Notre perspective

      • Le développement à la croisée des chemins : Réflexions émanant de la région arabe

        10 juin 2014

        image
        Des réfugiés syriens au camp de Zaatari, en Jordanie. ©PNUD

        Ces dernières années, les pays arabes ont connu de profondes mutations. Deux aspects revêtent une importance particulière pour la région en matière de financement du développement.  Premièrement, la région jour un rôle grandissant en tant que fournisseur d'aide publique au développement (APD). Les pays du Golfe arabe fournissent chaque année plus de 3 milliards de dollars aux pays du monde entier. À elle seule, l’Arabie saoudite fournit plus de 100 milliards de dollars à près de 90 pays depuis les années 70. Deuxièmement, lors des débats sur l’après-2015, l'accent a été mis sur la nécessité d'adapter l’aide aux moteurs de changement dans le monde, tels que la montée en puissance des pays à revenu moyen et le pouvoir grandissant des mouvements sociaux : deux questions pertinentes pour la région.   Le monde arabe enregistre des progrès très rapides en matière de santé et d'éducation, d’importants indicateurs de développement. Toutefois, des écarts sociaux et économiques croissants caractérisent ce processus. La questions de l’exclusion et celle des inégalités sociales ont nourri la vague de mouvements sociaux qui a vu le jour en 2011. Ces mouvements ont revitalisé le secteur du développement, et ont rendu nécessaire une remise en question fondamentale de nos approches. Même si, dans le  Lire

      • Les mégapoles peuvent-elles limiter les embouteillages ?

        06 juin 2014

        image
        Les infrastructures ne suffisent pas face à l'augmentation ahurissante du nombre de voitures dans les rues de la capitale bangladaise. ©Mohammad Asad/PNUD

        Comment les 15 millions d'habitants de la capitale bangladaise vont-ils au travail ? Lentement.  Un court trajet à Dhaka (environ 7 kilomètres) dure généralement plus d'une heure dans des bouchons interminables. Les transports sont une source de préoccupation pour tous les habitants, riches ou pauvres, qui perdent beaucoup de temps et sont au quotidien exposés à des niveaux de pollution et de stress élevés. Les embouteillages tristement célèbres de Dhaka représentent une perte de productivité de 3,86 milliards de dollars par an. Cela  représente 3,3 % du PIB de 2012 ! Au PNUD, nous sommes de fervents partisans, des inconditionnels même, des transports publics et du vélo. Au cours des dernières années, le vélo est devenu massivement populaire parmi les jeunes de la capitale! La solution nous paraissait donc évidente : installer des voies de circulation de bus et des pistes cyclables. Facile? NON, pas du tout ! Si c'était tout ce qu'il fallait faire pour venir à bout des embouteillages, cela aurait été fait depuis longtemps. Bien que  des milliards de dollars - littéralement - soient injectés dans la rénovation des infrastructures des transports, nous avions quand même l'impression d'avoir oublié quelque chose.  Notre équipe de spécialistes a découvert une  Lire

      • Énergie durable pour tous : comment « prêcher par l'exemple » ?

        04 juin 2014

        image
        Un réseau photovoltaïque a été installé à Kingston, en Jamaïque, pour alimenter les locaux du PNUD et d'autres agences de l'ONU en énergie renouvelable. ©PNUD Jamaïque

        La Jamaïque n'utilise pas l'électricité de façon rationnelle, révèle un récent rapport de Worldwatch Institute. Qui plus est, avec le kilowattheure à 0,42 dollars, les Jamaïcains ressentent de plus en plus le fardeau du coût de l'énergie, qui pèse directement sur le développement du pays.  Sans surprise, la société jamaïcaine – et le gouvernement – appelle à la baisse du coût de l'énergie, et initie de nouvelles alliances avec le secteur privé et les institutions instaurer des mesures assurant des économies d’énergie et la promotion tout en promouvant les solutions alternatives, à travers le Programme d'action national pour l'énergie. Le PNUD adhère à cette vision. Il soutient la Politique énergétique du gouvernement pour la période 2009-2030, qui vise à  transformer le secteur par la diversification des énergies et le renforcement de leur efficacité. La Jamaïque s’est fixé pour objectif d’atteindre un taux de 30 pour cent d'énergie renouvelable d'ici 2030, conformément à l'initiative Énergie durable pour tous du Secrétaire général des Nations Unies.  Le coût de l'énergie n'épargne personne, et les factures du PNUD le prouvent. Soucieux de prêcher par l'exemple, notre bureau a décidé de « joindre l'acte à la parole » et de se tourner vers une énergie non polluante.  C'est ainsi que  Lire

      • Mettre fin à la violence envers les femmes relève de la responsabilité des communautés dans leur ensemble

        02 juin 2014

        image
        Le PNUD en Serbie oeuvre à la construction d'un environnement social propice à la réduction des violences faites aux femmes. ©PNUD Serbie

