Notre perspective

      • Budgétiser le changement climatique et les catastrophes

        13 déc. 2012

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        En ce moment, c’est la saison des phénomènes météorologiques extrêmes dans une grande partie du monde. Des cyclones meurtriers, des pluies aveuglantes provoquant inondations et coulées de boue sont en passe de devenir la norme, depuis les Philippines jusqu’à Haïti en passant par le Pakistan. La planète est désormais balayée à tous vents par des tempêtes et des inondations dont la fréquence et la férocité continuent d'augmenter, les coûts du relèvement s’avérant de plus en plus élevés. Comment les pays trouvent-ils aujourd’hui les fonds nécessaires à la construction de routes, de ponts, d'écoles et autres infrastructures vitales « résilientes face au climat » pour éviter de subir davantage de pertes à l’avenir ? On pourrait, bien entendu, augmenter les financements internationaux en vertu du principe de responsabilité commune mais différenciée. Cela signifie que les pays développés doivent jouer un rôle prépondérant dans la lutte contre le changement climatique et ses effets néfastes en prenant la tête des initiatives dans ce domaine. En effet, ne sont-ils pas plus susceptibles que les pays en développement de disposer des capacités techniques et économiques requises pour s’attaquer au changement climatique ? Une autre partie de la solution réside dans la nécessité, pour les pays en  Lire

      • Discussions sur le changement climatique à Doha : quels enjeux pour les pays pauvres ?

        03 déc. 2012

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        L'adaptation au changement climatique en Inde Photo: PNUD Inde

        Alors que des milliers de personnes se réunissent cette semaine à Doha pour aborder le dernier volet des discussions relatives au climat, il est important de souligner les conséquences que pourrait entrainer l’absence de progrès dans ce domaine pour les pays les moins développés. Dans les pays en développement, ce sont les populations pauvres qui courent le plus grand risque face au changement climatique. Celui-ci amplifie des vulnérabilités existantes, comme par exemple en Afrique, où ce sont les populations pauvres qui sont les plus touchées par la sècheresse, les inondations, la famine et autres effets du changement climatique. Si nous ne parvenons pas à faire un pas vers un nouvel accord global sur le climat, nous risquons de compromettre les avancées réalisées jusqu’ici dans les pays en développement et de mettre en danger la vie, les moyens d’existence et l’avenir de leurs populations.   Nul besoin d’attendre que les Etats Membres des Nations Unies parviennent à un accord global sur le climat ou qu’ils finissent de négocier le programme de développement post-2015. Il y a suffisamment à faire au niveau des gouvernements sous-nationaux, des communautés, de la société civile et du secteur privé. C’est d’ailleurs à ce niveau-là que résidait une  Lire

      • La lutte contre le sida, un combat toujours d’actualité

        29 nov. 2012

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        Programme de prévention et de soins VIH / SIDA au Sud-Soudan. Photo: PNUD au Sud-Soudan

        Les actions menées contre le VIH à travers le monde ont accompli des progrès remarquables. À la fin de l’année 2011, plus de 8 millions de personnes avaient accès à un traitement indispensable à leur survie, soit une augmentation de 20 % par rapport à 2003. Les nouvelles infections à VIH ont également diminué sensiblement dans de nombreux pays, notamment parmi ceux qui enregistrent une forte prévalence du virus. Cependant, l’exclusion sociale, les inégalités et les violations des droits de l'homme continuent de favoriser la propagation de l’épidémie et d’autres maladies, qui frappent de manière disproportionnée les femmes et les populations marginalisées. Celles-ci englobent notamment les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les consommateurs de drogues, les professionnel(le)s du sexe et les personnes transsexuelles. D’après un rapport de la Commission mondiale sur le VIH et le droit daté de 2012, les environnements juridiques discriminatoires et punitifs, la violence et autres sévices contribuent également à la propagation du VIH. Une meilleure application des mesures législatives protectrices, combinée à des politiques de protection sociales couvrant les personnes touchées par le virus, pourront permettre la mise en œuvre d’actions efficaces et inclusives, susceptibles de réduire à leur tour les inégalités et  Lire

      • La justice internationale commence chez soi

        21 nov. 2012

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        Des juges timorais prête serment. Crédit: PNUD au Timor-Leste

