Notre perspective

      • Passer à l'échelle supérieure, clé de la coopération Sud-Sud

        06 nov. 2013

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        Une femme employée grâce à un programme d'emploi guaranti en Inde consulte les informations relatives à son emploi à un kiosque d'information. ©PNUD Inde

        Le paysage de la coopération au développement international connaît des mutations rapides. Les économies émergentes et d'autres pays en développement sont devenus des acteurs clés de la nouvelle donne. Ils proposent des solutions pratiques, partagent leur savoir, assument le leadership et prennent des actions collectives.    Par exemple, le Brésil a pu améliorer la nutrition et l'éducation des enfants grâce à son programme Bolsa familia, un modèle de transfert de fonds qui a été reproduit avec succès en Afrique. En Inde, chaque ménage rural a droit à 100 jours de travail non qualifié par an dans le secteur des travaux publics grâce à un programme d'emploi guaranti. En privilégiant les projets d'infrastructures, la Chine a aidé d'autres pays en développement à améliorer l'accès à l'électricité, à multiplier les liaisons ferroviaires et à réduire le coût des services de télécommunications. Dans notre nouveau Plan stratégique (2014-17), nous nous engageons à soutenir la coopération Sud-Sud et triangulaire, afin de compléter le modèle Nord-Sud classique, et à la placer au cœur du programme de développement pour l'après-2015. Cette vision ne peut reposer uniquement sur des approches de routine, isolées ou à court terme : une stratégie de mise à l'échelle sera la clé d'un impact durable.  Lire

      • Pourquoi la violence maintient les femmes dans la pauvreté

        04 nov. 2013

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        Malala Yousafzai, jeune pakistanaise attaquée par les talibans en octobre dernier pour avoir défendu l'éducation des filles. ©UN Photo/Rick Bajornas

        Selon des estimations prudentes, la perte de productivité résultant des violences domestiques atteindrait 1,2 pour cent du PIB au Brésil et en Tanzanie, et 2 pour cent du PIB au Chili, soit l’équivalent de ce que la plupart des gouvernements consacrent à l'enseignement primaire (environ 1,5 pour cent du PIB). Mais ces chiffres ne comprennent ni les coûts associés à l'impact émotionnel à long terme de cette forme de violence, ni son impact sur la seconde génération. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) estime que 35 pour cent des femmes dans le monde ont subi les violences physiques ou sexuelles d’un partenaire intime ou des violences sexuelles de la part d’autres qu’un partenaire. Cela représente environ 938 millions de femmes, plus que le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde, et près de l’équivalent de la population africaine. Les femmes vivant dans la pauvreté, en particulier dans les pays pauvres, se heurtent à de nombreuses difficultés lorsqu’elles cherchent à échapper à la violence liée au genre. La dépendance financière de ces femmes est en effet plus importante, et les voies de sortie qui s’offrent à elles, moins nombreuses, tandis que leur vie est souvent régie par des normes sociales séculaires, qui,  Lire

      • Afrique : une intégration à visage humain

        29 oct. 2013

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        Un fermier, en Ouganda. ©NEIL PALMER/CIAT

        L’intégration régionale est cruciale pour le développement de l’Afrique. Les projections et modèles sur ce sujet ne manquent pas. Par exemple, un investissement de 32 milliards de dollars américains dans l’infrastructure routière pourrait accroître la valeur du commerce intra-Africain de 250 milliards de dollars sur une période de 15 ans. Il reste à répondre à la question suivante : que peut faire l’intégration pour les populations en Afrique ? Ce thème est primordial au moment où les pays cherchent à passer de la croissance économique à une véritable amélioration des conditions de vie. Premièrement, l’intégration régionale peut contribuer à la création d’emplois de qualité. A cet effet, les pays d’Afrique doivent travailler ensemble pour introduire des politiques visant à renforcer la formation professionnelle, la mobilité du travail et l’accès aux financements. Deuxièmement, les services sociaux de base et les filets de protection peuvent réduire les risques et vulnérabilités. L’intégration doit être accompagnée de mesures destinées à renforcer la santé, la nutrition, l’éducation et la formation professionnelle. A terme, celles-ci ont pour effet de renforcer la productivité de la main d’œuvre. Troisièmement, l’intégration peut habiliter les populations en leur permettant d’aller trouver un emploi dans les pays voisins. Les Etats cherchant à attirer et  Lire

      • L'ouragan Sandy, un an après : qu'avons-nous appris ?

