Jatropha Curcas : un biocarburant comme alternative au problème énergétique

Graines de Jatropha

Après 6 ans de gestation, le projet Jatropha a enfin vu le jour au grand soulagement de tous le 12 août 2015 avec la tenue de l’Atelier de Lancement.

De son vrai nom « Promotion du Jatropha Curcas comme biocarburant durable au Burkina Faso », le projet de promotion du Jatropha Curcas est un projet du PNUD/FEM. Formulé depuis 2009, le projet a connu des retards dans son démarrage prévu pour 2011. En effet le document de base a été plusieurs fois remanié pour prendre en compte l’évolution de la situation du Jatropha Curcas au plan national et au plan international.

Le Jatropha Curcas (ou pourghère) a été pendant de nombreuses années l’objet d’une controverse liée à l’utilisation des terres cultivables qui lui seraient dédiées. Donc son développement touche des aspects délicats comme le foncier et la sécurité alimentaire. Dans un pays comme le Burkina Faso, ces éléments prennent une connotation particulière tant ils sont importants pour un Ministère comme celui en charge de l’Agriculture et de la Sécurité Alimentaire.

A retenir

  • Très connue en Afrique de l’Ouest comme haies vives dans les champs
  • En 2009, le Burkina Faso a récolté 450 000 tonnes de graines de Jatropha contre 800 000 tonnes au Mali
  • Un projet similaire existe au Mali
  • Les superficies plantées varient entre 70 000 et 150 000 hectares

Pendant longtemps donc, il y a eu les « pour » et les « contre » Jatropha Curcas mais depuis 2013, le climat de la controverse s’est apaisé avec notamment les résultats de travaux de recherche menés par les instituts de recherche comme l’INERA, l’IRSAT, les 2ie au Burkina Faso, ADECIA et le réseau JatroREF institutions françaises, de même que le partage des expériences acquises dans les différents pays. Il ressort que même si l’huile de Jatropha Curcas ne peut pas remplacer le diésel comme on l’avait imaginé au cours des années 2000 dans l’euphorie générale qui a accompagné la promotion de cette huile végétale, il est important de comprendre que ce carburant peut jouer un rôle efficace dans les domaines suivants :

·      Alimentation de petits moteurs rustiques comme ceux des plates formes multifonctionnelles, ceux utilisés dans l’irrigation et dans l’exploitation minière;

·      Alimentation de certains moteurs utilisés dans l’électrification rurale ;

·      Fertilisation des sols avec les tourteaux ;

·      Fabrication du savon avec l’huile, etc.

Les recherches se poursuivent dans la sous région dans les domaines de  l’amélioration des semences, la lutte contre les ravageurs de la plante, l’utilisation de la plante et ses résidus comme aliment de bétail, briquettes pour combustibles, matières premières pour la fabrication du biogaz, etc.

Le PNUD/FEM se sont investis dans la discussion pour un certain nombre de raisons dont les principales sont les suivantes : l’utilisation de l’huile de Jatropha Curcas contribue à la promotion des énergies renouvelables dans l’actuelle crise énergétique mondiale. Son utilisation massive dans les petits moteurs des plates formes multifonctionnelles va contribuer à la fourniture de services énergétiques modernes en milieu rural et enfin à la lutte contre la pauvreté (vente des graines et de l’huile par les producteurs). Pour le PNUD, ce projet est surtout un projet expérimental dont les résultats sur le terrain permettront au Gouvernement de préciser son choix : poursuivre l’exploitation et la promotion du Jatropha Curcas , l’arrêter ou l’ajuster et de quelle manière.  

L’atelier de lancement du 12 août 2015 a été un véritable défi qui a été relevé principalement par le PNUD/FEM qui a lutté pour éviter l’annulation du projet. Le Ministère des Mines et de l’Energie va mettre le projet en œuvre avec l’appui du Ministère de l’Environnement et des Ressources Halieutiques. De nombreux partenaires vont constituer un cadre de concertation pour faciliter l’avancement du projet.

Certes le Document de projet est quelque peu dépassé et devra être actualisé pour faire un diagnostic précis de la situation actuelle du Jatropha Curcas au Burkina Faso (surfaces emblavées, nombre de producteurs et d’associations y travaillant, contraintes et défis divers, pistes de solutions) et prendre en compte des aspects importants comme le Genre mais l’essentiel est fait. Rendez vous est pris en fin 2019 pour tirer les leçons et voir comment poursuivre notre bonhomme de chemin.