Notre perspective

      • 100 jours après le passage d’Haiyan aux Philippines

        14 févr. 2014

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        Le PNUD aux Philippines soutient le relèvement des populations après les destructions engendrées par Haiyan. ©PNUD

        Le 16 février marque les 100 jours depuis que le typhon Haiyan a dévasté les Philippines. L'intervention d'urgence est presque terminée et le début de la reprise à long terme a commencé. Je me suis rendu aux Philippines à deux reprises depuis qu’Haiyan a frappé. Dans les premiers jours, je suis allé aider à coordonner la réponse à cette tragédie. Tout récemment, je suis retourné aux Philippines pour apporter des conseils sur la transition vers le rétablissement à long terme. Les progrès au cours de ces 100 jours ont été remarquables. Immédiatement après la tempête, le PNUD a commencé à aider le gouvernement à se préparer à la reprise. Quelques semaines seulement après Haiyan, nous avons ainsi facilité une visite du gouvernement indonésien aux Philippines et la venue de Kuntoro Mangkusubroto, qui a dirigé l'effort de reconstruction à Aceh et Nias après le tsunami de 2004. Il a assisté à une réunion du gouvernement des Philippines sur la reprise, et a partagé avec ses collègues les défis et les leçons tirés de l’exemple de l’Indonésie. Pour avoir été discrète, cette visite n’en a pas moins été très précieuse pour les autorités philippines, et a conduit les experts du PNUD à commencer  Lire

      • Visibilité des transgenres : l’initiative « Sida Tchê »

        13 févr. 2014

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        Des militants transgenres dans le centre ville de Porto Alègre, au Brésil. ©Daniel de Castro/UNDP Brazil.

        La Semaine de la visibilité des transgenres vient de s'achever à Porto Alegre, au Brésil, avec trois jours de manifestations et de projets appuyés par l’initiative Sida Tchê, dans le cadre du Plan intégré d’d'aide aux régions les plus pauvres et les plus reculées du pays de l’ONU. Porto Alegre est la ville brésilienne au taux de séroprévalence le plus élevé  : 99,8 pour 100 000, alors que la moyenne nationale est de 17,9. Une étude récente dans l’un des hôpitaux de la ville montre qu’il est particulièrement élevé chez les femmes transgenres. « Si l’on examine les données sur les transsexuelles habitant la zone métropolitaine de Porto Alegre, on s’aperçoit que leur risque d’infection au VIH est 14,5 fois plus élevé.  Ces chiffres placent les femmes transgenres parmi les groupes les plus exposés à l’épidémie », explique le chercheur Brandelli Angelo Costa. La stigmatisation et la discrimination à l’égard des transgenres sont considérées comme la raison principale de cette vulnérabilité accrue La violence qui accueille la simple expression quotidienne de leur identité les exclut du processus de développement, restreint leurs choix de vie et leur interdit de combler des besoins essentiels comme l'accès à une éducation formelle, à un emploi  Lire

      • Croissance et inclusion : Un plan en quatre points pour l’Afrique

        03 févr. 2014

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        Développer le secteur de l’agriculture peut être un moyen de réduire efficacement la pauvreté dans les zones rurales. ©PNUD Burundi

        Favoriser le développement inclusif en Afrique tout en prévenant les conflits et réduisant de la pauvreté requiert des efforts durables. Premièrement, le continent est confronté à la difficulté de bâtir des économies capables de créer des emplois et une meilleure égalité des chances pour tous. Pour beaucoup de pays, mieux gérer les revenus générés par les ressources minières sera la clé de la diversification économique, de même que le réinvestissement de ces revenus dans les communautés au travers d’infrastructures et de services sociaux de qualité. Développer le secteur de l’agriculture, qui emploie jusqu’à 60 % de la main-d’œuvre africaine et principalement des femmes, peut être un autre moyen efficace de réduire la pauvreté dans les zones rurales, là où vivent beaucoup de groupes marginalisés. Deuxièmement, les populations défavorisées doivent avoir un accès égalitaire à la représentation politique, pour pouvoir participer à la prise de décisions et bénéficier du même niveau de développement à l’échelle nationale et locale. Lorsque des élections sont organisées, la participation à la vie politique peut aussi prévenir les cas de fraude, et la violence électorale. Il est aussi particulièrement important de faire participer les jeunes pour éviter les conflits. Au Kenya par exemple, les principes d’égalité et  Lire

      • Un effort conjoint : réflexions sur la faisabilité politique de la réduction des inégalités

        31 janv. 2014

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        En Somalie, une femme récolte l'eau d'une marre creusée grâce à un programme de soutien du PNUD aux communautés affectées par la sécheresse. ©PNUD Somalie