        Pour les pays qui se remettent d’un conflit et les sociétés qui tentent de surmonter des traumatismes liés à la violence, le rétablissement de la justice et la condamnation de ceux qui violent les droits de l’homme peuvent constituer des premiers pas  capitaux vers la consolidation de la paix. En mars, la Cour pénale internationale (CPI) a rendu sa première sentence depuis sa création en 2002. Elle est chargée de l’investigation et de la poursuite des responsables de génocides et de crimes contre l’humanité. Le chef de guerre congolais Thomas Lubanga Dyilo a été déclaré coupable d’avoir utilisé des enfants de moins de 15 ans dans des conflits armés. Ce jugement marque le début d’une ère nouvelle, où la CPI sert de tribunal de dernier ressort. Cette notion de « complémentarité » constitue le principe fondateur de la CPI, qui estime que la responsabilité d’investigation et de poursuite des crimes graves incombe aux autorités nationales et aux États. Si les pays le désirent et le peuvent, la justice sera mieux rendue là où les crimes ont été commis. Cependant, la plupart des pays qui sortent d’une période de conflit n’ont pas les moyens de mener de telles investigations. Même s’il existe  Lire

      • La transition démocratique exige des dirigeants courageux

        09 nov. 2012

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        Élections à l'Assemblée constituante, Tunisie 2011

        Nous avons récemment été témoins de changements dramatiques dans de nombreuses régions du monde. Des dirigeants autocratiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont été évincés ou forcés de démissionner. Le Myanmar a choisi avec détermination la voie de la réforme. Des facteurs économiques, sociaux et politiques sont à l’origine de ces changements sociaux qui ont conduit la population à demander « pain, liberté et dignité » sur la place Tahir en Égypte, où nous avons constaté qu’une transition politique peut – bien que rarement — s’effectuer du jour au lendemain. Mais les régimes autocratiques laissent des legs, des structures économiques, des systèmes d’incitation et des institutions qui ne disparaissent pas dès qu’un dictateur quitte le pouvoir ou s’en écarte. Les droits politiques, les droits de l’homme, les politiques progressives sociales et économiques, l’attribution équitable des emplois et la primauté de l’état de droit, ne succèdent pas automatiquement aux moments de changements politiques importants. L’un des premiers choix que doivent faire ceux qui dirigent le processus de transition est donc de favoriser l’inclusion lorsqu’ils commencent à définir leur futur. Pour la légitimité et la longévité, le dialogue avec toutes les personnes concernées — la société civile, les universitaires, l’élite du  Lire

      • En souvenir des nombreuses victimes du cyclone Sandy

        09 nov. 2012

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        Les Conséquences de l'ouragan Sandy à Cuba. Photo ONU / PNUD / AIN FOTO / Juan Pablo Carreras

        Le cyclone Sandy a tué plus de 110 personnes en touchant les États-Unis le 29 octobre. Le coût des dégâts a été estimé à plus de 50 milliards de dollars aux États-Unis et la vie de millions de personnes a été bouleversée à New York, où je vis. Mais l’Amérique du Nord n’a été que le dernier des nombreux arrêts du parcours destructeur de Sandy. Sandy a été l’un des plus importants cyclones atlantiques jamais enregistrés. Les Bahamas, Cuba, la République dominicaine, la Jamaïque et de nombreux autres pays ont subi des pertes terribles. En Haïti, qui ne s’est pas encore complètement remise du tremblement de terre de 2010, plus de 54 personnes ont péri et plus de 200 000 personnes sont sans abri. Les agents de santé se démènent pour faire en sorte que les dommages de l’ouragan n’accélèrent pas la propagation de maladies infectieuses, notamment du choléra. À Cuba, près d’un million de personnes a été directement touché ; les toits de plus de 43 000 foyers ont été arrachés par les grands vents ; et au moins 375 centres sanitaires et 2 100 écoles ont été endommagés, tandis que de nombreux ponts et routes sont devenus impraticables. En  Lire

      • Il faut agir maintenant pour stopper le changement climatique

        08 nov. 2012

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        Une femme traverse un marché inondé à Port-au-Prince. L'ouragan Sandy est passé à l'ouest d'Haïti le 25 Octobre 2012. Photo Logan Abassi ONU / MINUSTAH

        Les ravages causés par l‘ouragan Sandy nous rappellent une fois de plus le potentiel destructeur des phénomènes météorologiques extrêmes – même dans un pays développé tel que les États-Unis, et même avec des mécanismes d’alerte et  d’aide d’urgence rapides. De Kingston en Jamaïque au quartier de Jamaica à New York, cet ouragan a eu un effet dévastateur qui, selon le Maire de New York, a encore été aggravé par le changement climatique. Mais, tandis que les pays développés consacrent des fonds toujours plus importants à créer des systèmes de protection contre les inondations, indemniser les agriculteurs et ajuster leurs thermostats aux étés de plus en plus chauds, les conséquences du changement climatique en Afrique s’avèrent catastrophiques : les récoltes sont mauvaises, les populations souffrent de la faim. Nous pourrions, en tant que communauté mondiale, passer à des économies vertes et inclusives qui corrigent les inégalités, encouragent le développement, et mettent un frein aux attaques constantes que subit notre écosystème. Pourquoi, dans ce cas, le monde ne fait-il pas plus d’efforts? Au niveau mondial, les réponses politiques restent très en retard par rapport aux recommandations faites par les scientifiques. On peut invoquer en premier lieu la brièveté des mandats politiques qui  Lire

