui Institutionnel au Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le SIDA.

Nos résultats en 2015

Le PNUD a apporté un appui technique et financier pour l’élaboration du futur Cadre Stratégique de Lutte contre le Sida pour la période 2016 – 2020. Le CSN 2016 - 2020  a été validé lors de la session annuelle du CNLS tenue en mai 2016. L’appui du PNUD à l’élaboration de ce référentiel a permis en concertation avec les autres agences du SNU membres de l’équipe conjointe VIH d’assurer une meilleure prise en compte des principaux enjeux actuels de la lutte contre le VIH, notamment le genre et les Droits Humains. L’appui du PNUD à travers le projet « Appui Institutionnel au Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida » a permis le suivi de la mise en œuvre du plan national multisectoriel de lutte contre le sida (PNM) 2016 : renforcement du mécanisme de suivi/évaluation, fonctionnement des antennes régionales dans le cadre de la décentralisation de la réponse au VIH, production des rapports bilan et des plans nationaux multisectoriels de lutte contre le Sida qui sont examinés lors des sessions annuelles du Conseil National de Lutte contre le Sida (CNLS). Malheureusement les contraintes de financement n’ont pas permis d’accompagner la mise en œuvre du panier commun sida. Le rapport de  « l’évaluation du cadre juridique de la réponse nationale au VIH » commandité par le PNUD avec l’appui de l’équipe « VIH, Santé et Développement » du Centre Régional à Addis a été validé. Le processus de l’élaboration du plan d’action issu des recommandations de ce rapport est actuellement en cours.  Sa mise en œuvre devrait renforcer l’opérationnalisation du Cadre Stratégique National de Lutte contre le Sida 2016 – 2020 au niveau duquel « la prise en compte du genre, de la santé sexuelle et reproductive et des droits humains y compris la protection sociale et la lutte contre la stigmatisation et la discrimination » constitue l’un des principes directeurs.

Le PNUD a apporté un appui au SP/CNLS pour l’organisation d’un atelier pour l’examen des recommandations d’une étude sur « l’évaluation de la prise en compte du VIH dans les instruments de protection sociale » au niveau de 04 pays dont le Burkina Faso. Cet atelier a permis de produire un plan d’action pour une meilleure couverture de populations les plus vulnérables au niveau des stratégies d’intervention au plan national.

 Un Groupe de Travail multisectoriel mis en place courant 2015 par le Secrétariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida (SP/CNLS) dans le cadre de la « prise en compte du VIH, Santé et Genre dans les évaluations d’impact environnementales » en concertation avec le point focal du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable a bénéficié d’un renforcement de ses capacités.

Le PNUD a appuyé la production du rapport de l’analyse situationnelle et l’élaboration du projet de plan d’action 2016 – 2020 de « l’initiative ALL-IN : mettre fin à l’épidémie du VIH chez les adolescents »

Le PNUD à travers le Programme d’Appui au Monde Associatif et Communautaire (PAMAC) a contribué au renforcement des capacités techniques et organisationnelles de 133 structures associatives, organisations à base communautaire et des ONG intervenant dans la réponse au VIH en matière de prise en charge communautaire des PVVIH, dépistage, prévention, sensibilisation à l’intention des populations clés et des jeunes sur les questions de VIH, IST Santé de la reproduction. 176 563 personnes ont bénéficié de services de conseil et test de dépistage VIH en milieu communautaire ;  6339 PVVIH ont été touchés par les activités de prise en charge communautaire avec  240 perdus de vus retrouvés sur un total de 392. En outre, 228 268 condoms dont 13 594 féminins et 22 858 gels lubrifiants distribués. La réduction notable des financements mobilisés au bénéfice de ce programme cette année ont eu un impact très important sur la réalisation des cibles.    

La tenue des élections municipales cette année ont conduit à la mise en place des conseils municipaux permettant ainsi de relancer de l’initiative « Ville et VIH » en concertation avec l’ONUSIDA. Une rencontre a été organisée avec le nouveau point focal de cette initiative au niveau de la Municipalité de la ville de Ouagadougou. La rencontre prochaine avec le nouveau Maire de la Ville permettra de redynamiser cette initiative.