Notre perspective

      • Entretien avec Lionel Laurens

        19 janv. 2015

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        Lionel à Freetwon, en Sierra Leone.

        Lionel Laurens est un professionnel du développement de nationalité française, qui travaille pour le PNUD depuis 10 ans. Il est motivé par un désir de contribuer à un monde plus égalitaire en aidant les populations à agir pour le développement de leur propre environnement. 1. En quoi consiste votre travail ?  Je suis actuellement  Coordinateur de la réponse immédiate à la maladie à virus Ebola pour le PNUD en Sierra Leone. Mon travail consiste à innover et à établir de nouvelles priorités pour nos activités en vue de répondre à la crise, en sensibilisant les groupes les plus marginalisés et les plus vulnérables de la société et en créant des partenariats avec ces groupes pour les sensibiliser à Ebola et faire en sorte qu’ils adoptent des comportements sans risque.  2. Où étiez-vous auparavant ?  J’ai commencé à travailler pour le PNUD au Laos avec le Programme de développement rural national. J’ai ensuite travaillé en Afghanistan, où je gérais le programme national de développement axé sur les régions, puis en Irak, où j’ai d’abord géré le programme local de développement axé sur les régions, puis un sous-groupe de programmes portant sur la réduction de la pauvreté et les Objectifs du Millénaire pour le développement, l’accès  Lire

      • S’adapter et réagir positivement pour une réponse efficace aux crises

        13 janv. 2015

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        La Sierra Leone a commencé à utiliser un nouvel équipement écologique pour la stérilisation du matériel contaminé et des déchets infectés au cours du traitement des malades d'Ebola. Photo: Lesley Wright/PNUD

        Quand je suis arrivé en Sierra Leone en juillet 2014, dans le cadre d'une mission temporaire, l'épidémie d'Ebola avait atteint des proportions inégalées. L’action du PNUD n’était plus considérée comme prioritaire, l'organisation étant jugée peu outillée pour faire face à une crise humanitaire. Pourtant nous disposons de ressources programmables, de relations solides avec le gouvernement et les autres parties prenantes mais aussi et surtout, d'un personnel désireux de contribuer à la lutte contre Ebola. Mon travail, en tant que Coordonnateur de la Réponse immédiate, consiste en grande partie à concevoir et à mettre en œuvre des programmes innovants, expérience qui s'est avérée utile pendant la crise Ebola. J'ai aidé notre bureau de pays à redéfinir les activités prioritaires, en associant partenaires et groupes marginalisés à ce travail, pour identifier les interventions les plus utiles et les plus urgentes. Ensemble, nous avons élaboré un plan d’action sur la base des activités en cours tout en prenant en compte les besoins essentiels des populations en termes de prévention. C'est ainsi que nous avons pu : 1. collaborer avec des ONG locales et le gouvernement pour former 300 volontaires issus des communautés isolées et organiser des campagnes d'information et de sensibilisation, touchant 500.000 personnes dans les bidonvilles  Lire

      • La mangrove, un atout dans la lutte contre le dérèglement climatique

        13 janv. 2015

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        La déforestation et la dégradation des écosystèmes accentuent la vulnérabilité d'Haïti aux catastrophes naturelles. Nous soutenons le pays dans la gestion des écosystèmes et l’adaptation au changement climatique.

        Haïti réunit pratiquement toutes les conditions de vulnérabilité au changement climatique : déforestation, forte exposition aux cyclones, mauvaise planification de l’aménagement du territoire, pauvreté et surexploitation des ressources naturelles. Ajouté à cela, la population, par manque d’éducation, peine à se connecter de façon pratique et réelle à cette thématique. Les mangroves n’échappent pas aux effets néfastes du dérèglement climatique. Ces écosystèmes naturels dépendent de conditions extrêmement sélectives pour leur survie : salinité, durée d’inondation, taux de sédimentation – autant de paramètres qui sont sensibles au changement climatique. Or les mangroves ont une importance capitale, tant sur le plan écologique qu’économique, et représentent, avec la forêt tropicale humide, un des écosystèmes les plus productifs sur terre. Ainsi, les eaux littorales bordant les mangroves sont généralement riches en crabes, crevettes et poissons, qui viennent s'y reproduire. La disparition globale des mangroves est estimée à environ 2% par an, avec des pertes comprises entre 35 et 86% selon les lieux. C’est extrêmement préoccupant, d’autant que cette progression peut s’accélérer selon l’évolution du niveau des mers, un autre effet du changement climatique. Dans la commune d’Aquin au sud d'Haïti, la coupe effrénée des palétuviers qui constituent une barrière de défense naturelle pour la zone côtière, met en  Lire

      • Haïti mieux préparée à faire face aux catastrophes

        12 janv. 2015

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        (Photo: PNUD/Haiti)

