Notre perspective

      • Lutte contre la corruption : des raisons d’être optimistes

        07 nov. 2012

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        "La lutte contre la corruption est l’affaire de tous" Photo: Kenny Miller / Creative Commons

        Chaque année, la corruption coûte plus de 5% du PIB mondial (2,6 billions de dollars), selon certaines estimations. Mais son coût en termes de dignité humaine est incalculable. La corruption sape la démocratie et les droits des communautés. En particulier celles qui vivent sur les terres de leurs ancêtres, au-dessus de ressources minérales ou entourés de biens appartenant au patrimoine commun.  Ces communautés risquent alors d’être exploitées par des entreprises ou des groupes d’intérêt qui s’arrangent pour ignorer ou contourner les mesures de protection sociale ou environnementale. Des procès pour corruption très médiatisés et la publication de listes de ressources ayant disparu de façon illicite ont fait croire à beaucoup que la lutte contre la corruption était une cause perdue. La faiblesse des agences anti-corruption, la porosité des institutions et l’opacité du financement des partis politiques ne fait que les conforter dans leur opinion. Il me semble pourtant que nous avons des raisons d’être prudemment optimistes pour les raisons ci-dessous. Premièrement, même si des lacunes persistent dans la pratique et l’application des lois, les instruments mondiaux et autres initiatives internationales ont gagné en nombre et en notoriété au fil des ans. Que ce soit au travers de conventions diplomatiques internationales, de  Lire

      • Hommes du monde entier, unis pour émanciper les femmes

        05 nov. 2012

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        L'autonomisation des femmes nous concerne tous. Photo: PNUD Inde

        Nous vivons dans un monde encore profondément injuste, où naître homme ou femme n’a pas la même valeur. Les femmes représentent 70 % de la population mondiale vivant en dessous du seuil de pauvreté. A travail égal, leurs salaires sont de 10 % à 30 % inférieurs à ceux des hommes . Elles sont propriétaires d’un pour cent des terres cultivables, bien qu’elles représentent 80 % de la main-d'œuvre agricole. Pire, deux tiers d’entre elles (60 %) subissent des violences (physique, sexuelle, psychologique ou économique) au sein ou à l’extérieur de leurs foyers. Continuer à nier cette réalité ou faire assumer aux femmes la responsabilité « d’agir à ce propos » aggrave cette injustice. Il faut agir, comme le font depuis des années les mouvements féministes, mais cette fois en nous joignant à elles, nous les hommes. Une voie encore à explorer consiste à renverser les mythes fondant et étayant l’inégalité entre hommes et femmes : comment se fait-il que de nombreux hommes croient encore être supérieurs aux femmes ? D’où vient cette façon de penser ? Pourquoi persiste-t-elle ? Nos relations sociales obéissent aussi à un système patriarcal, structuré de façon hiérarchique. Ce système place les hommes dans la sphère  Lire

      • L’Amérique latine et les Caraïbes ont une dette envers les jeunes

        16 oct. 2012

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        Plus de 30 organisations de jeunes provenant de la région, ainsi que de jeunes militants, des dirigeants politiques et des représentants gouvernementaux étaient présents. (Photo: PNUD Mexique)

        Je reviens d’une réunion de trois jours à Mexico où la participation des jeunes dans la politique et leur rôle dans la consolidation de la démocratie en Amérique latine et dans les Caraïbes ont été débatues. Plus de 30 organisations de jeunes provenant de la région, ainsi que de jeunes militants, des dirigeants politiques et des représentants gouvernementaux étaient présents.   La question est cruciale et ne concerne pas uniquement la région. Près de la moitié de la population mondiale a moins de 25 ans et plus d’un tiers de la population a entre 12 et 24 ans. Ce facteur démographique conjugué aux injustices auxquelles fait face la jeunesse, et aux mouvements sociaux dont nous avons été récemment témoins, ceux du Printemps arabe, du 15 mai en Espagne, du Mouvement Yosoy132 au Mexique et les turbulences estudiantines du Chili, soulignent qu’il est important de redoubler nos efforts pour répondre aux besoins et aux aspirations de la jeunesse actuelle, et aux appels à la reconnaissance du rôle vital des jeunes dans la promotion du changement social.   Parmi les 600 millions de personnes vivant en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, plus de 26 pour cent ont entre 15 et 29  Lire

      • La biodiversité et les écosystèmes sont essentiels pour le développement

        15 oct. 2012

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        Le PNUD travaille pour la biodiversité avec 146 pays. Depuis 2000, nous avons aidé à recueillir près de 5 milliards de dollars pour le financement des travaux sur la biodiversité

        La biodiversité désigne la variété de la vie sur Terre sous toutes ses formes. Protéger cette vie joue un rôle fondamental dans l’éradication de la pauvreté et contribue au développement humain, comme cela a été réaffirmé lors du sommet de la Terre Rio+20. De nombreuses populations dépendent de la biodiversité et des écosystèmes pour leur subsistance, que ce soit pour leurs besoins en nourriture, en eau, en énergie ou en santé, et pour faire face au changement climatique. Une étude sur l’Inde, dans le Rapport sur l'économie des écosystèmes et de la biodiversité, montre que les services écosystémiques représentent jusqu’à 57 % du « PIB des pauvres ». La disparition d’espèces et d’écosystèmes entraîne la perte de services essentiels à notre survie. De récentes évaluations de la biodiversité à l’échelle de la planète ont pointé le déclin de certaines espèces, qui courent un risque accru d’extinction. Les habitats naturels, en proie à une dégradation et à une fragmentation croissantes, continuent d’être détruits. En 2011, la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) répertoriait 44 838 espèces, dont 16 928 (38 %) étaient menacées d’extinction. Pour enrayer cette évolution alarmante, le PNUD réclame des mesures d’urgence pour  Lire

