Vue détaillée

Séance de dépistage
Connaître son statut pour se protéger et protéger les autres. Crédit Giacomo/PNUD.

Le Gouvernement du Burkina Faso a fait de la lutte contre le VIH, un des domaines prioritaires de la Stratégie de Croissance Accélérée pour le Développement Durable (SCADD). A cet effet, deux Cadre Stratégiques de Lutte contre le Sida (CSLS) successifs couvrant les périodes 2001- 2005  et 2006 – 2010 ont été mis en œuvre contribuant de manière significative à baisser et à stabiliser la progression de la pandémie, en ramenant le taux de séroprévalence de 7,17% en 1997 à 1,1% en 2012 selon les estimations de l’ONUSIDA. Malgré cette évolution positive, le Burkina Faso demeure en situation d’épidémie généralisée avec des zones de concentration. Ce même rapport mentionne que le nombre de personnes vivant avec le VIH est estimé à 120.000 [100.000 – 150.000], dont 55.000 femmes. L’Enquête Démographique et de Santé (EDS) IV réalisée en 2010 note que la prévalence en population générale présente des disparités selon le sexe. En effet, les femmes ont une prévalence de 1.2% contre 0.8% chez les hommes d’où un ratio H/F de 1.5 confirmant ainsi la théorie de la féminisation de l’infection pour des raisons à la fois socio-économiques et biologiques. Une étude récente conduite par le SP/CNLS ciblant les travailleuses du sexe (TS) a montré une prévalence au VIH de 16,5%, c’est à dire plus de 16 fois celle en population générale.

Certains facteurs tels que, la pauvreté, les pesanteurs socioculturelles, les inégalités sociales basées sur le sexe, ainsi que la faible prise en compte des questions de droits humains dans la mise en œuvre des programmes, contribuent à aggraver cette situation épidémiologique dans le contexte du Burkina. Il est important de réexaminer les stratégies d’intervention en cours en vue d’une meilleure prise en compte de ces différentes dimensions dans l’organisation de la réponse. Dans ce sens il sera nécessaire de veiller à un meilleur ciblage des interventions et au renforcement de la prise en compte du genre et des droits humains dans les actions de prévention, de prise en charge, de coordination et d’appui.

Le Plan stratégique du PNUD (2008-2013) appelle à « l’atténuation de l’impact du VIH/sida, de la tuberculose et du paludisme sur le développement humain». Il intègre la riposte aux maladies pandémiques dans le domaine d’intervention élargi de la « Réduction de la pauvreté et réalisation des OMD », et appelle à l’action dans trois domaines pour : i) Mettre en place des synergies entre l’action en matière de VIH et de santé, et des plans et processus élargis de développement, notamment la prise en compte de l’inégalité des sexes ; ii) Renforcer la gouvernance de l’action en matière de VIH et de santé, avec une prise en compte particulière des droits de l’homme et des groupes vulnérables ; iii) Fournir un appui à la mise en œuvre et au renforcement des capacités pour les principales initiatives en matière de VIH et de santé.

Les interventions VIH du PNUD Burkina s’inscrivent au niveau de l’effet 2 de l’UNDAF, « La qualité du capital humain est améliorée ». Le PNUD travaille en collaboration avec les autres agences du SNU en matière de lutte contre le VIH et le Sida (ONUSIDA, OMS, UNICEF, UNFPA, PAM, FAO, Banque Mondiale…) dans le cadre de la division du travail aux activités de l’équipe conjointe VIH coordonnée par l’ONUSIDA. Les interventions du PNUD dans le domaine du VIH et du Sida bénéficient également de la contribution de partenaires de la coopération bilatérale et multilatérale telles que l’Ambassade du Danemark, la Banque Mondiale, le Fonds Mondial,…

Actuellement les interventions du PNUD s’organisent principalement à travers deux programmes qui sont le « projet Appui Institutionnel au Secretariat Permanent du Conseil National de Lutte contre le Sida » et le  « Programme d’Appui au Monde Associatif et Communautaire » (PAMAC).

Nos résultats en 2012

55 203 personnes des groupes spécifiques et vulnérables (travailleuses du sexe, personnes handicapées, PVVIH, orpailleurs, routiers, prisonniers ou pensionnaires, jeunes, femmes en milieu rural et autres) sont sensibilisées en matière de prévention à travers 25 Associations.

29 992 personnes sont dépistées dans 35 Centre de Dépistage Volontaires (CDV) qui bénéficient d’un appui. Suite à la rupture d’intrants survenue au plan national depuis le début de l’année, des réactifs (47 000) ont été reçus par le PAMAC au cours du mois du mois de juillet 2012 de la part du SP/CNLS-IST pour soutenir les associations. Cela permet le fonctionnement du troisième trimestre dont les données ne sont pas encore compilées et capitalisées au niveau du PAMAC.

38095 PVVIH sont touchées par la prise en charge communautaire avec l'appui apporté à 122 structures associatives.

12 structures relais bénéficient de l’appui du PAMAC pour leur fonctionnement.

200 structures associatives et organisations religieuses et traditionnelles à travers 3 bénéficiaires secondaires et 13 structures de coordination régionales ont des capacités  renforcées  pour mieux lutter contre la Tuberculose.