Notre perspective

      • De la crise à la résilience : pourquoi l'inégalité compte-t-elle ?

        17 août 2012

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        A Kanchipuram, petite ville rurale dont l'économie est tributaire du tourisme, en Inde, les femmes travaillent ensemble pour aider la communauté à avancer. ©PNUD IPC-IG/Isa Ebrahim Ali

        Les crises financières et économiques sont si fréquentes qu'elles semblent être devenues une caractéristique systémique de l'économie internationale. Il nous faut repenser les causes profondes de ces crises, reconnaître leur impact unique sur les pays en développement et trouver les moyens de rendre ces économies émergentes plus résilientes à ces chocs majeurs. Pour certains spécialistes, les crises monétaires, de la dette ou bancaires sont essentiellement dues aux systèmes financiers déséquilibrés et fragiles des économies en développement. Mais, cette hypothèse suppose une autorégulation et une efficacité inhérente des marchés, ce qui reste à prouver dans de nombreux cas. D'autres privilégient l'identification des causes structurelles et des voies par lesquelles les économies s'exposent aux crises. Pour les tenants de cette approche, la dépendance croissante des exportations augmente la vulnérabilité de nombreux pays en développement aux chocs économiques et financiers, même si les experts divergent sur les détails. Mais, l'inégalité croissante des revenus aussi fait planer des risques sérieux. Aujourd'hui, les cinq pour cent les plus riches du monde gagnent en 48 heures le revenu annuel des plus pauvres. Cette montée fulgurante de l'inégalité favorise l'inefficacité, l'instabilité, les investissements à risques et une baisse globale de productivité. Pour élaborer des politiques qui renforcent la  Lire

      • Réduire les risques de catastrophe et renforcer la résilience

        15 août 2012

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        Des ouvriers haïtiens, travaillant pour un projet "Argent contre travail" de l'ONU, forment une chaîne pour se passer des pierres, près de Port-au-Prince. Photo : ONU/Logan Abassi

        Au cours de la seule année 2011, près de 30 000 personnes ont perdu la vie dans 302 catastrophes naturelles, et 206 millions d’individus ont été touchés par ces événements. Au-delà des pertes en vies humaines, les coûts générés par les catastrophes ont été estimés à plus de 2 mille milliards de dollars des États-Unis au cours des vingt dernières années. Les séismes et les violentes catastrophes liées au climat ont contribué à faire de 2011 l’année la plus coûteuse en termes de réponse et de relèvement après les catastrophes. Pourtant, nombreux sont les pays qui n’investissent toujours pas de manière satisfaisante dans la prévention et la préparation, et bon nombre d’acteurs du développement n’accordent pas encore la priorité suffisante à cet effort dans l’attribution de l’aide aux pays pauvres. Des inégalités criantes persistent, compte tenu que les risques de catastrophe, au plan mondial, sont concentrés de manière disproportionnée dans les pays les plus pauvres ne disposant pas d’une bonne gouvernance. Du point de vue du développement, la réduction des risques de catastrophe apparaît ainsi comme une nécessité vitale pour la construction d’un futur plus équitable et plus durable. Par conséquent, les investissements en matière de prévention et de préparation, notamment  Lire

      • L'accès à la technologie peut aider à prévenir les conflits

        07 août 2012

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        A Muhanga, en RD Congo, de jeunes garçons montrent fièrement leurs téléphones cellulaires. Photo: UNESCO/ Ian Redmond

        Cette dernière décennie a été marquée par des progrès technologiques qui nous permettent de mieux comprendre d'autres peuples et d'améliorer notre capacité à écouter les autres. Plus de cinq milliards de personnes à travers le monde —environ 77 pour cent de la population mondiale —possèdent ou ont accès à un téléphone portable et les dix principaux sites de réseau social dans le monde cumulent plus de 4,6 milliards d'utilisateurs.     Avec la baisse du prix des technologies, de plus en plus de personnes qui n'avaient pas accès à ne serait-ce qu' un téléphone il y a encore dix ans, peuvent désormais utiliser ces nouveaux outils pour améliorer leurs vies; gérer un commerce; demander une aide d'urgence; défendre leurs propres intérêts; et également participer à la prévention de conflits. Les artisans de la paix tirent maintenant parti de ces nouvelles possibilités de réduire les conflits à l'échelle locale et mondiale. Par exemple, lors du référendum constitutionnel de 2010 au Kénya, des observateurs du processus de paix ont été formés, avec le soutien du PNUD, à reccueillir des informations et répondre rapidement aux messages reçus par SMS, permettant ainsi aux comités de paix locaux d'intervenir et d'atténuer les conflits naissants. Plus de 16  Lire

      • Un pas en avant dans la lutte contre les violations des droits de l'homme liées au VIH

        02 août 2012

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        Une femme et son enfant à Epembe, Kaokoland, Namibie (UN Photo/Alon Reininger)