        Ce 12 janvier 2015, Haïti commémore le cinquième anniversaire du tremblement de terre. Si le souvenir de cet évènement est encore douloureux, le pays sort néanmoins de son état critique pour se tourner résolument vers un développement à long terme.   Comme dans beaucoup d’autres pays, les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont un facteur de croissance. Le taux de scolarisation dans l’enseignement primaire est passé de 47 % en 1993 à 88 % en 2011, avec seulement un léger écart entre garçons et filles. Le nombre d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’insuffisance pondérale a baissé de moitié, la prévalence au VIH/Sida s’est stabilisée et la proportion de ménages ayant accès à l’eau potable a presque atteint les 70%. Cependant, six millions d’habitants (60 % de la population) vivent toujours avec moins de 2,5 USD par jour. Alors qu’elles mènent près de 50% des ménages, les femmes n’occupent que 4% des sièges au Parlement. La déforestation et la perte de biodiversité sont des menaces constantes pour l’environnement et 62 % de la population urbaine vit dans des conditions très précaires. En dépit de ces obstacles et de la fragilité politique et structurelle, le pays a réalisé des  Lire

      • Ebola : Le relèvement doit commencer maintenant

        06 janv. 2015

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        Agent de santé en Sierra Léone. Photo: Lesley Wright / PNUD

        Les répercussions sociales et économiques de la crise d’Ebola se feront ressentir dix ans après que la maladie sera éradiquée. En Guinée, au Libéria et en Sierra Leone, tous les secteurs ont été durement affectés par l’épidémie. Selon nos estimations les plus récentes, la croissance du PIB au Libéria pourrait être négative pour la première fois depuis la fin de la guerre il y a 11 ans, pour atteindre -1,8%.   Dans ces trois pays, le trafic aérien est ralenti, les concessions minières et d’huile de palme ont été sérieusement affectées, de même que l’agriculture et le petit commerce, paralysés par les quarantaines et les restrictions de déplacement. Comme les économies nationales sont presque au point mort, les gouvernements ne peuvent pas lever d’impôts et investir dans les infrastructures et les services sociaux. Plus de 800 000 femmes vont accoucher au cours des 12 prochains mois. Mais, avec la pénurie de services sanitaires et de professionnels de la santé, à laquelle s’ajoute la peur d’être infectées dans une clinique, un grand nombre d’entre elles pourraient mourir faute de soins appropriés. Cinq millions d’enfants ne sont plus scolarisés, parce que leurs écoles ont fermé. En dehors des pertes personnelles, l’immense majorité des gens ont de plus  Lire

      • Les leçons du passé aident à préparer l’avenir

        22 déc. 2014

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        L’expérience acquise à Tacloban, aux Philippines, a été riche d’enseignements. Photo: PNUD aux Philippines

        Un vieux proverbe chinois dit que « si tu prévois pour un an, plante du riz ; si tu prévois pour dix ans, plante des arbres ; si tu prévois pour la vie, éduques la population. » Notre mandat nous enjoint depuis longtemps d’aider les pays à surmonter les catastrophes. Mais cet objectif est devenu prioritaire après le tsunami de 2004 dans l’Océan indien. Depuis, nous travaillons en étroite collaboration avec les gouvernements d’Asie et du Pacifique pour mieux protéger les communautés et lancer des alertes précoces aux populations à risque à l’approche d’une catastrophe naturelle. Ce type de soutien, d’échange, de formation et d’éducation n’est pas resté sans effet. Ainsi, dans le cas très récent du typhon Hagupit (Ruby), les préparatifs et la planification ont joué un rôle vital, semble-t-il, même si ce cyclone n’a pas été aussi puissant qu’Hayan. Ils ont permis de sauver des vies lorsque le typhon s’est abattu en plusieurs points de la côte est des Philippines. Nous avons ainsi pu constater au cours des dernières années que les pertes en vies humaines ont été moins nombreuses dans des régions où le bilan se montait auparavant à des milliers, voire des dizaines de milliers de morts. Mais il reste beaucoup à  Lire

      • Comment financer le programme de développement pour l’après-2015 ?

        19 déc. 2014

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        @ Benoit Almeras-Martino / PNUD en RD Congo

        Les Objectifs de développement durable (ODD) sont bien plus ambitieux que les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), qui les ont précédés. Outre les défis liés aux OMD tels que l’éradication de la pauvreté, ce nouveau cadre stratégique englobe des problématiques telles que le changement climatique, la paix et la sécurité. Dans cette perspective, nous aurons besoin de beaucoup plus de financements, qu'ils soient publics ou privés, nationaux ou internationaux. La source de ces financements reste néanmoins à définir. La plupart des pays reconnaissent la nécessité de mobiliser davantage de ressources nationales, et des progrès considérables ont été accomplis à ce niveau au cours des dix dernières années. Bon nombre d’entre eux soulignent toutefois que l'aide publique au développement (APD) continuera de jouer un rôle important pour l’après-2015. Les donateurs devront par conséquent honorer leurs engagements. Helen Clark, l’Administrateur du PNUD, a mis en exergue les 3 points suivants dans son discours à l’occasion de la première session de préparation de la conférence des Nations Unies sur le financement du développement qui aura lieu à Addis-Abeba en juillet 2015: 1) L’APD et les financements publics internationaux demeureront indispensables après 2015. Il est clair cependant que les coopérations internationales allant au-delà  Lire

