Notre perspective

      • Pour lutter contre le sida et la pauvreté, autonomisons les femmes et les filles

        27 janv. 2014

        image
        Une femme fait un test de dépistage du VIH/SIDA dans un centre de prévention et de traitement au Burkina Faso. ©Giacomo Pirozzi/PNUD Burkina Faso

        « On ne peut pas manger un bonbon sans enlever l’emballage », ont déclaré de jeunes Sud-Africains aux chercheurs qui menaient une enquête pour le compte de la Banque mondiale afin d’expliquer pourquoi ils refusaient d’utiliser des préservatifs en dépit du risque élevé et bien connu de transmission du VIH. Les hommes trouvent souvent que les préservatifs manquent de virilité et les femmes se sentent incapables d’insister. Qu’est-ce que cela signifie ? Un sondage mené en 2011 dans 19 pays d’Afrique subsaharienne, où vivent plus de deux tiers de la population mondiale contaminée par le VIH, montre que la plupart des adultes savent comment empêcher la transmission du virus. Mais si 72 pour cent des sondés pensent qu’il faut utiliser un préservatif chaque fois que l’on a des rapports sexuels, seulement 40 pour cent d’entre eux disent l’avoir fait. Tout comme la lutte contre la pauvreté, l’éradication du sida requiert des mesures et des innovations qui vont des transports publics aux politiques d’orientation. Au cours de la conversation mondiale sur les objectifs de l’après-2015 (« Le monde que nous voulons »), une jeune mère de Papouasie-Nouvelle Guinée a raconté qu’elle ne se rendait pas toujours à la clinique pour son traitement  Lire

      • Quand le monde travaille au profit d'une minorité, ou la mainmise privée sur la démocratie

        24 janv. 2014

        image
        Selon un nouveau rapport du PNUD, l'inégalité des revenus a augmenté de 11% dans les pays en développement entre 1990 et 2010. ©Kibae PARK/ONU

        Sept personnes sur dix dans le monde vivent dans des pays dont les inégalités économiques ont augmenté au cours des 30 dernières années. Dans un document publié cette semaine, Nick Galasso d'Oxfam America et moi avons analysé le phénomène grandissant de la concentration des revenus et de la mainmise politique. Première constat : les riches s'enrichissent encore plus vite. En tout, la moitié des adultes les plus pauvres de la planète, soit 3,5 milliards d personnes, possède 1 700 milliards de dollars, soit l'équivalent des avoirs des 85 personnes les plus riches du monde. Aux États-Unis, 1 % de riches s'est taillé 95 pour cent de la croissance post-crise financière en 2009 et 2012, alors que 90 pour cent des Américains se sont encore appauvris. Deuxième constat : ce phénomène grandissant de concentration des revenus et des richesses se double très souvent d'un pouvoir et d'une influence politiques. Cela paraît évident, mais on l'oublie très facilement. Par le lobbying, le financement de campagnes électorales ou le refus de respecter la règlementation, les riches exercent leur emprise sur la manière dont le reste de la société est gouverné. Dans Working for the Few (Quand le monde travaille au profit d'une minorité), nous analysons le mécanisme  Lire

      • L'aide étrangère ne sert-elle vraiment à rien?

        24 janv. 2014

        image
        Une femme Hmong et son bébé dans le village de Sin Chai. Le Vietnam est un exemple d'une intervention de l'aide étrangère réussie. ©Kibae Parc/ONU

        Depuis mon arrivée aux Etats-Unis il y a un an, j'ai rencontré des auteurs tels que Roger Riddell, qui posent des questions incisives aux responsables des programmes d'aide. Ces auteurs sont les partisans d’une thèse bien établie et respectée qui remet en question le bien-fondé de l'aide bilatérale et multilatérale. Ici, à Washington, je me réjouis de pouvoir dire que si USAID se concentre davantage sur des données objectives et quantifiables, le PNUD met aussi beaucoup mieux l’accent sur ses résultats (comme en témoigne le classement effectué par l'IITA), une personne et un pays à la fois.  Pourtant, un élément de preuve important est souvent absent de nos démonstrations : nous oublions de mentionner les pays qui sont parvenus à sortir de la pauvreté. Je viens juste de rentrer du Viet Nam où j’ai passé lenouvel an. Mon premier poste au sein du PNUD était à Hanoï en 1985. Le pays était alors totalement ravagé par la guerre et le PNUD appuyait divers projets de reconstruction avec un petit groupe de partenaires, notamment dans les industries du café et du caoutchouc. Aujourd’hui le Viet Nam est le deuxième producteur de café au monde après le Brésil et est susceptible de devenir le troisième  Lire

      • Éviter une autre crise en Centrafrique

        22 janv. 2014

        image
        Akadus Zangoa, 10 ans, porte un jerrican d'eau pour sa mère, qui vend du manioc sur un petit stand afin de nourrir sa famille. Sans accès à l'eau potable, le développement d'une épidémie à l'intérieur du camp est à craindre. ©UNHCR/S. Phelps