        De plus en plus, la participation de la société tout entière apparaît comme nécessaire pour lutter contre les actes de violence sexiste et protéger les survivantes. Déceler la violence envers les femmes, la dénoncer et la condamner publiquement relève de la responsabilité de tous : voisins, amis et famille, et engage également le système scolaire et les professionnels de la communication. Pour reprendre le proverbe africain « Il faut tout un village pour élever un enfant », il faut aussi toute une communauté pour mettre fin à la violence envers les femmes.  En Serbie, les organisations de l’ONU ont soutenu l’introduction d’un modèle de prestation de services multisectoriel dans 21 villes, et ont sponsorisé des formations spécialisées afin que la police, le personnel médical et social, les autorités judiciaires et les groupes de la société civile puissent comprendre leur rôle et mieux collaborer pour venir en aide aux victimes d’actes de violence. « À plusieurs reprises, une femme battue s’est présentée à l’hôpital avec des blessures, » explique un participant lors de la formation. « Nous nous doutions qu’elle avait été maltraitée par son partenaire, mais elle n’a jamais voulu l’admettre. La police est intervenue trois fois pour mettre fin aux violences mais à chaque fois, elle  Lire

      • Un partenariat en faveur du développement durable

        28 mai 2014

        image
        DES FEMMES préparent du poisson à l'aide d'UN CUISEUR SOLAIRE grâce à un projet financé par le programme de micro-financements du Fonds pour l’environnement mondial et le PNUD. Photo: PNUD en Mauritanie

        L’assemblée du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), l’instance dirigeant le partenariat entre le FEM et le PNUD, est une manifestation historique qui se tient tous les quatre ans.  Cette semaine, au cours de la 5è assemblée ayant lieu à Mexico, notre administrateur, Helen Clark, a réaffirmé notre attachement à ce partenariat, et au fait d’œuvrer de concert en faveur de l’environnement mondial et du développement durable. Au cours des quatre dernières années seulement, en tant que l'une des agences d’exécution des projets du FEM, nous avons permis à plus de 120 pays de bénéficier de plus d’1,9 milliard de dollars émanant de fonds gérés par le FEM et d’accéder au partage de coûts associés pour affronter leurs  problèmes environnementaux. Le FEM a octroyé plus de 12,5 milliards de dollars de subventions en faveur de 3 690 projets élaborés dans 165 pays pour traiter des enjeux environnementaux à caractère mondial.  Grâce à son Programme de microfinancements mis en œuvre par le PNUD, le FEM a également accordé plus de 16 000 petites subventions directes aux organisations communautaires et de la société civile, ce qui représente une somme totale de 653,2 millions de dollars. Nous considèrons le FEM comme un instrument indispensable au  Lire

      • L’État de droit et les services publics : des outils clés du développement

        23 mai 2014

        image
        Un employé compte les camions à la déchetterie Santo Nino à Tacloban, aux Philippines. ©LESLEY WRIGHT/PNUD PHILIPPINES

        Il ne suffit pas de simplement distribuer les services publics. Il faut aussi veiller à leur qualité ainsi qu’à l’’efficacité de la communication entre prestataires et bénéficiaires. En coopération avec la Swedish Folke Bernadotte Academy, nous avons mis au point un outil d’auto-évaluation à l’intention des gouvernements afin de localiser, comprendre et corriger les faiblesses de l’État de droit au sein de l’administration publique. Cet outil utilise six principes clairement définis : la légalité, l’accessibilité, la responsabilité, la transparence, le droit à être entendu et le droit de faire appel. L’outil évalue « la gouvernance des prestations de services » d’un point de vue législatif afin d’analyser les lacunes entre l’offre (la définition des services et leurs conditions de prestation) et la prestation des services (leur distribution et leur réception). Ce projet est actuellement piloté aux Philippines, en Ukraine et en Sierra Leone. Il sélectionne les procédures et les services administratifs qui ont une action positive sur les droits, les libertés ou les intérêts des particuliers, notamment dans le secteur privé. Cette évaluation a pour but de garantir que des mesures soient prises pour améliorer les performances du secteur public. Les résultats révèlent que les fonctionnaires sont souvent peu au courant de la législation  Lire

      • Une réalité qui dépasse la fiction : un monde sans électricité | Bahareh Seyedi

        21 mai 2014

        image
        L'accès universel à des services énergétiques modernes est réalisable d'ici 2030. Il n'y a pas de barrières techniques fondamentales, et il existe des solutions éprouvées et innovantes.

        Cette semaine, le dernier épisode de Revolution, une série américaine de science-fiction, passera à la télévision. L’histoire se déroule 15 ans après qu’un cataclysme ait plongé la planète dans l’obscurité. Plutôt insolite comme entrée matière pour un blog du PNUD. Laissez-moi vous expliquer pourquoi. Loin d’Hollywood et du monde décrit dans cette série, 2, 6 milliards de personnes vivent sans outils de cuisson modernes et 1,3 milliard sans électricité. Notre alimentation, notre éducation, notre santé ou notre environnement, c’est notre vie quotidienne qui dépend de l’accès à l’énergie. En Afrique subsaharienne, près de 80 % de la population utilise encore du bois de chauffe, du charbon ou se sert de déchets animaux et d’autres carburants polluants. Rien qu’en 2012, la pollution atmosphérique a entraîné la mort de 4,3 millions de personnes, soit plus que la malaria et le VIH/sida réunis. En Inde, dont le quart de la population vit sans électricité, l’accès à l’énergie se traduit par un taux de scolarisation plus élevé. Les enfants peuvent étudier après le coucher du soleil, de même, des journées de travail plus longues permettent aux femmes de monter leur entreprise ou aux entrepreneurs de de créer de nouveaux emplois. Les Nations Unies, en collaboration  Lire