        Dans une décision historique mais passée quasiment inaperçue, un tribunal namibien a statué cette semaine que des hôpitaux publics avaient illégalement stérilisé trois femmes séropositives. Bien que le juge n'ait établi aucun lien direct entre la séropositivité de ces femmes et leur stérilisation, sa décision ouvre la voie à des actions judiciaires par d'autres femmes qui prétendent avoir été contraintes de subir une stérilisation du fait qu'elles étaient contaminées par le virus qui provoque le sida, dans le cadre d'un effort visant à ralentir la propagation de la maladie dans ce pays du sud de l'Afrique. Ces femmes ont indiqué qu'on leur avait remis des formulaires autorisant la procédure juste avant ou après avoir donné naissance à leur enfant par césarienne, qu'elles l’ont signé à leur insu, alors qu'elles souffraient de douleurs aiguës ou qu'elles étaient en travail. Cette décision importante réaffirme les droits fondamentaux de toutes les femmes à bénéficier du principe primordial de consentement éclairé et souligne la vulnérabilité spécifique aux femmes et aux filles vivant avec le VIH en ce qui concerne leurs droits reproductifs.   Un rapport qui vient d'être publié par la Commission mondiale sur le VIH et le droit, une commission indépendante convoquée par le  Lire

      • Myanmar : des problèmes humanitaires risquent de retarder le développement

        31 juil. 2012

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        Une fillette originaire du Myanmar fréquente l’école dans un camp de réfugiés à l’est du Bangladesh. Photo: Jared Katz, PNUD

        Le Myanmar est vulnérable aux catastrophes naturelles et aux crises humanitaires. Les Nations Unies et leurs partenaires, notamment les organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales travaillent avec la population pour l’aider à y faire face. La pire catastrophe naturelle, et la plus récente, est celle du cyclone Nargis, qui s’est abattu sur le Myanmar les  2 et 3 mai 2008. Il a fait environ 140 000 morts, en même temps que 2,4 millions de personnes gravement touchées par les suites du sinistre. Le 22 octobre 2010 dans l’État de Rakhine, sur la côte occidentale du pays, le cyclone Giri a fait 45 morts et affecté quelque 260 000 habitants. Le 24 mars 2011, un tremblement de terre d’une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter a frappé le sud de l’État de Shan, près des frontières thaï et lao. Ces catastrophes naturelles et d’autres encore ont causé des souffrances humaines incalculables. Des milliers de personnes ont dû reconstruire leur vie à partir de rien, et les conflits communautaires ont jeté sur les routes un grand nombre de personnes. Les populations locales et les représentants de l’État ont été les premiers à intervenir. Les voisins se sont héroïquement aidés les uns  Lire

      • SIDA : 2012 offre des raisons d’espérer et de nouvelles réponses

        26 juil. 2012

        La science donne à penser que venir à bout du sida est enfin à notre portée. Il nous faut maintenant réfléchir aux leçons à tirer de ces 3 décades d’action contre le sida et de la lutte menée dans le domaine des droits l‘homme, si nous désirons faire mieux pour apporter, à ceux qui en ont le plus besoin, ce que les meilleures innovations scientifiques ont à offrir. Plus de 8 millions de personnes vivant avec le VIH dans les pays pauvres ont reçu un traitement l'an dernier, contre 6,6 millions en 2010. Près de 60 pour cent des 1,5 millions de femmes enceintes vivant avec le VIH dans les pays pauvres ont également été traitées en 2011, afin que leurs bébés soient moins susceptibles d'être infectés. Depuis le début de l’épidémie, nous avons constaté que ce sont les inégalités sociales et structurelles qui entretiennent le VIH. Les présentateurs à la Conférence internationale sur le sida cette semaine ont lancé un appel pour favoriser des conditions juridiques et une action urgente contre l’ostracisme, la marginalisation, la discrimination et l’incrimination dus au statut sérologique, à l’orientation sexuelle et à l’identité sexuelle. Des recommandations sur ‘les risques, le droit et la santé’ avancées  Lire

      • Les acquis des femmes à Rio+20 : obtenir l’avenir que nous voulons en assurant l’égalité

        23 juil. 2012

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        Le programme de développement mondial connaît de grandes mutations : comment veiller à ce que les questions de genre soient alors dûment examinées dans ce processus? ©PNUD au Soudan du Sud

        L’agenda mondial du développement est en train de subir des changements radicaux. Comment donc s’assurer que les questions d’égalité des sexes soient adéquatement prises en compte dans cette situation en évolution? Rio+20 a réaffirmé les objectifs en vue d’un monde viable sur le plan économique, social et environnemental. Les représentants de plus de 100 gouvernements ont volontairement pris plus de 690 engagements, notamment cinq qui concernent spécifiquement l’égalité des sexes. Mais des questions d’importance critique demeurent : Rio+20 a-t-il véritablement représenté tous les citoyens du monde? Va-t-il contribuer à améliorer la condition de la femme dans le monde? Le document final de la conférence mentionne l’égalité des sexes dans 44 paragraphes. Les dirigeants du monde ont affirmé que l’égalité des sexes et la participation des femmes “revêtent une grande importance pour mener une action efficace dans tous les domaines du développement durable”. Le document final encourage donateurs et organisations non gouvernementales à tenir pleinement compte des engagements pris et des questions concernant l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes dans les programmes et politiques de développement. Le document recommande “de mettre en œuvre de manière intégrale et effective le Programme d’action de Beijing (et) le Programme d’action de la Conférence internationale  Lire

