Notre perspective

      • Il est temps de s'attaquer aux véritables causes du paludisme

        24 avr. 2015

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        Une femme et sa fille récupèrent de la malaria dans un hôpital au Burundi. Photo: Maria Cierna/PNUD

        L'éradication du paludisme paraît une équation simple. Le virus est transmis à l'homme par la piqûre d'un moustique infecté. Donc, il suffit d'empêcher la piqûre pour éliminer le virus. Mais, des décennies de lutte contre le paludisme prouvent que ce n'est pas si simple. En réalité, notre vulnérabilité à la maladie est en grande partie imputable à l'action humaine. Les conditions dans lesquelles nous naissons, grandissons, travaillons, vivons et vieillissons déterminent notre degré de vulnérabilité. Le paludisme est à la fois un résultat et une cause du sous-développement. Nous savons qu'il touche plus particulièrement les pays à faible niveau de développement humain et frappe de façon disproportionnée les populations vivant dans la précarité. Son impact sur le développement est connu depuis longtemps. Aujourd'hui, nous comprenons mieux l’impact du développement sur la maladie. Les facteurs qui déterminent le risque de paludisme sont fonction de la répartition de l'argent, du pouvoir et des ressources. Les interventions indispensables pour prévenir le paludisme (moustiquaires, pulvérisation d'insecticides et accès aux traitements) sont bien connues, mais l'éradication de la maladie passe par une action élargie. En effet, il est essentiel d'améliorer l'habitat et le développement des infrastructures, l'assainissement, les pratiques agricoles, la mobilité et la nutrition. L'année  Lire

      • Au Vanuatu, le relèvement malgré les défis | Silke Von Brockhausen

        21 avr. 2015

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        Les communautés de Vanuatu auront besoin de mois, voire des années, à récupérer des dégâts occasionés par le cyclobe Pam. Photo: PNUD au Vanuatu

        En survolant l'aéroport international de Port Vila, au Vanuatu, je constate les ravages du cyclone Pam. Le paysage autrefois verdoyant a pris la couleur de l'eau saumâtre, des arbres morts déracinés et des maisons sans toit. Le cyclone a touché plus de la moitié de la population, détruit 15 000 maisons et 96 % des cultures, un véritable désastre pour un pays dont la sécurité alimentaire et les revenus dépendent fortement de l'agriculture de subsistance. Mais, deux semaines après le début de la crise, les habitants de cette nation insulaire ont déjà  commencé à reconstruire leur cadre de vie.  Refaire les toits, déblayer les routes, couper et ramasser les arbres déracinés et restaurer les ponts détruits, tout ceux qui le pouvaient se sont mis au travail. Aujourd'hui, les communautés sont confrontées à un manque aigu d'emplois et de revenus. « À cause de la catastrophe, les marchés sont fermés et les femmes n'arrivent pas à écouler leurs produits invendus », explique Helen Mavoi, mère de quatre enfants. « Au bar, les touristes ne viennent plus et je ne travaille plus que deux jours par semaine ». Helen me confie que sa famille n'a pas les moyens de réparer correctement son toit de fortune ou de réparer sa cuisine  Lire

      • Transparence de l'aide : l'ONU doit montrer l'exemple en matière de données ouvertes

        20 avr. 2015

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        le PNUD tire parti de sa présence dans plus de 170 pays et territoires pour continuer à améliorer la transparence de la coopération internationale pour le développement.

        L'initiative internationale pour la transparence de l'aide (IITA) offre une occasion unique d'engager le mouvement vers une coopération pour le développement plus ouverte, transparente, efficace, cohérente et responsable. La norme IITA, un format commun et ouvert de publication des données, permet à quiconque le souhaite – agent public, chef de projet d'une ONG, journaliste, ou citoyen ordinaire  – de savoir précisément comment, quand et où l’aide a été déboursée. Au moment de la rédaction de cet article, 9 des 32 membres et observateurs du Groupe des Nations Unies pour le développement utilisent la norme IATI pour publier leurs données : le BCAH, ONU-Femmes, le FENU, le PNUD, le FNUAP, l'UNICEF, l'UNOPS, le PAM, et la Banque mondiale. Cet excellent départ n'est cependant pas suffisant. En cette année cruciale de transition dans le discours sur le développement mondial, les Nations Unies se doivent d’être à l’avant-garde des efforts déployés pour rendre les activités de développement aussi ouvertes, transparentes et traçables que les technologies et les ressources actuelles le permettent. Le système des Nations Unies doit intégrer l'ouverture et la transparence dans ses principes opérationnels. Les données ouvertes permettent de répondre aux questions avant même qu'elles ne soient posées. Elles améliorent la traçabilité des  Lire

      • L’économie politique des flux financiers illicites | Max Everest-Phillips

        10 avr. 2015

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        Entre 1980 et 2009, le montant total des flux financiers illicites vers l’étranger depuis l’Afrique a dépassé l’aide officielle au développement que reçoit la région. Photo: Carly Learson/PNUD au Libéria