      • Pakistan : au parlement, les femmes œuvrent en faveur du changement

        19 mai 2014

        image
        RÉUNION D'UNE ORGANISATION COMMUNAUTAIRE DE FEMMES DANS LA COMMUNE DE Haripur, au Pakistan. ©PNUD AU PAKISTAN

        Au Pakistan, la réussite du processus d’édification nationale et la réalisation des objectifs de développement sont largement tributaires de la participation des femmes à la vie politique nationale. C’est pourquoi en 2002, le parlement pakistanais a mis en place un système de quotas permettant aux femmes d’occuper 17 % des sièges de l’ensemble des assemblées législatives. Même si elles représentent aujourd’hui 22 % des membres du parlement fédéral, de 2002 à 2007 les femmes n’ont pas pu accomplir grand chose, mise à part la Loi sur la protection des femmes. Elles ont toutefois accompli davantage au cours du mandat suivant (de 2008 à 2013), supervisant la mise en œuvre des politiques et soulevant des questions importantes au sein de chaque chambre. L’établissement de tels quotas ne peut pas, comme l’ont montré d’autres expériences à l’échelle mondiale, améliorer la qualité de la représentation des femmes. Ils ne fonctionneront pas tant qu’il ne leur sera pas permis de quitter leurs sièges et d’accéder aux fonctions plus importantes. Ces femmes ont remporté 13 sièges généraux en 2002, puis 16 en 2008. Elles n’ont cependant obtenu que 8 sièges à l’Assemblée nationale 2013.  Ces chiffres mettent en lumière la fragilité de la place des femmes dans  Lire

      • La violence envers les femmes : une réalité persistante en Amérique latine

        14 mai 2014

        image
        Beaucoup considèrent encore que les violences faites au femmes sont un sujet qui appartient au cercle privé. ©Revista Humanum/Tangi Bertin

        On ne peut qu’être sensible aux violences faites aux femmes quand on en est soi-même victime. Elles prennent des formes diverses et touchent un quart des femmes de la région selon l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS). Ces violences sont la cause première de décès chez les femmes de 15 à 49 ans, avant le cancer, le paludisme, les accidents de la route et la guerre. Cette année marque le 20ème anniversaire de la signature de la Convention interaméricaine sur la prévention, la sanction et l'élimination de la violence contre la femme, ou « Convention de Belém do Pará ». Où en sommes-nous aujourd’hui ? Moins d’un tiers des pays de la région (28 %) ont proposé des plans nationaux visant à répondre à ces questions et la plupart d’entre eux (78 %) les intègrent déjà dans leurs politiques de sécurité. Ces chiffres sont issus de l’analyse que nous avons menée dans 32 pays de la région et figurent dans l’étude Engagement des états : plans et politiques pour éradiquer la violence contre les femmes en Amérique Latine et aux Caraïbes. Cette étude met en lumière les principaux obstacles qui entravent l’action de l’État. Parmi eux, la fragmentation de la réponse institutionnelle, la déficience des coordinations et des  Lire

      • Six mois après le passage du typhon Haiyan : un départ prometteur pour la reconstruction aux Philippines

        08 mai 2014

        image
        Le typhon Haiyan a affecté plus de 142 000 pêcheurs qui, dans certaines régions, ont perdu 95% de leur équipement maritime et commercial lors de la tempête. ©PNUD Philippines

        Avec plus de 6 200 décès et plus de 4 millions de personnes déplacées, Haiyan est l’une des tempêtes tropicales les plus violentes jamais répertoriées. Six mois après son passage, on constate déjà les premiers signes du relèvement. Les routes ont été dégagées, plus de 120 000 habitations ont reçu de l’aide pour leur reconstruction, et pratiquement tous les hôpitaux et écoles endommagés ont rouvert. Même si on dispose aujourd’hui d’une meilleure idée des efforts à fournir, la population est malgré tout encore en grande difficulté. Ceux qui devaient déjà lutter contre l’extrême pauvreté avant le drame, dont un grand nombre issu de la région orientale de Visayas, doivent maintenant affronter un avenir incertain, sans opportunités d’emploi et dépourvu de perspectives économiques à long terme. La reconstruction de ces communautés pourrait prendre au moins dix ans. Face à l’urgence immédiate au lendemain de la tempête, la communauté internationale a fait preuve de générosité et d’efficacité. Cependant, le redressement des communautés après une catastrophe exige un engagement sur le long terme. Il ne suffit pas de reconstruire les habitations et les infrastructures vitales pour garantir la reprise des activités, il faut également assurer le renforcement de la résilience aux risques naturels. Les  Lire