Vue détaillée

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Un site d'orpaillage : véritable danger pour la nature. Crédit PNUD

Le Burkina Faso est un pays sahélien avec 76 % de sa population  résidant en milieu rural.  Le secteur primaire absorbe l’essentiel des actifs occupés (80,4 %) contre 16 % pour le secteur tertiaire et seulement 3,6 % pour le secteur secondaire. Le pays est caractérisé par un processus de dégradation accélérée des terres avec une saturation prévisible de l'espace agricole à l'horizon d'une génération. En effet 34 % du territoire, soit 9 234 500 ha des terres de production sont dégradées pour causes anthropiques (agriculture, élevage, tenures, bois-énergie, etc.) et climatiques, avec une progression de la dégradation des terres par an estimée de 105 000 à 250 000 ha. Cette évolution négative affecte plus sévèrement les femmes en raison de la faiblesse de leurs droits dans le système traditionnel de gestion de la terre.

La biodiversité accuse une érosion due aux fortes pressions exercées avec le taux de croissance de population 3,073% (2011) par les activités humaines (agriculture, élevage, bois de chauffe, urbanisation, chasse, etc.) qui sont à l'origine d'une fragilisation des habitats naturels (dégradation du couvert végétal, déforestation, assèchement des zones humides, etc.), d'une vulnérabilité croissante des espèces végétales et animales et de la disparition de certaines d'entre elles. La déforestation se poursuit au rythme de 4% par an et les  rendements des écosystèmes agricoles baissent alors que le pays abrite  un réseau d’aires protégées qui jouent un rôle important dans l’équilibre écologique transfrontalier avec le Niger et le Bénin.

Les changements climatiques se manifestent par l’accroissement de la fréquence et de l’amplitude des phénomènes météorologiques extrêmes (pluies, poussières, températures, etc), l’augmentation de la température et de l’évapotranspiration avec pour conséquences des catastrophes multidimensionnelles qui touchent plusieurs secteurs de production surtout les femmes et les enfants. Par rapport à 2007 la population urbaine connaîtra une augmentation relative de près de 10% en 2020 avec près d’un tiers de Burkinabé (31,3%) en ville. Cette expansion urbaine risque d’entraîner une augmentation de la demande de bois-énergie qui est à l'origine : (i) d'une surexploitation des ressources ligneuses; (ii) de la destruction des puits primaires de séquestration de carbone; (iii) d'une pollution croissante de l'air en milieu urbain et de l'émission de gaz à effet de serre. La promotion d’énergies alternatives s’avère être ainsi un défi pour faire face aux changements climatiques.

L’engagement du GoBF à gérer plus efficacement l’environnement a permis de mettre en place un cadre institutionnel et politique favorable, qui se traduit notamment par l’élaboration d’une politique nationale de développement durable et la conversion du MECV en MEDD. Au plan institutionnel, la création du Conseil National pour l’Environnement et le Développement Durable (CONEDD), de l'Agence de Promotion des Produits Forestiers Non Ligneux, de l’Office National des aires protégées et du Bureau National des évaluations environnementales (BUNED) marquent le souci d’articuler les missions verticales et horizontales du ministère chargé de l’environnement.

Pour accompagner les efforts nationaux dans la prise en charge des défis environnementaux, les interventions du PNUD visent l’intégration des défis de l’environnement et des changements climatiques dans les politiques et stratégies de développement, le renforcement des institutions nationales et locales pour la gestion durable des ressources naturelles et la diffusion des meilleures pratiques et des technologies appropriées,  l’établissement de mécanismes de mobilisation et de gestion du financement climatique.

Situation actuelle par rapport à l’accès aux services énergétiques

Le bilan énergétique du Burkina Faso fait ressortir la forte dépendance du pays par rapport à la biomasse et à l’électricité d’origine thermique (88%), une dépendance totale aux hydrocarbures et une très faible valorisation des potentialités nationales en énergies renouvelables. L’accès aux services énergétiques repose sur trois piliers interdépendants que sont l’accès aux combustibles modernes pour la cuisson et le chauffage, l’accès à l’électricité et l’utilisation de l’énergie pour les usages productifs.

Plus de 90% de la population burkinabè, n’a pas accès aux combustibles modernes de cuisson. Elle utilise essentiellement la biomasse traditionnelle pour les besoins de cuisson et de chauffage. Le taux d’accès des ménages au gaz butane est de 4,8% au plan national et environ 12,2% des ménages utilisant les foyers améliorés de cuisson. Le taux de couverture en matière d’électrification est de 28,6% et présente des fortes disparités entre les milieux urbain et rural.

