Notre perspective

      • Systèmes de justice coutumiers : l’heure de l’engagement

        26 sept. 2012

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        Les femmes prennent part à une réunion de village en Inde. Photo: Sephi Bergerson / PNUD Inde

        Dans certains pays en développement, les systèmes de justice informels ou traditionnels résolvent plus de 80 pour cent des différends, allant des conflits liés au bétail aux litiges contractuels, en passant par ceux liés aux dots et aux divorces. L’impact de ces mécanismes est beaucoup plus important sur les femmes et les enfants. Un nouveau rapport (anglais), commandé par le PNUD, l’UNICEF et ONU-Femmes, et préparé par l’Institut danois des droits de l'homme, constitue à ce jour l’étude la plus complète dont disposent les Nations Unies sur ce domaine complexe de la justice. Il tire les conclusions de recherches menées au Bangladesh, en Équateur, au Malawi, au Niger, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Ouganda et dans douze autres pays en développement. Selon ses auteurs, ces systèmes font partie intégrante de la justice dans nombre de pays où le PNUD intervient pour améliorer les conditions, les moyens de subsistance et les capacités des institutions publiques. Les faits montrent l’impact direct de ces systèmes sur l’autonomisation des femmes et des enfants sur le plan juridique, s’agissant notamment des mariages et des divorces coutumiers, de la garde des enfants, des questions d’héritage et des droits de propriété. Le moment est venu de s’engager résolument en faveur  Lire

      • Chaque jour dans chaque pays - devrait et peut se dérouler sans violence | Helen Clark

        21 sept. 2012

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        International Day of Peace

        Plus d’un demi-million de personnes meurent chaque année de mort violente, que ce soit à cause de conflits armés, d’activités criminelles ou d’attaques dans leur propre foyer. Environ 1,5 milliard de personnes vivent dans des pays affectés par la guerre, la violence et/ou une criminalité élevée. L’absence de paix a un coût épouvantablement élevé. Les conflits armés terrifient les communautés et les empêchent de progresser en termes de développement. Le niveau de violence est parfois le reflet d’inégalités profondes en même temps qu’il les exacerbe. Par exemple, les femmes et les filles, qui sont victimes de discriminations dans beaucoup d’endroits, sont affectées de façon disproportionnée par les conflits armés. La guerre aggrave leur vulnérabilité économique et sociale. Nous pouvons relever ces défis de manière résolue, et le PNUD constate des progrès dans un certain nombre de pays où il est à l’œuvre. Par exemple : ·   Cette année, le Salvador a enregistré sa première journée sans assassinats depuis plus de trois ans. Les meurtres ont baissé de 12 pour cent en moyenne depuis l’introduction de zones sans armes. ·   Le Libéria est sur la voie du relèvement après des années de guerre civile et en 2013, on y célébrera une décennie  Lire

      • Est-ce la fin d’une insidieuse arme de guerre ?

        17 sept. 2012

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        Bombe à fragmentation intacte au mémorial de guerre à Séoul, en République de Corée. Crédit photo: Aaron Hartwell

        La première fois que j’ai entendu parler de « sous-munitions », c’était au Pakistan pendant les années 1990. Je travaillais là-bas et j’ai vu de jeunes Afghans qui en avaient ramassé et ce faisant, avaient perdu un bras, une jambe ou la vue. Les armes à sous-munitions détruisent des vies et trop souvent, dans trop de pays, ce sont des vies d’enfants. Elles ont tué des milliers de civils et continuent de poser un danger, car c’est généralement dans des zones peuplées qu’on les utilise. D’après un rapport récent, quelque 94 pour cent des victimes sont civiles. Comme ces armes ont très souvent des ratés, elles restent dangereuses pendant des années et continuent à tuer ou  mutiler « avec efficacité » longtemps après la fin d’un conflit. Les bombes à sous-munition qui n’ont pas explosé au moment de leur largage interdisent l’accès à des terres qui pourraient servir pour l’agriculture et le développement. Or, le déminage coûte cher et prend du temps. La semaine dernière, je me suis rendu à Oslo où des États, des organisations internationales et des ONG se retrouvaient pour la troisième Réunion des États parties à la Convention sur les armes à sous-munitions. Les Norvégiens, qui ont  Lire

      • Les nouvelles technologies jouent un rôle crucial dans le renforcement des démocraties

        17 sept. 2012

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        Fidji: Un représentant de la banque aide les clients à gérer leurs comptes bancaires électroniques. (Photo: Jeff Liew / FENU)