        Les violences sectaires en Centrafrique ont fait un million de déplacés et l'on estime que 2,2 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin de cette assistance. Une crise alimentaire est désormais en train de se profiler. Selon l'ONU, 94 pourcent des communautés affirment qu'elles ne disposent pas d'assez de semences pour la prochaine récolte. Bien qu'il soit essentiel de satisfaire les besoins humanitaires des populations, la communauté internationale doit impérativement s'attaquer aux problèmes de développement qui ont provoqué le conflit. Si tel n'était pas le cas, une nouvelle crise pourrait se reproduire.  Il est donc extrêmement important que l'action humanitaire s'inscrive dans une perspective plus vaste, visant à remettre le pays sur la voie d'un développement robuste. La crise qui sévit en Centrafrique est le résultat d'un échec de l'Etat et de la classe politique et résulte d'une pauvreté chronique et d'une anarchie totale, auxquels il faut ajouter des décennies de sous-investissement en matière de services sociaux et de développement économique. Lorsque le conflit armé se sera apaisé, toute notre attention doit se concentrer sur la reconstruction des infrastructures telles les cliniques, routes, ponts, et réservoirs d'eau. Dans cette optique, les travaux publics pourront constituer une importante  Lire

      • Plan stratégique du PNUD 2014 - 2017 : évoluer avec le monde

        20 janv. 2014

        image
        Vue aérienne de la ville de Sehwan Sharif, dans la région du Sud Sindh, au Pakistan. ©ONU/PAM/Amjad Jamal

        Nous nous trouvons à un moment important de notre histoire, à un point d’inflexion. Premièrement, le rôle joué par les pays en développement dans le monde – dans l’économie, la science, la technologie, la politique, la culture – est en train de changer radicalement. Leur importance et leur influence ne font que croître. Deuxièmement, pour la première fois dans l’histoire humaine, plus de gens vivent dans des villes que dans des villages – Ce qui nous amène à réfléchir sur notre vision conventionnelle des lieux où les gens vivent dans le monde en développement, et de la manière dont ils vivent. Troisièmement, les technologies dont nous disposons aujourd’hui changent profondément la manière dont nous travaillons les uns avec les autres, nous comportons entre nous, faisons des choses et les vendons. Il s’agit d’un moment véritablement passionnant pour le développement. Mais il y a des dangers : • La croissance et le développement n’apportent pas nécessairement des bénéfices à chacun de manière équitable, ce qui fait que les tensions montent – et parfois éclatent – dans un nombre croissant de pays. • Les changements qui se produisent sont parfois si profonds que les sociétés et les systèmes politiques ne peuvent y faire  Lire

      • Accueillir une nouvelle génération d'« enjeux de développement »

        16 janv. 2014

        image
        Les problèmes cardiaques tels que l'obésité, autrefois plus courant dans les pays du Nord, enregistrent une augmentation dans les pays du Sud. ©PNUD Fidji

        En parcourant mes différents flux pendant la trêve de Noël, j'ai constaté l'apparition d'un nouveau thème, le « Nord au Sud » en matière de santé, ou ce que j'appelle les Thèmes de Cendrillon : accidents de la route, trafic de drogue, tabagisme ou alcool. Des fléaux qui font de plus en plus de ravages dans les pays en développement et ne seront bientôt plus relégués à la périphérie des débats.  L'ODI a ouvert le feu avec Future Diets (L'alimentation du futur), un excellent rapport sur l'obésité indiquant que le nombre de personnes obèses/en surpoids dans les pays en développement (904 millions) a plus que triplé depuis 1980 et dépasse désormais le nombre de personnes mal nourries (842 millions, selon la FAO). Pour sa part, l'hebdomadaire The Economist a publié un reportage (en anglais)  sur la « guerre des nouveaux médicaments » : « Dans les marchés émergents, les citoyens vivent plus longtemps, et les maladies des pays riches font leur apparition. Il en résulte une demande accrue en médicaments contre le cancer, le diabète et d'autres maladies chroniques. Les gouvernements des pays émergents veulent étendre l'accès aux soins, mais les médicaments absorbent déjà une grosse part des dépenses de santé. Au même moment, une vague d'innovation produit de  Lire

      • Ce que la communauté internationale peut faire dès maintenant pour la Syrie | Sima Bahous

        13 janv. 2014

        image
        Des femmes et des enfants au camp d'Atme, à la frontière Turque. ©IRIN/JODI HILTON

        Des images tragiques de mort, de destruction et de souffrance continuent à alimenter les nouvelles en provenance de Syrie alors que le conflit en est presque à sa troisième année. Plus de 100 000 Syriens ont été victimes des combats qui ont contraint 6,5 millions de personnes à quitter leurs foyers. Mais le problème de la Syrie ne se limite pas à la souffrance humaine et cette crise aura des implications à long terme pour le développement. Conséquence directe des combats, 50 pour cent de la population syrienne vit actuellement dans la pauvreté. La destruction des infrastructures, la disparition des services, la désintégration de l’économie et un chômage généralisé ont fait reculer la Syrie à ses niveaux de développement d’il y a 35 ans.  Plus de deux millions de Syriens se sont réfugiés au Liban, en Iraq, en Jordanie, en Turquie et en Égypte. Cet afflux de population modifie l’équilibre démographique des pays d’accueil et l’accès aux ressources déjà rares telles que la terre, l’eau et l’emploi pour les communautés locales, est susceptible d’attiser les risques d’instabilité. Pour éviter que le conflit n’aggrave encore la pauvreté dans la région, la communauté internationale doit renforcer son soutien aux secours d’urgence, tout en  Lire

      • Quand consommer vous consume...