Les énergies renouvelables représentent en 2012, moins de 1% du bilan énergétique du Burkina Faso bien que le potentiel existant soit énorme, notamment en ce qui concerne la biomasse. Ce potentiel est estimé à 60% de biomasse, 30 % d’hydroélectricité et 10 % de solaire. Avec les efforts d’information et de sensibilisation menés ces cinq dernières années par le gouvernement avec l’appui des partenaires techniques et financiers, une politique nationale de développement des biocarburants et un programme national de valorisation du biogaz ont vu le jour.

Nos résultats en 2012

Changement climatique : Dans les interventions pour le renforcement des capacités d’adaptation au changement climatique, le PNUD a privilégié le renforcement de l’expertise de nationale dans la perspective de leur autonomisation pour les analyses sur le climat. A ce titre les compétences de l’Université de Ouagadaougou dans l’analyse des données climatiques (tendances, projections) et la modélisation dynamique  à l’aide de Thereshold 21 ont été renforcées. Des institutions étrangères spécialisées comme l’université de Cape Town et le Millennium Institute ont été sollicitées pour ce renforcement de capacités nationales. Cet appui a permis à l’université de Ouagadougou d’envisager l’organisation d’un programme de formation sur la modélisation à l’aide Thereshold 21. La direction nationale de la météorologie a aussi renforcé ses capacités dans la maintenance, l’administration et l’exploitation des données des stations météorologiques avec un accroissement du réseau de stations automatiques ADCOM.

Le secrétariat permanent du Conseil National de l'environnement et du développement durable ses capacités de gestion de projets en vue de son accréditation comme entité nationale de mise en œuvre du Fonds Adaptation. Le Ministère chargé du développement durable a amélioré ses capacités de collecte et de traitement des données pour renseigner les indicateurs de durabilité de la SCADD.

Mainstreaming et développement durable :
18 Ambassadeurs IPE coordonnés par le Premier Ministre ont été officiellement installés le 8 octobre 2012 pour promouvoir la prise en compte des liens entre pauvreté et environnement dans les politiques et programme de développement.

Dans le cadre de l’appui l’ancrage du développement durable, le PNUD a fourni des appuis méthodologiques et financiers pour l’élaboration du rapport national sur le développement durable et l’élaboration de la Politique Nationale de Développement Durable. Le projet de document de politique nationale de développement durable et l’avant-projet de loi sur le développement durable ont été validés en atelier national en 2012.

Gestion de la diversité biologique :
Le démarrage des 4 composantes du PAPE a été effectif en 2012. La gestion coordonnée des aires protégées du complexe WAP et de leurs ressources animales et végétales s’est améliorée au niveau des institutions nationales grâce : i) aux différentes formations et autres renforcement de capacités tant des agents que de ces institutions ; ii) aux outils de suivi écologiques et de surveillance mis à leur disposition ; iii) à la mise en place et au fonctionnement des structures de coordination mis en place au niveau régional (BCG/UEMOA et BCT/PNUD) ; iv) à l’organisation des différentes rencontres de concertations et d’harmonisation des interventions, au profit de tous les Etats concernés ; v) l’appui à l’élaboration et/ou finalisation des plans d’aménagement et de gestion des différents aires protégées.

Coopération sud-sud :
L'appui technique fourni par l'Université de Cape Town à l'Université de Ouagadougou a permis de disposer des résultats des tendances et projections climatiques à l'horizon 2050 qui serviront à l'élaboration d'un plan national d'adaptation à long terme.

Outre cet appui, les administrations nationales des aires protégées du Bénin du Burkina Faso et du Niger ont collaboré au développement d'outils communs de surveillance conjointe, de suivi écologique et de gestion participative des aires protégées grâce aux appuis fournis par le PNUD à travers le Projet d'Appui aux Parcs de l'Entente (PAPE).

Genre :
60 cadres du Secrétariat Permanent du CONAP/Genre, des cellules Genre des ministères chargés des collectivités territoriales et de l'environnement, des comités régionaux de suivi du Projet COGEL, des groupes de travail mis en place pour accompagner la revue des guides d’élaboration des plans locaux de développement ont bénéficié de formations sur le changement climatique et le genre avec l'appui de l'équipe genre du siège du PNUD et du Global Climate Change Alliance. Cette formation a permis de renforcer les capacités et la connaissance de ces personnes sur:  (i) le lien entre Genre et changement climatique ; (ii) la vulnérabilité nationale et locale en relation avec les questions de genre et les stratégies mises en place ; (iii) l’intégration des questions liées au genre (gender mainstreaming) dans les politiques nationales et locales d’adaptation au changement climatique et les programmes d’adaptation communautaires.

Le secrétariat permanent du Conseil National de la politique nationale Genre a notamment amélioré ses compétences dans l'intégration du genre dans les projets d'adaptation au changement climatique