        Cette année, la Journée internationale de la Démocratie insiste sur le rôle crucial que peuvent jouer des citoyens informés, partout dans le monde, pour recueillir les bénéfices de la démocratie. Le Secrétaire Général des Nations Unies a appelé à faire preuve de créativité pour que tous aient accès à l’éducation, en insistant sur les sociétés en transition qui en ont le plus besoin et dont les habitants ont le plus à apprendre sur les droits et responsabilités qui découlent d’un système démocratique. L’appel à la créativité en matière d’éducation à la démocratie a une résonance toute particulière pour le PNUD. Depuis le début des années 1990, nous valorisons le potentiel transformateur des nouvelles technologies de l’information et des communications (TIC) pour le développement, en faisant la promotion de la cybergouvernance et de l’accès à l’information, dans le but avoué de donner aux populations les moyens de peser sur les décisions des pouvoirs publics. Les mouvements sociaux dont nous avons été témoins lors du Printemps arabe et ailleurs ont montré l’impact de ce phénomène, surtout à travers les réseaux sociaux et les technologies mobiles qui ont « démocratisé » l’accès à la sphère publique et donné une voix à ceux qui en  Lire

      • Après la conférence de l'ONU sur les armes légères, quelles stratégies pour réduire la pauvreté ?

        10 sept. 2012

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        Un enfant montre des balles tombées au sol à Rounyn, au Darfour-Nord. (Photo: la MINUAD / Albert Gonzalez Farran)

        Pas besoin de chercher bien loin pour constater l'impact de la violence armée. Il suffit de suivre l'actualité. Il y a deux semaines, l'Empire State Building de New York a été le théâtre d'une fusillade entre la police et un individu armé qu'elle tentait d'arrêter. Deux personnes ont été tuées et neuf blessées. L'année dernière, plus de 12 000 meurtres liés au trafic de drogue ont été commis au Mexique. On constate en moyenne, une mort par balle toutes les minutes dans le monde, tandis que 1,5 milliard de personnes vivent dans des pays en conflit ou à forte criminalité. Ces pays ne sont pas les seuls concernés : la mortalité liée à l'usage criminel d'armes à feu est également en hausse dans des pays réputés « paisibles ». La violence armée déstabilise les gouvernements légitimes et exacerbe la pauvreté. Pour le PNUD, c'est une problématique qui touche au développement. À l'occasion de la Conférence internationale sur la restriction du commerce illicite d'armes légères, qui a pris fin ce vendredi 7 septembre à New York, les États participants ont examiné la mise en œuvre du Programme d'action relatif aux armes légères, un engagement politique des États membres de l'ONU. Le Mexique  Lire

      • Rwanda : prévenir les catastrophes est essentiel pour le développement

        28 août 2012

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        La réalisation d’une réduction durable des risques de catastrophe implique la prise en compte d’une gamme d’opportunités élargie.

        Partout dans le monde, le nombre de catastrophes ainsi que la gravité de leurs conséquences sur le plan économique et humain sont en constante augmentation.  En 2011, les catastrophes naturelles ont tué plus de 30 000 personnes et touché de plein fouet 244 millions d’individus. Cette même année, les pertes économiques résultant de ces événements ont représenté 366 milliards de dollars, un chiffre record jamais égalé auparavant. Il n’est donc pas surprenant de constater que la vaste majorité des personnes touchées par ces événements vit dans les pays en développement, où les pauvres sont davantage exposés aux risques des aléas naturels. Cela est particulièrement vrai pour les populations les plus marginalisés, notamment les femmes et les filles. Le Rwanda ne fait pas exception à la règle. Cette année, les pluies torrentielles ont entraîné des inondations et des glissements de terrain sans précédent, tuant 32 personnes et détruisant plus de 1 400 habitations et quelque 2 222 hectares de terre.  L’étendue des dégâts a souligné les liens entre changement climatique, utilisation des sols et surpopulation, qui constituent autant de sérieux défis au développement pour le Rwanda. Le PNUD continue à soutenir le pays, dans le cadre de son programme de développement post-2015 pour la réduction des risques de catastrophe. Premièrement, le PNUD aide  Lire

      • Améliorer le développement humain des peuples indigènes : le modèle du Chiapas

        22 août 2012

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        Les populations indigènes du Chiapas, un des Etats les plus pauvres du Mexique, ont constaté des améliorations dans le développement humain après l'adoption depolitiques sociales axées sur les OMD. (© PNUD Mexique)

        À bien des égards, l'histoire n'a pas été tendre avec l'État du Chiapas, dans le sud-ouest du Mexique, où vit plus la forte population indigène du pays. La pauvreté y est chronique et l'État accuse du retard par rapport à la plupart des indicateurs socio-économiques. Toutefois, le Chiapas a récemment montré la voie en se fixant un agenda pour améliorer la vie de ses habitants. En 2009, il a adopté l'Agenda Chiapas-ONU et amendé sa constitution, qui est devenue la première au monde à prescrire une politique sociale guidée par les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Depuis, la lutte contre la pauvreté et ses origines y est devenue une priorité et l’on privilégie les initiatives visant à améliorer la santé, l'éducation et la durabilité environnementale et à combattre la faim extrême. Suite à cet amendement constitutionnel, les dépenses publiques du gouvernement fédéral, des États et des collectivités locales ont été alignées sur les OMD, avec à la clé des résultats spectaculaires en un temps record. Le Chiapas a enregistré des progrès dans le domaine de l'éducation, comme en témoignent ses taux d'alphabétisation et de scolarisation de 2008 à 2010. Pendant la même période, l'État a également réalisé les avancées  Lire