      • Lutte contre la corruption : des raisons d’être optimistes

        07 nov. 2012

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        "La lutte contre la corruption est l’affaire de tous" Photo: Kenny Miller / Creative Commons

        Chaque année, la corruption coûte plus de 5% du PIB mondial (2,6 billions de dollars), selon certaines estimations. Mais son coût en termes de dignité humaine est incalculable. La corruption sape la démocratie et les droits des communautés. En particulier celles qui vivent sur les terres de leurs ancêtres, au-dessus de ressources minérales ou entourés de biens appartenant au patrimoine commun.  Ces communautés risquent alors d’être exploitées par des entreprises ou des groupes d’intérêt qui s’arrangent pour ignorer ou contourner les mesures de protection sociale ou environnementale. Des procès pour corruption très médiatisés et la publication de listes de ressources ayant disparu de façon illicite ont fait croire à beaucoup que la lutte contre la corruption était une cause perdue. La faiblesse des agences anti-corruption, la porosité des institutions et l’opacité du financement des partis politiques ne fait que les conforter dans leur opinion. Il me semble pourtant que nous avons des raisons d’être prudemment optimistes pour les raisons ci-dessous. Premièrement, même si des lacunes persistent dans la pratique et l’application des lois, les instruments mondiaux et autres initiatives internationales ont gagné en nombre et en notoriété au fil des ans. Que ce soit au travers de conventions diplomatiques internationales, de  Lire

      • Hommes du monde entier, unis pour émanciper les femmes

        05 nov. 2012

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        L'autonomisation des femmes nous concerne tous. Photo: PNUD Inde

        Nous vivons dans un monde encore profondément injuste, où naître homme ou femme n’a pas la même valeur. Les femmes représentent 70 % de la population mondiale vivant en dessous du seuil de pauvreté. A travail égal, leurs salaires sont de 10 % à 30 % inférieurs à ceux des hommes . Elles sont propriétaires d’un pour cent des terres cultivables, bien qu’elles représentent 80 % de la main-d'œuvre agricole. Pire, deux tiers d’entre elles (60 %) subissent des violences (physique, sexuelle, psychologique ou économique) au sein ou à l’extérieur de leurs foyers. Continuer à nier cette réalité ou faire assumer aux femmes la responsabilité « d’agir à ce propos » aggrave cette injustice. Il faut agir, comme le font depuis des années les mouvements féministes, mais cette fois en nous joignant à elles, nous les hommes. Une voie encore à explorer consiste à renverser les mythes fondant et étayant l’inégalité entre hommes et femmes : comment se fait-il que de nombreux hommes croient encore être supérieurs aux femmes ? D’où vient cette façon de penser ? Pourquoi persiste-t-elle ? Nos relations sociales obéissent aussi à un système patriarcal, structuré de façon hiérarchique. Ce système place les hommes dans la sphère  Lire

      • L’Amérique latine et les Caraïbes ont une dette envers les jeunes

        16 oct. 2012

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        Plus de 30 organisations de jeunes provenant de la région, ainsi que de jeunes militants, des dirigeants politiques et des représentants gouvernementaux étaient présents. (Photo: PNUD Mexique)

        Je reviens d’une réunion de trois jours à Mexico où la participation des jeunes dans la politique et leur rôle dans la consolidation de la démocratie en Amérique latine et dans les Caraïbes ont été débatues. Plus de 30 organisations de jeunes provenant de la région, ainsi que de jeunes militants, des dirigeants politiques et des représentants gouvernementaux étaient présents.   La question est cruciale et ne concerne pas uniquement la région. Près de la moitié de la population mondiale a moins de 25 ans et plus d’un tiers de la population a entre 12 et 24 ans. Ce facteur démographique conjugué aux injustices auxquelles fait face la jeunesse, et aux mouvements sociaux dont nous avons été récemment témoins, ceux du Printemps arabe, du 15 mai en Espagne, du Mouvement Yosoy132 au Mexique et les turbulences estudiantines du Chili, soulignent qu’il est important de redoubler nos efforts pour répondre aux besoins et aux aspirations de la jeunesse actuelle, et aux appels à la reconnaissance du rôle vital des jeunes dans la promotion du changement social.   Parmi les 600 millions de personnes vivant en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, plus de 26 pour cent ont entre 15 et 29  Lire