Notre perspective

      • Continuer la lutte contre le VIH, un devoir au lendemain d'une catastrophe naturelle

        01 avr. 2015

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        Célébrations lors de la Journée mondiale du Sida, à Pétionville en Haïti. ©PNUD Haïti

        En 2010, Haïti a été ravagé par un séisme au bilan dévastateur : 225 000 morts, 1,5 million de déplacés, 10 millions de mètres cubes de gravats, 30 des 49 hôpitaux du pays en ruine, 80 pour cent des écoles et 60 pour cent des édifices publics détruits. Il a fallu reloger les déplacés dans 1 500 camps dans les zones métropolitaines. Malgré un effort humanitaire extraordinaire, marqué par une forte mobilisation mondiale et un important appui des bailleurs, le financement et la planification de la lutte contre le VIH et la violence sexuelle et sexiste ont été insignifiants. L'action humanitaire générale n'a pas intégré ces besoins dans un pays qui a pourtant le taux de séroprévalence le plus élevé de la région. Dans les camps de déplacés, les viols étaient fréquents, les jeunes s'y adonnaient au travail du sexe pour des raisons économiques et les taux de prévalence au VIH et à la tuberculose sont montés en flèche.  Haïti bénéficie de subventions du Fonds mondial depuis 2003, mais leur mise en œuvre a été hypothéquée par le séisme qui a sapé les systèmes et les capacités du pays. Le PNUD a été convié à assurer la gestion intérimaire de ces subventions et collabore avec 40 organisations sous-bénéficiaires du gouvernement et de  Lire

      • Le retour des tigres en Inde, et pourquoi tout le monde y gagne

        25 mars 2015

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        Il existait près de 100 000 tigres en Inde, en 1900. Décimés par le braconnage, il en restait à peine plus de 3 000 en 2014. ©UN Photo

        Ma première rencontre avec un tigre sauvage fut une pure merveille.  C’était lors d’un safari dans le Parc national de Nagarhole en Inde et, au bout de quelques minutes, un feulement a secoué la forêt. Le tigre était là, glissant paresseusement à travers les sous-bois, nous forçant à retenir notre souffle.  Mais, une fois le safari terminé, j'ai eu des pincements au cœur. Combien de temps encore avant l'extinction de cette créature majestueuse ? La régression des tigres a été catastrophique.  Ils avoisinaient les 100 000 individus en 1900. Décimés par le braconnage, la chasse sportive et la destruction de leur habitat, il en restait à peine plus de 3 000 en 2014.  Mais, pour la première fois depuis des décennies, les tigres sauvages sont en recrudescence en Inde : leur nombre est passé de 1 706 en 2010 à 2 226, soit un bond de 30 pour cent.  Ces résultats spectaculaires sont loin d'être le fruit du hasard. L'Inde est le seul pays à s'être doté d'un organisme officiel, chargé de veiller à la protection de ces félins : recensements périodiques, suivi de l'habitat et de la population, mise en œuvre de la loi, etc.   L'Inde a adopté une approche écosystémique. Pour protéger un  Lire

      • Sept conseils pour une gestion efficace des ressources naturelles non renouvelables

        19 mars 2015

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        Le secteur extractif crée peu d'emplois, généralement sous-qualifiés et sous-payés. @ Benoit Alméras-Martino / PNUD en RD Congo

        Les ressources naturelles contribuent largement à réaliser les objectifs de développement des pays. Mais, mal gérée, cette richesse risque d'être dilapidée. Au PNUD, nous collaborons avec les gouvernements, le secteur privé et la société civile pour amoindrir les risques liés à la création d'une économie pétrolière, gazière et minière et en optimiser les bienfaits. Voici sept conseils pour tirer le meilleur parti de ces ressources limitées : Etre conscient de ses richesses. Les pays en développement n'ont pas encore découvert la plus grande partie de leurs ressources en pétrole, gaz et minerais. Ce sont souvent les sociétés étrangères qui accèdent à cette'information en prospectant. D'où une asymétrie lors de la négociation des contrats avec les gouvernements. Mettre en place des cadres juridiques. De nombreux contrats et codes miniers ont été révisés, notamment lorsque les pouvoirs publics se rendent compte que la fiscalité est faible, la protection de l'environnement insuffisante et les plans de réinstallation inadéquats. Une démarche consultative et participative est essentielle lors de l'élaboration d'une législation importante. Maximiser les revenus pour le développement. Le secteur privé doit être encouragé à promouvoir la transparence budgétaire et à préférer l'esprit de développement à celui de l'exploitation pure et simple, notamment en payant  Lire

      • La résilience face aux catastrophes? Il y a une application pour ça!