        28 oct. 2013

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        Inondations en Haïti, après le passage de Sandy. ©PNUD en Haïti

        Initialement publié en ligne sur le site d’Aljazeera, l'article complet peut être consulté ici (en anglais). Cette semaine marque le premier anniversaire de l'ouragan Sandy. La plus grande partie des médias concentrera naturellement son attention sur les destructions et la souffrance causées lorsque Sandy a frappé les Etats-Unis le 29 octobre de l'année dernière, tuant plus de 110 personnes et causant plus de 50 milliards USD de dommages. Mais ce qui retiendra sans doute moins l’attention, est le fait que les États-Unis ne constituaient que la dernière des nombreuses étapes de l'ouragan dans sa trajectoire dévastatrice, et que nous devrions tirer de nombreuses leçons de l’exemple de ceux qui vivent dans les Caraïbes, une région régulièrement mise à l’épreuve par la saison des ouragans dans l’Atlantique.   Lors d'une visite récente à Port-au-Prince, j'ai pu constater moi-même la ténacité des Haïtiens qui m'ont fait faire le tour de leur quartier nouvellement reconstruit, l'un des plus durement touchés par le séisme de 2010. Ce qui m'a frappé, c'est que tandis qu’Haïti a été frappée deux fois – car l’ouragan Sandy est arrivé seulement deux ans après le tremblement de terre qui a coûté la vie à 100.000 personnes au moins et qui  Lire

      • La gouvernance légitime passe par l’intégrité du processus électoral

        25 oct. 2013

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        Zameer Akhtar forme le personnel de vote dans le cadre d'un programme visant à améliorer la crédibilité et la fiabilité des élections. ©Tehseen Oweis/PNUD Pakistan

        En 2002, le PNUD a publié le Rapport sur le développement humain intitulé « Approfondir la démocratie dans un monde fragmenté ». Le message central est le suivant : « l’efficacité de la gouvernance est la clé du développement humain et, pour trouver des solutions durables, il faut s’affranchir des visions étroites pour s’enraciner résolument dans la politique démocratique au sens le plus large ». Une démocratie viable permet à l’ensemble des citoyens de participer aux prises de décision et de demander des comptes à leurs dirigeants. Les élections démocratiques restent un des moyens les plus puissants et efficaces d’assurer cette redevabilité politique et constituent un élément central de notre approche en matière de développement humain. La Sixième conférence du Réseau mondial des organismes électoraux, à laquelle j’ai pris part récemment en Corée, a souligné l’importance de renforcer la démocratie par des processus électoraux durables, à travers une réflexion sur l’intégrité et le caractère inclusif de ceux-ci. L’intégrité est un facteur indispensable à la crédibilité du processus électoral et va bien au-delà de l'absence de manipulations et de fraudes. Elle englobe la volonté de concevoir et d’aligner le cadre juridique des élections ainsi que les règles et les pratiques électorales avec les engagements internationaux en matière  Lire

      • Les gens font les villes, les villes font l'avenir

        23 oct. 2013

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        Vue nocturne sur la ville de Kampala, capitale de l'Ouganda. Photo : PNUD Ouganda

        Rendre les villes plus durables est essentiel au développement mondial, et il est facile de voir pourquoi. Le rapport du Groupe de haut niveau sur l’agenda pour le développement post-2015 mis en place par le Secrétaire général, décrit les villes comme des « moteurs pour le commerce et l’innovation », et ajoute que « moyennant une bonne gestion, elles peuvent fournir des emplois, de l'espoir et de la croissance, tout en renforçant la durabilité. » Selon les tendances actuelles, d'ici 2025, 65 pour cent de la croissance économique mondiale pourraient être générés par seulement 600 villes. Des urbanistes comme Alan Ehrenhalt ont étudié l'impact du développement sur ​​les villes, qu’ils présentent comme des systèmes dynamiques et diversifiés contribuant à façonner la trajectoire de l'évolution économique et sociale. Les gens sont en train de se regrouper, et vite. L'afflux actuel de personnes vers les zones urbaines, qui, selon les projections, verront les deux tiers de la population de la planète vivre dans les villes d’ici 2050, souligne la nécessité d'améliorer les infrastructures et les relations sociales. La population mondiale des bidonvilles va augmenter de 6 millions chaque année à moins que des progrès ne soient accomplis. La croissance rapide des villes exige une approche intégrée du  Lire

      • L'accès à la justice en temps de conflit, un impératif pour les femmes

        18 oct. 2013

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        Des femmes soudanaises se réunissent lors d'un atelier sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité de l'ONU sur les femmes, la paix et la sécurité. (Photo : Soujoud Elgarrai/UNAMID)

        Lorsqu’un conflit ébranle la société et l'État de droit, les inégalités se multiplient et les femmes subissent la violence de plein fouet. Pourtant, loin d’être de simples victimes, elles jouent un rôle essentiel dans la consolidation d’une paix durable.   Demain, le Conseil de sécurité de l’ONU réaffirmera le droit des femmes à demander justice et réparation pour des violences subies lors des conflits. Plus de dix ans après l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité engageant les États membres à protéger les femmes et les filles par temps de conflit, le droit à la parole, le leadership, la participation, la sécurité physique et économique et l'accès à la justice demeurent des objectifs lointains pour les femmes. Si tout se passe bien, le Conseil de sécurité devrait approuver une nouvelle résolution dans ce sens.   Les conflits armés s’accompagnent toujours de violences sexuelles et sexistes qui perdurent au-delà du retour à la paix. Combat ce fléau permet de scolariser les filles, d’éviter les mariages précoces et d’éliminer la traite des êtres humains. Cette semaine, la communauté internationale doit envoyer un signal fort indiquant que la justice pour les victimes et la responsabilité des auteurs d’actes de violence sont les  Lire