      • L’e-gouvernance, facteur de démocratisation dans les pays en développement

        18 juil. 2012

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        Le PNUD apporte son concours à 222 projets d’e-gouvernance et d’accès à l’information dans 92 pays.

        L’e-gouvernance (la gouvernance recourant aux technologies de l’information) se situe au cœur de l’exercice de deux droits essentiels à toutes les sociétés démocratiques: la liberté d’expression et l’accès à l’information. L’e-gouvernance, lorsqu’elle est efficace, constitue un moyen novateur et transparent d’offrir des services gouvernementaux et d’échanger l’information avec les citoyens de façon pratique, rapide et économique. La migration massive depuis les ordinateurs personnels vers les applications de téléphonie mobile est également porteuse de nouvelles opportunités. Plus de cinq milliards de personnes, soit quelque 77 % de la population du globe, possèdent un téléphone mobile ou y ont accès. Dans les régions sans électricité, ordinateurs ou accès à l’Internet, la téléphonie mobile contribue de plus en plus largement à répandre les services gouvernementaux, bancaires ou sanitaires. Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) apporte son concours à 222 projets d’e-gouvernance et d’accès à l’information dans 92 pays. Plus de 20 % de ces projets se concentrent sur l’emploi des technologies de l’information pour faciliter l’accès de la population à l’information publique, et 18 % sur l’amélioration des prestations de services. En Corée, pays qui a remporté le prix des Nations Unies pour l’e-gouvernance mondiale en 2010 et 2011, les citoyens  Lire

      • Nelson Mandela : une vie consacrée à la liberté et la justice

        18 juil. 2012

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        Nelson Mandela s'adresse au Comité spécial contre l'apartheid à l'Assemblée générale. Photo ONU / P. Sudhakaran

        La journée internationale Nelson Mandela est l’occasion de saluer cet homme extraordinaire, son combat en faveur de la liberté, de la paix et de la justice, ses services à l’humanité, et sa foi en un avenir meilleur. Nombreux sont ceux de ma génération qui ont été inspirés par Nelson Mandela, et qui ont été horrifiés par le régime odieux de l’apartheid en Afrique en Sud. Mandela a consacré sa vie à lutter contre ce système et pour l’avènement d’une nouvelle Afrique du Sud libre et démocratique. Dans ma lointaine Nouvelle-Zélande, la lutte pour la liberté en Afrique du Sud fut longtemps un facteur de division. Nos deux pays avaient une passion commune pour le rugby, et nos équipes nationales étaient généralement considérées comme les meilleures du monde. Mais l’équipe d’Afrique du Sud avait un défaut fondamental – elle était ségréguée. En Nouvelle-Zélande, les Maoris ont de tout temps été au devant de la scène à tous les niveaux de ce sport. Pourtant, jusqu’à leur tournée de 1960, les joueurs maoris n’étaient jamais sélectionnés lorsque les All Black se produisaient dans ce pays. Un mouvement anti-apartheid vit le jour, qui par la suite a organisé des campagnes concertées contre cette injustice. Lorsque  Lire

      • Le Soudan du Sud : bilan après un an d’indépendance | Lise Grande

        11 juil. 2012

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        Formation informatique pour les femmes au Soudan du Sud. Photo : PNUD Soudan du Sud.

        Saluons tout d’abord les réalisations du pays. Pendant la période de six ans couverte par l’Accord de paix global, les Sud-Soudanais ont réalisé d’énormes progrès. Au total, 29 ministères, 21 commissions, dix gouvernements d’État, un parlement national et dix assemblées législatives d’État ont été mis en place. Plus de deux millions de personnes sont retournées au Soudan du Sud, la fréquentation des écoles primaires a triplé, la rougeole n’a plus atteint des niveaux épidémiques et un réseau routier de 6 000 kilomètres raccordant les grandes villes et agglomérations a été ouvert. En dépit de ces progrès, le processus de consolidation de l’État auquel le Soudan du Sud fait face représente l’un des défis les plus importants de notre génération actuelle. Les indicateurs de développement humain comptent parmi les pires au monde : 80 pour cent de la population vit avec l’équivalent de moins de 1 dollar américain par jour et on estime à 4,7 millions le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire cette année. Moins de la moitié des fonctionnaires ont les qualifications requises pour leurs postes. Il reste encore beaucoup à faire pour s’assurer que les mesures proposées en matière de reddition de comptes et de transparence empêchent toute  Lire