        Les inégalités occupent désormais une place prépondérante dans de nombreuses discussions sur le développement en général, et le programme de développement pour l’après 2015.  Cela n’est pas surprenant.  Le dénuement au coeur de l’abondance demeure la réalité quotidienne de centaines de millions de ménages dans le monde. Dans le même temps, une myriade de facteurs économiques, sociaux et culturels perpétuent les désavantages dont souffrent les groupes victimes de discriminations – les femmes, les personnes handicapées, les minorités ethniques et les personnes vivant dans les communautés rurales, pour n’en citer que quelques-uns. Malgré des progrès économiques impressionnants, l’humanité demeure profondément divisée.    Pour faire avancer le débat sur les causes et effets des inégalités ainsi que les manières de réduire ces inégalités, le Bureau des bonnes pratiques en matière de réduction de la pauvreté du PNUD a présenté un rapport portant sur certaines de ces questions. Parmi elles figure la question de la faisabilité politique de la réduction des inégalités, sur laquelle je vais faire porter cet exposé.  Une enquête mondiale ciblant les 375 décideurs politiques de 15 pays réalisée dans le cadre du rapport montre que les décideurs du monde entier considèrent la réduction des inégalités comme une priorité politique essentielle.  Lire

      • Réduction des inégalités en Amérique latine : quelles leçons pour les États-Unis ?

        29 janv. 2014

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        Une femme utilise des produits locaux pour son travail artisanal, dans la région de Salta, en Argentine. ©PNUD Argentine

        Alors que le débat sur les inégalités s'intensifie aux États-Unis, quelles leçons tirer de l'exemple latino américain qui, malgré la persistance du problème, est la seule région à avoir réduit les disparités de revenus au cours de la dernière décennie ?  Première économie du monde, les États-Unis n'en sont pas moins le plus inégalitaire des pays industrialisés. En 1979, 20 pour cent des Américains les plus riches se partageaient 43 pour cent des revenus nationaux, et 9 pour cent de ces revenus étaient détenus par à 1 pour cent d'entre eux. Aujourd'hui, ces deux tranches se taillent respectivement plus de 50 pour cent et près de 15 pour cent des revenus bruts.  Depuis, l'Amérique latine est progressivement devenue une région à revenu intermédiaire et a su réduire la pauvreté. Ces 10 dernières années, 16 pays sur 17 ont réussi à réduire fortement les disparités de revenus. Comment s'y sont-ils pris ?  D'abord, la réduction des inégalités est très largement causée par l'amélioration des revenus liés au travail domestique. En effet, la forte demande en produits ménagers née de la croissance économique a favorisé l'emploi et la hausse des salaires. Cela a permis d'amoindrir les disparités de salaires entre diplômés et travailleurs non qualifiés. Mais,  Lire

      • Pour lutter contre le sida et la pauvreté, autonomisons les femmes et les filles

        27 janv. 2014

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        Une femme fait un test de dépistage du VIH/SIDA dans un centre de prévention et de traitement au Burkina Faso. ©Giacomo Pirozzi/PNUD Burkina Faso

        « On ne peut pas manger un bonbon sans enlever l’emballage », ont déclaré de jeunes Sud-Africains aux chercheurs qui menaient une enquête pour le compte de la Banque mondiale afin d’expliquer pourquoi ils refusaient d’utiliser des préservatifs en dépit du risque élevé et bien connu de transmission du VIH. Les hommes trouvent souvent que les préservatifs manquent de virilité et les femmes se sentent incapables d’insister. Qu’est-ce que cela signifie ? Un sondage mené en 2011 dans 19 pays d’Afrique subsaharienne, où vivent plus de deux tiers de la population mondiale contaminée par le VIH, montre que la plupart des adultes savent comment empêcher la transmission du virus. Mais si 72 pour cent des sondés pensent qu’il faut utiliser un préservatif chaque fois que l’on a des rapports sexuels, seulement 40 pour cent d’entre eux disent l’avoir fait. Tout comme la lutte contre la pauvreté, l’éradication du sida requiert des mesures et des innovations qui vont des transports publics aux politiques d’orientation. Au cours de la conversation mondiale sur les objectifs de l’après-2015 (« Le monde que nous voulons »), une jeune mère de Papouasie-Nouvelle Guinée a raconté qu’elle ne se rendait pas toujours à la clinique pour son traitement  Lire

      • Quand le monde travaille au profit d'une minorité, ou la mainmise privée sur la démocratie

        24 janv. 2014

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        Selon un nouveau rapport du PNUD, l'inégalité des revenus a augmenté de 11% dans les pays en développement entre 1990 et 2010. ©Kibae PARK/ONU

        Sept personnes sur dix dans le monde vivent dans des pays dont les inégalités économiques ont augmenté au cours des 30 dernières années. Dans un document publié cette semaine, Nick Galasso d'Oxfam America et moi avons analysé le phénomène grandissant de la concentration des revenus et de la mainmise politique. Première constat : les riches s'enrichissent encore plus vite. En tout, la moitié des adultes les plus pauvres de la planète, soit 3,5 milliards d personnes, possède 1 700 milliards de dollars, soit l'équivalent des avoirs des 85 personnes les plus riches du monde. Aux États-Unis, 1 % de riches s'est taillé 95 pour cent de la croissance post-crise financière en 2009 et 2012, alors que 90 pour cent des Américains se sont encore appauvris. Deuxième constat : ce phénomène grandissant de concentration des revenus et des richesses se double très souvent d'un pouvoir et d'une influence politiques. Cela paraît évident, mais on l'oublie très facilement. Par le lobbying, le financement de campagnes électorales ou le refus de respecter la règlementation, les riches exercent leur emprise sur la manière dont le reste de la société est gouverné. Dans Working for the Few (Quand le monde travaille au profit d'une minorité), nous analysons le mécanisme  Lire

      • L'aide étrangère ne sert-elle vraiment à rien?