      • Protéger les personnes handicapées lors des catastrophes | Jo Scheuer

        11 oct. 2013

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        A Lahore, Jamila Hasan et sa fille handicapée tentent de traverser une rue inondée.(Photo: Tariq Saeed/IRIN)

        Près de 10 pour cent de la population mondiale vit avec un handicap. Souvent laissées pour compte ou stigmatisées, ces personnes doivent non seulement se battre au quotidien pour leur reconnaissance, mais aussi lutter pour leur survie lors des catastrophes. En raison de leur mobilité réduite, les personnes handicapées n'ont pas accès aux voies d’évacuation. Dépendantes des infrastructures sanitaires ou sociales, elles souffrent de façon disproportionnée lors des catastrophes. Le séisme de 2011 au Japon a fait deux fois plus de morts chez les personnes handicapées que parmi la population générale. Lors de l'ouragan Katrina en 2004, un nombre disproportionné de personnes démunies a été abandonné à la Nouvelle-Orléans. Parmi elles, quatorze pour cent souffraient d’un handicap qui les rendait physiquement incapables d'évacuer les lieux, tandis que 23 pour cent devaient s'occuper d'une personne handicapée. Le 13 octobre est la Journée internationale de la prévention des catastrophes. Le thème de cette année, « Les personnes handicapées en situation de catastrophe naturelle », offre l'occasion rêvée d'attirer l'attention sur les difficultés que ce groupe doit affronter en temps de catastrophe. 157 pays ont signé la Convention relative aux droits des personnes handicapées et promis, entre autres, de protéger ce groupe lors des conflits, des  Lire

      • Énergie et développement : réduire la dépendance aux combustibles traditionnels

        09 oct. 2013

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        Christine Kyomugasho fait la cuisine à la maison avec un poêle à biogaz. (Photo: Matthias Mugisha/PNUD Ouganda)

        À quelques exceptions près, tout le monde fait la cuisine tous les jours, de diverses manières et avec un succès variable. Certains d’entre nous se servent d’une cuisinière électrique, d’autres utilisent un réchaud à gaz. Certains cuisinent dehors, d’autres a l'intérieur. Dans le monde, 2,7 milliards de personnes utilisent du bois, du charbon et d’autres combustibles dits traditionnels. Utiliser du bois ou du charbon pour cuisiner, c’est un peu plus compliqué que cuisiner au gaz ou à l’électricité. Premièrement, le combustible est plus difficile à obtenir – si je dois aller acheter du bois ou du charbon au marché ou me rendre en forêt pour trouver du bois moi-même, cela prend plus de temps que d’allumer la flamme d’une gazinière ou d’appuyer sur le bouton d’une cuisinière électrique. Dans l’état de l’Himachal Pradesh, en Inde, par exemple, une femme rurale passe en règle générale 40 heures par mois à récolter des combustibles, un grand nombre d’entre elles parcourant une distance de plus de 6 kilomètres aller-retour à chaque fois. Deuxièmement, les combustibles traditionnels sont beaucoup plus lourds – une famille qui utilise du bois comme combustible pour faire la cuisine aura besoin en moyenne de 2 400 kilos par an. Une telle pratique peut contribuer à  Lire

      • Ressources minières : un tremplin pour le développement de l'Afrique

        04 oct. 2013

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        L'Afrique se positionne pour effectuer la transition délicate de la croissance au bien-être partagé. Photo: PNUD au Togo

        L'Afrique est en passe de réaliser une percée en matière de développement. L'extrême pauvreté a été réduite, la mortalité maternelle et infantile a fortement diminué, et la plupart des pays ont accompli d'importants progrès vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMDs), les huit objectifs internationalement convenus pour réduire la pauvreté, la faim et les maladies d'ici à 2015. Il faudra cependant un nouveau type de croissance – plus rapide et plus inclusive – pour améliorer la vie des Africains sur une plus vaste échelle. L’actuelle combinaison du prix élevé des matières premières et de la découverte d'importants gisements de pétrole, de gaz naturel et de minerais pourrait contribuer à l’accélération de la croissance et à l’amélioration du niveau de vie sur le continent. Pour ce faire, les pays d'Afrique devront accomplir trois objectifs. Premièrement, les recettes des ressources extractives doivent être capturées de manière efficiente et transparente. Une partie importante des revenus générés par les industries d’extraction minière, du pétrole et du gaz naturel est généralement redistribuée vers les sociétés internationales qui pourvoient la technologie, les compétences et les finances requises. La question de savoir si les Africains bénéficient de ces industries dépend dans une large mesure  Lire