        L’évasion fiscale a souvent été le trait distinctif des élites. Dans la Rome antique, la classe supérieure considérait l’impôt comme un signe d’un asservissement. Deux millénaires plus tard, Leona Helmsley, la femme d’un milliardaire du secteur immobilier à New York, aurait déclaré : ‘Il n’y a que les petites gens qui paient des impôts’. Mais l’Empire romain s’est effondré parce que ce sont les pauvres, et ensuite les classes moyennes, qui supportaient essentiellement l’impôt foncier, tandis que l’élite contribuait toujours moins aux finances publiques. Aujourd’hui, les pays développés comme les pays en développement font face aux mêmes problèmes. Les flux financiers illicites comme la fraude et l’évasion fiscale, le détournement de fonds publics, les fausses factures, la contrebande de marchandises et de capitaux par-delà les frontières, sont des phénomènes largement répandus qui se produisent pour différentes raisons, notamment la corruption et l’instabilité politique et économique. Si ces problèmes touchent tous les pays, ils sont particulièrement dominants (et nuisibles) dans les pays riches en ressources naturelles mais faibles en gouvernance, comme au Nigéria, au Gabon et en Guinée équatoriale. Selon une Etude de 2010 de la Banque africaine de développement (PDF), entre 1980 et 2009, le montant total des flux financiers illicites  Lire

      • Comment élargir l'accès universel à l'eau et à l'assainissement en 2030 ?

        10 avr. 2015

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        Des personnes déplacées au Pakistan ont accès à l'eau via un projet du PNUD. PHOTO: PNUD/PAKISTAN

        L'eau est indispensable au développement local, en particulier pour des secteurs comme la santé, l'agriculture, le développement économique, l'éducation et l'environnement. Pourtant, 748 millions de personnes dans le monde n'ont pas accès à une source d'eau potable sûre, et 2,5 milliards sont dépourvus d'infrastructures sanitaires de base. La pénurie d'eau touche principalement les pays en développement et les zones rurales, où elle prive les citoyens d'une vie saine et productive et entraîne des pertes économiques annuelles énormes. Pour assurer l'accès universel à l'eau et à l'assainissement d'ici 2030 il faut des investissements annuels de 27 milliards de dollars. L'aide publique au développement couvre environ un tiers de ce budget, mais il reste 17 milliards à mobiliser. Les autorités locales et régionales peuvent aider à résorber ce déficit. À mon avis, la coopération décentralisée constitue un élément important de la solution mais, pour la rendre pleinement efficace, il faut en améliorer le cadre opérationnel. Les bienfaits d'une approche intégrée Des milliers d'acteurs régionaux et locaux sont disposés à transférer leurs ressources financières et expertise au profit de pays connaissant une pénurie d'eau. Si la France et les Pays-Bas ont adopté une législation qui ordonne aux autorités infrarégionales de consacrer 1 % de leurs recettes fiscales à la coopération  Lire

      • Sans droits humains, il n’y a pas de véritable développement | Magdy Martínez-Solimán

        07 avr. 2015

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        En Mozambique, el trabajo del PNUD PNUD pone énfasis en los derechos humanos. Foto: PNUD Mozambique

        Alors que les inégalités se creusent, que la concurrence pour les ressources naturelles rares s’intensifie et que les groupes marginalisés continuent d’être exclus, les institutions nationales des droits de l’homme n’ont jamais été aussi pertinentes. Rien qu’en 2014, le PNUD a fait équipe avec le Haut-Commissariat aux droits de l’homme pour appuyer la mise en place d’institutions nationales au Botswana, au Samoa et à Sao Tomé-et- Principe. Notre objectif est de renforcer les capacités, en établissant des mécanismes de traitement des plaintes ou en soutenant le processus de l’Examen périodique universel du Conseil des droits de l’homme dans d’autres États. Au Mozambique, par exemple, nous aidons la Commission nationale des droits de l’homme à mener des activités de surveillance des lieux de détention. Les droits de l’homme sont nécessaires partout et en tous temps.  Lors de la récente flambée d’Ebola, la Commission des droits de l’homme de Sierra Leone a fourni aux autorités gouvernementales une expertise et des conseils techniques essentiels pour assurer le respect des droits de l’homme tout au long de la crise. Après l’entrée en vigueur des lois relatives à la situation d’urgence, les forces de police et autres fonctionnaires ont reçu une formation aux droits de l’homme  Lire

      • Profil de fonctionnaire : Jorge Álvarez

        06 avr. 2015

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        Jorge Alvarez avec des membres du projet communautaire de gestion durable des terres, Las Bambas, Apurímac, Pérou. Photo: PNUD au Pérou

        Jorge Álvarez est ingénieur agricole. Il travaille pour le PNUD depuis plus de cinq ans et figure sur la liste des experts nationaux péruviens de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Il a à cœur de sensibiliser le public à l’importance de prendre soin de la planète et de ses ressources, de générer des changements tangibles au Pérou, et de laisser en héritage à ses enfants un environnement plus propre et plus durable. 1.       En quoi consiste votre travail ? Je gère un portefeuille de projets du PNUD au Pérou sur l’énergie et l’environnement. Plus de 18 projets sont déjà mis en œuvre et 10 autres en sont au stade de la conception. Ces projets couvrent cinq domaines : changements climatiques, biodiversité, désertification, qualité environnementale et financement environnemental. 2.       Depuis combien de temps travaillez-vous pour le PNUD ? J’ai acquis ma première expérience au PNUD en tant que coordonnateur  du projet  de communication nationale sur les changements climatiques , mais je travaillais alors pour le Ministère de l’environnement. Je suis ensuite devenu Administrateur de programmes et j’ai assumé cette fonction pendant plus de deux ans. 3.       Quel est votre travail au quotidien ? Je fournis une assistance technique à  Lire