        24 janv. 2014

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        Une femme Hmong et son bébé dans le village de Sin Chai. Le Vietnam est un exemple d'une intervention de l'aide étrangère réussie. ©Kibae Parc/ONU

        Depuis mon arrivée aux Etats-Unis il y a un an, j'ai rencontré des auteurs tels que Roger Riddell, qui posent des questions incisives aux responsables des programmes d'aide. Ces auteurs sont les partisans d’une thèse bien établie et respectée qui remet en question le bien-fondé de l'aide bilatérale et multilatérale. Ici, à Washington, je me réjouis de pouvoir dire que si USAID se concentre davantage sur des données objectives et quantifiables, le PNUD met aussi beaucoup mieux l’accent sur ses résultats (comme en témoigne le classement effectué par l'IITA), une personne et un pays à la fois.  Pourtant, un élément de preuve important est souvent absent de nos démonstrations : nous oublions de mentionner les pays qui sont parvenus à sortir de la pauvreté. Je viens juste de rentrer du Viet Nam où j’ai passé lenouvel an. Mon premier poste au sein du PNUD était à Hanoï en 1985. Le pays était alors totalement ravagé par la guerre et le PNUD appuyait divers projets de reconstruction avec un petit groupe de partenaires, notamment dans les industries du café et du caoutchouc. Aujourd’hui le Viet Nam est le deuxième producteur de café au monde après le Brésil et est susceptible de devenir le troisième  Lire

      • Éviter une autre crise en Centrafrique

        22 janv. 2014

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        Akadus Zangoa, 10 ans, porte un jerrican d'eau pour sa mère, qui vend du manioc sur un petit stand afin de nourrir sa famille. Sans accès à l'eau potable, le développement d'une épidémie à l'intérieur du camp est à craindre. ©UNHCR/S. Phelps

        Les violences sectaires en Centrafrique ont fait un million de déplacés et l'on estime que 2,2 millions de personnes, soit la moitié de la population, ont besoin de cette assistance. Une crise alimentaire est désormais en train de se profiler. Selon l'ONU, 94 pourcent des communautés affirment qu'elles ne disposent pas d'assez de semences pour la prochaine récolte. Bien qu'il soit essentiel de satisfaire les besoins humanitaires des populations, la communauté internationale doit impérativement s'attaquer aux problèmes de développement qui ont provoqué le conflit. Si tel n'était pas le cas, une nouvelle crise pourrait se reproduire.  Il est donc extrêmement important que l'action humanitaire s'inscrive dans une perspective plus vaste, visant à remettre le pays sur la voie d'un développement robuste. La crise qui sévit en Centrafrique est le résultat d'un échec de l'Etat et de la classe politique et résulte d'une pauvreté chronique et d'une anarchie totale, auxquels il faut ajouter des décennies de sous-investissement en matière de services sociaux et de développement économique. Lorsque le conflit armé se sera apaisé, toute notre attention doit se concentrer sur la reconstruction des infrastructures telles les cliniques, routes, ponts, et réservoirs d'eau. Dans cette optique, les travaux publics pourront constituer une importante  Lire

      • Plan stratégique du PNUD 2014 - 2017 : évoluer avec le monde

        20 janv. 2014

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        Vue aérienne de la ville de Sehwan Sharif, dans la région du Sud Sindh, au Pakistan. ©ONU/PAM/Amjad Jamal

        Nous nous trouvons à un moment important de notre histoire, à un point d’inflexion. Premièrement, le rôle joué par les pays en développement dans le monde – dans l’économie, la science, la technologie, la politique, la culture – est en train de changer radicalement. Leur importance et leur influence ne font que croître. Deuxièmement, pour la première fois dans l’histoire humaine, plus de gens vivent dans des villes que dans des villages – Ce qui nous amène à réfléchir sur notre vision conventionnelle des lieux où les gens vivent dans le monde en développement, et de la manière dont ils vivent. Troisièmement, les technologies dont nous disposons aujourd’hui changent profondément la manière dont nous travaillons les uns avec les autres, nous comportons entre nous, faisons des choses et les vendons. Il s’agit d’un moment véritablement passionnant pour le développement. Mais il y a des dangers : • La croissance et le développement n’apportent pas nécessairement des bénéfices à chacun de manière équitable, ce qui fait que les tensions montent – et parfois éclatent – dans un nombre croissant de pays. • Les changements qui se produisent sont parfois si profonds que les sociétés et les systèmes politiques ne peuvent y faire  Lire