        10 janv. 2014

        image
        Casimira Sanchez prépare des pièces de matériel de gym dans une usine de Mexico. Un programme du PNUD visant à renforcer les petites et moyennes entreprises a augmenté leur accès aux nouvelles technologies. ©Luis Acosta/AFP pour le PNUD

        Scott Fitzgerald disait ceci de l’alcool : « Vous prenez un premier verre, puis le verre prend un verre, et à la fin le verre vous prend. » Il en va de même du consumérisme lorsqu’il devient un moyen d’atteindre à un statut ou à la reconnaissance sociale. Commençons par examiner un certain nombre de faits. Le consumérisme est le moteur de la croissance dans les économies latino-américaines. Il représente 59 % du PIB au Brésil, 66 % au Mexique, 69 % au Chili, 77 % au Honduras et 88 % en République dominicaine, soit plus de deux tiers de la croissance économique des trois premiers pays au cours de l’année passée. Le consumérisme a également permis une réduction non négligeable de la pauvreté et favorisé l’émergence d’une classe moyenne dans la région. Á l’heure actuelle, la majorité de la population n’est plus « pauvre » au sens statistique du terme, mais elle reste « vulnérable », car elle occupe des emplois précaires tout en jouissant de niveaux de revenus et d’un pouvoir d’achat plus élevés qu’avant. Penchons-nous ensuite sur les motifs de préoccupation. La consommation est liée de façon intrinsèque à des niveaux élevés de liquidités, à un accès aisé  Lire

      • Pourquoi l’Amérique latine compte dans le programme de développement post-2015

        09 janv. 2014

        image
        La région a conçu et mis en œuvre certains des programmes les plus reconnus, associant réduction de la pauvreté et inclusion sociale, tels que Bolsa Familia au Brésil. Photo: UNDP Brésil

        L’Amérique latine pourrait devenir l'une des régions les plus influentes de la planète en matière de développement après 2015, lorsque le délai fixé pour la réalisation des Objectifs du Millénaire viendra à échéance. Pourquoi ? Premièrement : les enjeux politiques - Selon un récent rapport indépendant commissionné par le PNUD (anglais), l'Amérique latine s’est emparée des postes les plus importants au sein des organismes engagés dans les négociations sur développement après 2015. La Colombie préside actuellement le Conseil économique et social, la Bolivie est à la tête du groupe des 77 (G77) aux Nations Unies et Antigua-et-Barbuda assumera la présidence de l'Assemblée générale jusqu'à la 69ème session. En outre, le Brésil est aux commandes de l'Organisation mondiale du commerce en la personne de son nouveau directeur général, et la 20ème Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP-20) aura lieu à Lima, au Pérou. Cela offre à la région une occasion unique pour conduire les négociations et en influencer l’issue. Deuxièmement : l’expérience - L'Amérique latine est un terrain d'essai pour les approches novatrices en matière de développement durable. La région a conçu et mis en œuvre certains des programmes les plus reconnus, associant réduction  Lire

      • Choc des générations : l'emploi des jeunes pour éviter les conflits

        20 déc. 2013

        image

        En cette période de changement démographique sans précédent -- en 2050, la planète devrait compter 9,6  milliards d'habitants vivant principalement en ville -- les structures démographiques jouent un rôle significatif dans la paix et la stabilité des pays. En matière de recherche, je m'intéresse à la corrélation entre populations à fort pourcentage de jeunes, et instabilité et conflits. Dans le monde, 68 pays, dont l'Afghanistan, l'Irak, le Mali, le Nigeria et le Yémen, ont une pyramide d’ âge caractérisée par un rajeunissement démographique marqué. Beaucoup de ces pays, dont plus de 30 pour cent de la population est âgée de 15 à 24  ans, vivent des situations de violence ou d'instabilité sociale et politique.  Si cette tendance démographique n'est pas l'unique source de violences, son association à un faible niveau d'éducation, un marché du travail précaire, incapable d'absorber un nombre élevé de jeunes travailleurs, et un système politique fermé à la participation des jeunes, accentue les risques de conflit. Le conflit en Syrie en est une illustration. En 2000, le pays avait le troisième taux d'explosion démographique des jeunes et les plus faibles taux d'éducation secondaire de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Comme dans beaucoup d'autres pays de la  Lire