        18 mars 2015

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        Aux Philippines, avec l'aide du PNUD, les autorités locales renforcent leurs capacités à communiquer en cas de désastres grâce à des formations et l'utilisation de nouvelles technologies. ©Hari Krishna Nibanupudi/PNUD

        Les téléphones portables contribuent à révolutionner la façon dont nous protégeons les communautés des catastrophes, qu’il s’agisse de simples messages d’alerte rapide sous forme de SMS ou de « cartes de zones à risques » sur écrans tactiles. Ces innovations offrent de nouvelles manières de partager des informations permettant de sauver des vies, mais elles permettent également de collecter d’informations sur les catastrophes obtenues grâce au ‘crowd-sourcing’, permettant aux utilisateurs de recevoir et de mettre à jour les informations relatives aux dangers en temps réel.  Cette technologie a déjà permis d’obtenir d’impressionnants résultats. Par exemple, peu après le séisme dévastateur qui a frappé le Japon en 2011, 120 000 habitants des côtes philippines ont été avertis sur leurs téléphones portables qu’un tsunami les menaçait. Le tsunami n’a heureusement pas frappé les Philippines, mais 150 districts côtiers ont ainsi pu être évacués avec succès.  En Ouzbékistan, nous avons contribué à la création d’une application mobile qui transmet les messages du Ministère des situations d’urgence aux communautés en danger. « C’est vraiment facile à utiliser », explique le concepteur de l’application, Vasko Popovski, qui est également le Directeur de projets du PNUD chargé de la gestion des catastrophes et des risques climatiques. « Vous trouverez des informations sur  Lire

      • Portraits de fonctionnaires : Fides Borja

        16 mars 2015

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        Fides Borja Fides et ses collègues au Centre d'Opérations de la défense civile aux Philippines.

        Qui êtes-vous ? Je m’appelle Fides Barbara B. Borja, du PNUD aux Philippines. Quand j’étais petite, mes parents m’ont appris la valeur du travail bien fait. J’ai toujours rêvé de travailler pour une organisation internationale comme le PNUD, d’apporter ma contribution et de faire une différence. En quoi consiste votre travail ? J’aide le gouvernement philippin à préparer les conférences de haut niveau régionales ou internationales, notamment la 3e Conférence sur la réduction des risques de catastrophe et la Coopération économique Asie-Pacifique 2015. Je fournis également une assistance technique pour la révision de la loi, du cadre et du plan 2010 sur la gestion et la réduction des risques de catastrophe aux Philippines. C’est une tâche passionnante, car elle inclut la coordination inter-agences ainsi qu’un examen des règlements et publications existants. J’apprends comment les théories et principes concernant la réduction des risques de catastrophe s’appliquent sur le terrain. Depuis combien de temps travaillez-vous pour le PNUD ?  Que faisiez-vous avant ? Je travaille pour le PNUD depuis mai 2014. J’ai été fonctionnaire pendant sept ans, tant dans les branches législative qu’exécutive de l’administration. J’ai été impliquée dans la rédaction du plan de relèvement et de réhabilitation du typhon Pablo. Quel type de tâche vous  Lire

      • Le paiement des travailleurs d’Ebola : une responsabilité morale et pratique

        13 mars 2015

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        Une travailleuse Ebola au Libéria.

        Désignés « Personnalité de l’année 2014 » par le magazine Time, les travailleurs d’Ebola sont aux premières lignes de la réponse : ce sont eux qui transportent les malades, fournissent des soins aux patients, recherchent et suivent les personnes exposées à la maladie, s’occupent des enterrements, et assurent la sécurité et la coordination à tous les niveaux. En octobre 2014, alors que les données médicales faisaient état d’un risque de croissance exponentielle du nombre d’infections, la plupart de ces travailleurs n’avaient pas été payés depuis des mois, les gouvernements étant trop occupés à faire face à l’épidémie. Parallèlement, des différences de rémunération et une mauvaise communication menaçaient de faire éclater des grèves et des conflits de travail dans les trois pays de l’épicentre d’Ebola. A l’évidence, sans ces travailleurs, la réponse à l’épidémie d’Ebola ne pouvait se poursuivre. Au PNUD, nous nous sommes alors engagés vis-à-vis de tous nos partenaires à faire en sorte que tous les travailleurs d’Ebola soient intégralement payés au 1er décembre. Fort de notre expérience en relèvement de crise, nous nous sommes aperçus que le blocage résidait principalement dans le paiement du ‘dernier maillon’ de la chaîne. Dans les trois semaines suivant notre engagement, nous avons mis en place des  Lire

      • Haïti : comment passer de la réponse humanitaire au développement durable ?