      • Que signifie Rio+20 pour le développement durable? | Helen Clark

        21 août 2012

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        Le défi découlant de Rio +20 consiste à savoir comment faire avancer les objectifs économiques, sociaux et environnementaux simultanément. Photo: PNUD Soudan

        La pertinence de sommets mondiaux comme Rio+20 tient à leur capacité à favoriser les contacts entre les acteurs mondiaux et à les amener à « penser globalement et agir localement ». Le document final de Rio+20, « L'avenir que nous voulons », s'achève sur ce constat : pour être efficace, le développement doit être durable. Il souligne le rapport entre protection de l'environnement et développement économique et insiste sur l'importance de la dimension sociale (ou humaine) du développement durable. Rio+20 pose le défi suivant : comment promouvoir simultanément les objectifs économiques, sociaux et environnementaux pour faciliter l'élaboration de politiques intégrées. Pour certains, croissance économique et protection de l'environnement ne vont pas de pair. Rio se situe à contre-courant de cette pensée et nous exhorte à identifier les moyens de promouvoir l'entrepreneuriat, la création d'emplois et la protection sociale tout en tenant compte de l'environnement. Les engagements pris par les entreprises, les banques de développement, les villes et les régions, les agences de l'ONU, les acteurs des ONG et de la société civile font partie des principaux acquis de Rio. Plus de 700 engagements officiels ont été enregistrés, et les promesses de dons s’élèvent à plus de 500 milliards de dollars. Ceci  Lire

      • De la crise à la résilience : pourquoi l'inégalité compte-t-elle ?

        17 août 2012

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        A Kanchipuram, petite ville rurale dont l'économie est tributaire du tourisme, en Inde, les femmes travaillent ensemble pour aider la communauté à avancer. ©PNUD IPC-IG/Isa Ebrahim Ali

        Les crises financières et économiques sont si fréquentes qu'elles semblent être devenues une caractéristique systémique de l'économie internationale. Il nous faut repenser les causes profondes de ces crises, reconnaître leur impact unique sur les pays en développement et trouver les moyens de rendre ces économies émergentes plus résilientes à ces chocs majeurs. Pour certains spécialistes, les crises monétaires, de la dette ou bancaires sont essentiellement dues aux systèmes financiers déséquilibrés et fragiles des économies en développement. Mais, cette hypothèse suppose une autorégulation et une efficacité inhérente des marchés, ce qui reste à prouver dans de nombreux cas. D'autres privilégient l'identification des causes structurelles et des voies par lesquelles les économies s'exposent aux crises. Pour les tenants de cette approche, la dépendance croissante des exportations augmente la vulnérabilité de nombreux pays en développement aux chocs économiques et financiers, même si les experts divergent sur les détails. Mais, l'inégalité croissante des revenus aussi fait planer des risques sérieux. Aujourd'hui, les cinq pour cent les plus riches du monde gagnent en 48 heures le revenu annuel des plus pauvres. Cette montée fulgurante de l'inégalité favorise l'inefficacité, l'instabilité, les investissements à risques et une baisse globale de productivité. Pour élaborer des politiques qui renforcent la  Lire

      • Réduire les risques de catastrophe et renforcer la résilience

        15 août 2012

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        Des ouvriers haïtiens, travaillant pour un projet "Argent contre travail" de l'ONU, forment une chaîne pour se passer des pierres, près de Port-au-Prince. Photo : ONU/Logan Abassi

        Au cours de la seule année 2011, près de 30 000 personnes ont perdu la vie dans 302 catastrophes naturelles, et 206 millions d’individus ont été touchés par ces événements. Au-delà des pertes en vies humaines, les coûts générés par les catastrophes ont été estimés à plus de 2 mille milliards de dollars des États-Unis au cours des vingt dernières années. Les séismes et les violentes catastrophes liées au climat ont contribué à faire de 2011 l’année la plus coûteuse en termes de réponse et de relèvement après les catastrophes. Pourtant, nombreux sont les pays qui n’investissent toujours pas de manière satisfaisante dans la prévention et la préparation, et bon nombre d’acteurs du développement n’accordent pas encore la priorité suffisante à cet effort dans l’attribution de l’aide aux pays pauvres. Des inégalités criantes persistent, compte tenu que les risques de catastrophe, au plan mondial, sont concentrés de manière disproportionnée dans les pays les plus pauvres ne disposant pas d’une bonne gouvernance. Du point de vue du développement, la réduction des risques de catastrophe apparaît ainsi comme une nécessité vitale pour la construction d’un futur plus équitable et plus durable. Par conséquent, les investissements en matière de prévention et de préparation, notamment  Lire