      • Continuer la lutte contre le VIH, un devoir au lendemain d'une catastrophe naturelle

        01 avr. 2015

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        Célébrations lors de la Journée mondiale du Sida, à Pétionville en Haïti. ©PNUD Haïti

        En 2010, Haïti a été ravagé par un séisme au bilan dévastateur : 225 000 morts, 1,5 million de déplacés, 10 millions de mètres cubes de gravats, 30 des 49 hôpitaux du pays en ruine, 80 pour cent des écoles et 60 pour cent des édifices publics détruits. Il a fallu reloger les déplacés dans 1 500 camps dans les zones métropolitaines. Malgré un effort humanitaire extraordinaire, marqué par une forte mobilisation mondiale et un important appui des bailleurs, le financement et la planification de la lutte contre le VIH et la violence sexuelle et sexiste ont été insignifiants. L'action humanitaire générale n'a pas intégré ces besoins dans un pays qui a pourtant le taux de séroprévalence le plus élevé de la région. Dans les camps de déplacés, les viols étaient fréquents, les jeunes s'y adonnaient au travail du sexe pour des raisons économiques et les taux de prévalence au VIH et à la tuberculose sont montés en flèche.  Haïti bénéficie de subventions du Fonds mondial depuis 2003, mais leur mise en œuvre a été hypothéquée par le séisme qui a sapé les systèmes et les capacités du pays. Le PNUD a été convié à assurer la gestion intérimaire de ces subventions et collabore avec 40 organisations sous-bénéficiaires du gouvernement et de  Lire

      • Le retour des tigres en Inde, et pourquoi tout le monde y gagne

        25 mars 2015

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        Il existait près de 100 000 tigres en Inde, en 1900. Décimés par le braconnage, il en restait à peine plus de 3 000 en 2014. ©UN Photo

        Ma première rencontre avec un tigre sauvage fut une pure merveille.  C’était lors d’un safari dans le Parc national de Nagarhole en Inde et, au bout de quelques minutes, un feulement a secoué la forêt. Le tigre était là, glissant paresseusement à travers les sous-bois, nous forçant à retenir notre souffle.  Mais, une fois le safari terminé, j'ai eu des pincements au cœur. Combien de temps encore avant l'extinction de cette créature majestueuse ? La régression des tigres a été catastrophique.  Ils avoisinaient les 100 000 individus en 1900. Décimés par le braconnage, la chasse sportive et la destruction de leur habitat, il en restait à peine plus de 3 000 en 2014.  Mais, pour la première fois depuis des décennies, les tigres sauvages sont en recrudescence en Inde : leur nombre est passé de 1 706 en 2010 à 2 226, soit un bond de 30 pour cent.  Ces résultats spectaculaires sont loin d'être le fruit du hasard. L'Inde est le seul pays à s'être doté d'un organisme officiel, chargé de veiller à la protection de ces félins : recensements périodiques, suivi de l'habitat et de la population, mise en œuvre de la loi, etc.   L'Inde a adopté une approche écosystémique. Pour protéger un  Lire

      • Sept conseils pour une gestion efficace des ressources naturelles non renouvelables

        19 mars 2015

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        Le secteur extractif crée peu d'emplois, généralement sous-qualifiés et sous-payés. @ Benoit Alméras-Martino / PNUD en RD Congo

        Les ressources naturelles contribuent largement à réaliser les objectifs de développement des pays. Mais, mal gérée, cette richesse risque d'être dilapidée. Au PNUD, nous collaborons avec les gouvernements, le secteur privé et la société civile pour amoindrir les risques liés à la création d'une économie pétrolière, gazière et minière et en optimiser les bienfaits. Voici sept conseils pour tirer le meilleur parti de ces ressources limitées : Etre conscient de ses richesses. Les pays en développement n'ont pas encore découvert la plus grande partie de leurs ressources en pétrole, gaz et minerais. Ce sont souvent les sociétés étrangères qui accèdent à cette'information en prospectant. D'où une asymétrie lors de la négociation des contrats avec les gouvernements. Mettre en place des cadres juridiques. De nombreux contrats et codes miniers ont été révisés, notamment lorsque les pouvoirs publics se rendent compte que la fiscalité est faible, la protection de l'environnement insuffisante et les plans de réinstallation inadéquats. Une démarche consultative et participative est essentielle lors de l'élaboration d'une législation importante. Maximiser les revenus pour le développement. Le secteur privé doit être encouragé à promouvoir la transparence budgétaire et à préférer l'esprit de développement à celui de l'exploitation pure et simple, notamment en payant  Lire