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Des urnes transparentes ont été utilisées lors des élections couplées législatives et municipales de 2012. Crédit PNUD

La bonne gouvernance est au Burkina Faso entendue comme "l’exercice de l’autorité économique, politique et administrative en vue de gérer les affaires d’un pays à tous les niveaux, englobant les  mécanismes, les processus et les institutions par le biais desquels les citoyens expriment leurs intérêts, exercent leurs droits juridiques, assument leurs obligations et auxquels ils s’adressent en vue de régler  leurs différends."

Cette acception classique de la notion de gouvernance renvoie aux impératifs de légitimité politique et d’État de droit, d’efficience des institutions publiques centrales et locales, de bonne gestion des ressources publiques, considérés comme des pré-requis à l’amorce d’un véritable développement humain durable. La notion postule également un nouvel aménagement des rapports entre l’État, la société civile et le secteur privé en vue d’une collaboration dans la promotion du développement économique et social. Elle impose enfin le respect par tous ces acteurs de valeurs telles la recevabilité, la responsabilité, la transparence, la participation et la prévisibilité.

Le paradigme de la gouvernance constitue depuis l’adoption en octobre 1998 du premier Plan national de bonne gouvernance, un axe central des politiques de développement économique et social. La promotion de la gouvernance a ainsi représenté un axe prioritaire des CSLP de première et de seconde génération  adoptés respectivement en 2000 et 2004, ainsi que de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) 2011-2015 en vigueur. Elle a depuis lors été d’abord déclinée par un instrument programmatique général, la politique nationale de bonne gouvernance (PNBG) adoptée en août 2005 ainsi que par un plan d’actions prioritaires (PAP) ciblant notamment le renforcement des capacités du Parlement, de l’administration publique, des collectivités territoriales, des structures de gestion de l’économie et des finances publiques, ou adressant des questions transversales critiques telles les droits humains ou le genre.

Des avancées importantes sont intervenues dans ce domaine depuis le renouveau démocratique impulsé au début des années 90. Le pays est ainsi aujourd’hui considéré, comme étant sur le "sentier de la démocratie" avec la tenue depuis le début des années 90 d’une douzaine de consultations électorales nationales et locales, la mise en place d’un cadre constitutionnel, législatif et réglementaire jugé approprié à l’affermissement de l’État de droit et la protection des droits humains et libertés fondamentales incluant le genre, la réalisation d’importantes réformes institutionnelles modernisant l’appareil administratif et judiciaire, l’introduction progressive de la décentralisation, la mise en œuvre de politiques d’amélioration de l’efficacité et de la transparence de la gestion publique.

Les réformes structurelles entreprises depuis 15 ans, la mise en œuvre de politiques économiques saines, l’existence d’une conjoncture favorable, l’accroissement de l’aide extérieure via notamment l’accès à l’initiative PPTE ainsi que la stabilité politique observée durant cette période ont permis au Burkina Faso de bâtir un socle macro économique soutenant jusqu’à nos jours une croissance économique positive. Cette performance macroéconomique ne s’est cependant  pas traduite par une réduction  du niveau requis de la pauvreté et des inégalités.

Plusieurs raisons expliquent l’impact limité de la croissance économique sur la réduction de la pauvreté, dont l’insuffisante contribution des institutions ou mécanismes de gouvernance à l’établissement d’un environnement démocratique, administratif et économique stimulant pour le renforcement d’un développement humain durable.

Ces carences ont été identifiées dans le rapport du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP) adopté puis officiellement remis au Président du Faso en septembre 2009. Le rapport procède à un état de lieux exhaustif de la situation de la gouvernance au Burkina Faso, relève les avancées intervenues, notamment en matière de gouvernance économique, et identifie les progrès restant à accomplir en vue de "délivrer les dividendes du développement humain durable aux citoyens".

Les principaux défis portent sur la nécessité:

    1- d’une meilleure effectivité de l’équilibre des pouvoirs institutionnels ;

    2- d’une accélération du processus de décentralisation ;

    3- de l’amélioration du cadre juridique et institutionnel des élections ;

    4- d’une meilleure effectivité de la protection des droits humains ;

    5- d’un renforcement de l’indépendance de la justice et de l’accès des personnes vulnérables à l’institution judiciaire ;

    6- d’une amélioration de l’efficience de l’administration publique centrale et locale ;

    7- d’un fonctionnement plus efficient du dispositif national de lutte contre la corruption ;

    8- d’une meilleure prise en compte du genre dans les politiques publiques ainsi que

    9- d’une meilleure protection des groupes vulnérables.

Dans ce domaine de la Gouvernance les interventions du PNUD sont convenues avec le gouvernement dans le cadre du programme de renforcement de la gouvernance 2011-2015 et qui a pour objet de renforcer les capacités des institutions ou mécanismes concernés à mettre en œuvre les réformes institutionnelles et faire face aux défis ci-dessus évoquées et considérées comme éligibles à l’appui du PNUD. Ces interventions se déclinent en trois sous composantes couvrant les volets pertinents de la gouvernance.

En matière de gouvernance politique
, le programme renforcera les capacités et l’interaction des institutions critiques pour la promotion de l’État de droit au Burkina Faso, dont l’institution parlementaire, les organes promouvant les droits humains et l’égalité de genre, les institutions de lutte contre la corruption, les processus et mécanismes électoraux, les organisations de la société civile, les mécanismes concourant à la sécurité urbaine,

En matière de gouvernance locale et administrative
, le programme poursuivra l’accompagnement de la mise en œuvre de la politique de décentralisation ainsi que l’établissement d’une administration de développement, déconcentrée, intègre, capable de délivrer des services publics de qualité aux populations.

En matière de gouvernance économique
, le programme renforcera les capacités nationales d’anticipation, de planification et de programmation des actions de développement en assurant l’effectivité de l’opérationnalisation des résultats de l’étude nationale prospective Burkina 2025 et de la SCADD, en particulier la formulation, la mise en œuvre et le suivi des politiques sectorielles pro-pauvres prenant les défis et les besoins spécifiques des hommes et des femmes. Il aidera également  à renforcer la cohérence et l’articulation des actions et même des institutions publiques.