      • La réponse à Ebola ne doit pas négliger les femmes | Randi Davis et Susana T. Fried

        15 déc. 2014

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        Reconnaître les effets dévastateurs de l’épidémie d’Ebola sur les femmes est un premier pas, mais il faut aller plus loin © 2014 Morgana Wingard

        Les leçons tirées de la lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose, trois maladies pour lesquelles les femmes paient un lourd tribut en Afrique subsaharienne, pourraient, si l’on en tient compte, contribuer à endiguer l’épidémie d’Ebola. Les femmes sont à l’évidence les premières à pâtir de la crise. Elles sont généralement plus exposées à la maladie, car c’est souvent à elles que revient la charge de soigner les malades de leur famille. Ce sont elles qui prodiguent les soins infirmiers, assurent les fonctions de guérisseur traditionnel, de femme de ménage et de blanchisseuse dans les dispensaires. Et ce sont encore les femmes qui ont la charge de préparer les corps pour les funérailles, autrement dit, celles qui lavent les cadavres encore porteurs du virus. Il y a peu de données fiables ventilées par sexe sur l’épidémie actuelle, mais certains rapports laissent à penser qu'Ebola a des effets particulièrement destructeurs pour les femmes. Les dispensaires étant saturés, les femmes enceintes n’ont plus accès aux services obstétriques courants et d'urgence. Avec la fermeture des frontières et les restrictions de déplacements, il est difficile pour les petits exploitants agricoles, essentiellement des femmes, d’aller vendre leurs produits sur les marchés communautaires. Et les  Lire

      • Un monde sans pauvreté est-il possible ? | Magdy Martínez-Solimán

        12 déc. 2014

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        Photo : Benoit Almeras / PNUD en RD Congo

        Nous savons tous que l’Objectif du Millénaire pour le développement visant à diminuer de moitié la proportion de ceux qui vivent avec moins de 1,25 dollar par jour a été atteint cinq ans avant la date boutoir de 2015. Mais quel contraste entre la Chine, le Brésil, l’Inde, le Mexique et certaines nations africaines à la prospérité croissante et le reste de l’Asie du Sud et de l’Afrique subsaharienne, dont près de la moitié de la population reste extrêmement pauvre ! Pourquoi près d’un milliard d’individus sont-ils restés à l’écart du processus ? Les raisons en sont multiples, mais deux d’entre elles réclament notre plus grande attention : l’exclusion et la vulnérabilité aux chocs. Les gens restent pauvres ou retombent dans la pauvreté à cause de conflits, de catastrophes naturelles ou de tout autre choc que les ménages et les communautés sont incapables de surmonter. Si nous n’intervenons pas, l’actuelle épidémie d’Ebola effacera les acquis de la paix et du développement pour une génération au moins. Nous pouvons y ajouter les nouveaux pauvres de l’Europe après la crise économique, ou le problème des personnes déplacées par les conflits. Leur nombre, tant pour les déplacés internes que pour les réfugiés ayant fui leur pays, a  Lire

      • Rompre la chaîne de la corruption : notre responsabilité à tous

        09 déc. 2014

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        En Inde, le PNUD et le Ministère de la justice sensibilisent plus de deux millions de personnes, les informant de leurs droits dans le but de permettre un accès équitable à la justice pour tous. Crédit photo: Shubhangi Singh / PNUD Inde

        La corruption est partout, l’ampleur et la complexité du problème, fait croire à certains que la situation est sans espoir. Pourtant, exiger des pouvoirs publics qu’ils soient plus ouverts, responsables et réceptifs aux demandes des citoyens, ce n’est pas un choix mais une responsabilité qui incombe à chacun de nous. Pour « rompre la chaîne de la corruption » et faire en sorte que ce combat devienne un mouvement mondial, le PNUD et l’ONUDC (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime), lancent une campagne mondiale à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre la corruption. Le message est simple : « Il est de la responsabilité de chacun de reprendre ce que des pratiques corrompues nous ont fait perdre. » Nos gouvernements et les organisations de la société civile, le secteur privé et les médias, le public et la jeunesse, doivent jouer un rôle pivot pour que cette demande soit satisfaite, afin de bâtir un avenir sur des fondations solides et honnêtes. Il y a de bonnes raisons pour que chacun se sente concerné par la lutte contre la corruption. Elle entrave la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Lorsqu’on détourne l’argent public à des fins privées, on consacre  Lire