        13 mars 2015

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        Les Haïtiens ont recours à des campements improvisés après qu'un séisme d'une magnitude supérieure à 7 sur l'échelle de Richter ait ébranlé la capitale, Port-au-Prince, en 2010. ©LOGAN ABASSI/UN

        Cinq ans après le séisme qui a ébranlé Haïti, le pays enregistre des progrès notables dans les domaines sanitaire et éducatif en dépit de défis immenses, indique le rapport conjoint Gouvernement de Haïti-PNUD sur les Objectifs du Millennaire pour le développement. L’approche du développement adoptée par Haïti intègre actuellement la préparation aux risques, et intègre des exercices de simulation et la multiplication des murs de soutènement pour un habitat plus sûr.  L'impact des efforts nationaux, renforcés par l'assistance humanitaire et l'aide au développement, est manifeste. Il faut toutefois en faire davantage.  Avant le séisme, de sérieux défis s'opposaient déjà au développement, à l'image de la pauvreté qui touche actuellement 60 pour cent de la population. Aux normes de construction défaillantes, s'ajoutait l'édification de maisons dans des zones à risque.  Avec une telle fragilité, même un séisme de petite magnitude aurait eu des effets désastreux. Malheureusement, c'est un énorme séisme qui a frappé l'une des zones les plus vulnérables, et habitée par les plus démunis.  De telles tragédies sont évitables en Haïti. Il faut pour cela s'atteler à résoudre les problèmes les plus importants : l'éducation, la santé, l'emploi, la protection sociale, l'environnement et, surtout, l'adaptation au changement climatique et la résilience  Lire

      • Il est temps d’écouter les pauvres

        12 mars 2015

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        Eradiquer la pauvreté au Salvador, c’est mettre la priorité sur l’accès à un travail décent, l’éducation, la santé, et la sécurité alimentaire et publique. Photo: PNUD au Salvador

        Être à l’écoute des pauvres est un signe de sagesse de la part des nations. « Il faut voir les choses du point de vue des intéressés », préconise Mahbub ul Haq, le créateur de l’Indice de développement humain. Cette idée est à la base d’une enquête réalisée par le PNUD au Salvador avec l’aide de l’ONG TECHO, dans 20 communautés pauvres du pays. À la question : « que signifie pour vous de vivre dans la pauvreté ? », la plupart des personnes interrogées s’accordent sur trois points :   1. « Regarde ce que nous mangeons ». Une femme fait remarquer que souvent chez elle, ils n’ont pas assez pour manger trois fois par jour et doivent sauter des repas. « Quand les choses vont mal, j’essaie toujours de faire en sorte que mes enfants au moins mangent, » dit-elle. 2. « Regarde où nous habitons ». Une autre signale les multiples défaillances du sol, de la toiture et des murs de son habitation, et déplore le manque de services de base : « Nous vivons tous les uns sur les autres, au milieu de la saleté ». 3. « Regarde ce que nous faisons ». Le manque de temps et d’espace pour les loisirs à la maison, à l’école et dans la communauté  Lire

      • Ouvrir la voie au programme de développement pour l’après 2015

        11 mars 2015

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        Photo : PNUD Pérou

        Le Sommet spécial sur le développement durable, qui se tiendra en septembre et rassemblera les dirigeants du monde, approche à grands pas. Il permettra à ces chefs d’État de débattre des 17 objectifs et des 169 cibles proposés par le Groupe de travail ouvert de l’Assemblée générale de l’ONU.  Le programme de développement pour l’après 2015 encouragera surtout le renforcement de méthodes de réduction de la pauvreté et de la marginalisation qui soient viables sur le plan économique, social et environnemental.  Le Fonds pour la réalisation des objectifs pour le développement durable, établi par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) avec l’aide d’une contribution initiale du Gouvernement espagnol, a été conçu pour faciliter la transition de la phase de réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement vers la phase de réalisation des objectifs de développement durables. Ce programme commun vise à renforcer l’impact de l’assistance technique sur le développement en regroupant les contributions des diverses agences onusiennes. Chacune d’entre elles fournit une prestation adaptée à son savoir-faire spécifique et invite ses partenaires nationaux à rejoindre cette initiative. A titre d’exemple, nous mettons actuellement en œuvre des programmes communs dans 18 pays visant à faire face aux défis  Lire

      • Les femmes et la réduction des risques de catastrophes | Rebecca Zorn

        09 mars 2015

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        Membres du Comité de gestion de risques de catastrophes de Syphom, dans la province de Xiengkhouang au nord du pays. Photo: PNUD en RDP Lao

        En tant que Spécialiste du PNUD chargée de la gestion des risques de catastrophes en République populaire démocratique lao, mon rôle est de former et de préparer les responsables, tant au niveau du gouvernement provincial que communautaire, à gérer les risques de désastres récurrents au travers de plans mis en place à l'échelle locale. Avec notre support, des comités de gestion de catastrophes ont été mis en place dans les  villages pour diffuser l’information sur la préparation aux catastrophes, créer un système d’alerte précoce performant, et planifier des activités susceptibles de réduire les risques. Les femmes jouent un rôle important dans ce processus. Nous avons constaté que nombre de femmes siégeant aux comités sont particulièrement dynamiques et veillent à ce que les besoins des femmes soient pris en compte pendant les catastrophes. Dans un pays où 80 % de la population dépend de l’agriculture pour subsister, et où les catastrophes naturelles causent régulièrement des dégâts extrêmes, les femmes adoptent une approche communautaire pour garantir la représentation des préoccupations, des perspectives et des intérêts de tous les groupes du village. « Les femmes sont plus touchées [par les catastrophes] que les hommes car elles doivent s’occuper des enfants, du jardin et de  Lire