      • Les catastrophes que nous qualifions de naturelles ne le sont absolument pas

        12 oct. 2012

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        Les inondations au Cambodge ont tué au moins 14 personnes ces derniers jours. Photo: OCHA/Andrew Pendleton

        Lorsque vous lirez ces lignes, plus de 4 000 familles au Cambodge où j’habitais auparavant, attendent de pouvoir regagner leurs maisons inondées par des crues soudaines des eaux. Ces inondations ont tué au moins 14 personnes ces derniers jours. La plupart de ces personnes déplacées sont des agriculteurs de subsistance. Ils seront nombreux à avoir perdu toutes leurs possessions, y compris leurs cultures et leurs magasins d’alimentation, et ces inondations risquent de les enfoncer de plus belle dans le cycle de la pauvreté. Mais ces 4 000 familles cambodgiennes ne sont pas les seules. Chaque jour, partout dans le monde, des catastrophes causées par des risques naturels, forcent des milliers de personnes à quitter leurs foyers, les privant de leurs moyens d’existence et les empêchant d’accéder à leurs écoles, hôpitaux et marchés. En 2011, l’année la plus coûteuse jamais enregistrée en termes de risques naturels, 106 millions de personnes furent touchées par des inondations, 60 millions par la sécheresse et près de 30 000 périrent. Les désastres mettent à rude épreuve les réalisations du développement obtenues au prix d’immenses efforts. Ils inversent les progrès effectués en matière de lutte contre la pauvreté, et produisent des souffrances terribles. Pourtant il n’est pas  Lire

      • Un avenir où loi et justice sont accessibles à tous

        05 oct. 2012

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        Roms à Osh, au Kirghizistan. Photo: PNUD Europe et Asie Centrale

        Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ont été couronnés de succès à de nombreux égards. Clairs, quantifiables et d’application  universelle,  ils ont offert une perspective de développement pour 140 gouvernements au sud et un programme cohérent de coopération à  50 autres gouvernements au nord. Mais de nouveaux défis sont apparus. Pour que le développement soit efficace, inclusif et durable, il doit se baser sur des valeurs, des systèmes et des institutions de gouvernance. Pour formuler le programme  post-OMD il faudra   être ouvert, et refléter les demandes et les priorités des populations les plus touchées par la politique de développement, c’est à dire les plus pauvres et les groupes marginalisés. Récemment, Mme Aminata Touré, ministre de la Justice au Sénégal, a remarqué que même si les jeunes de son pays font preuve de patience face à  la lenteur du développement social et des infrastructures, ils ne supportent plus les injustices qui affligent leur société. Dans le Financial Times de la semaine dernière, George Soros et Sir Fazle Abed estiment que l’identité juridique et l’enregistrement des naissances sont des droits universels, essentiels pour profiter de nombreux objectifs du développement tels que l’éducation, la santé et l’accès à l’emploi. Cet objectif contribue  Lire

      • La Somalie, porteuse d'immenses promesses d'avenir

        28 sept. 2012

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        73% des Somaliens ont moins de 30 ans, ce qui fait de la Somalie un des pays les plus jeunes au monde. © PNUD Photo/Alistair Lyne

        Pendant des décennies, le monde n’a reçu que de mauvaises nouvelles en provenance de la Somalie. Anarchie, famine, piraterie et conflits ont forgé notre vision globale de ce petit pays de la corne de l’Afrique. Pourtant, au-delà des actualités qui font les gros titres, la Somalie est porteuse d'immenses promesses d'avenir. En effet, outre sa position stratégique, le pays dispose d'un secteur agricole prometteur et les récentes estimations indiquent que son sol pourrait également être riche en pétrole. Cependant, ce ne sont ni l'emplacement géographique ni les ressources naturelles qui peuvent propulser le pays vers un avenir meilleur. Seul le peuple somalien détient ce pouvoir; et les jeunes, pleins d'espoir, sont la clé de l'avenir en Somalie. L'édition 2012 du Rapport sur le développement humain en Somalie met l'accent sur le remarquable potentiel que représente l'autonomisation des jeunes, et la possibilité pour eux de devenir un vecteur de consolidation de la paix et du développement dans ce pays caractérisé par des contrastes saisissants. Aujourd'hui, 73 pour cent des Somaliens ont moins de 30 ans, ce qui fait de la Somalie un des pays les plus jeunes au monde. Généralement, les jeunes vivant dans des zones de conflit ou de post-conflit sont  Lire

      • Systèmes de justice coutumiers : l’heure de l’engagement

        26 sept. 2012

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        Les femmes prennent part à une réunion de village en Inde. Photo: Sephi Bergerson / PNUD Inde

        Dans certains pays en développement, les systèmes de justice informels ou traditionnels résolvent plus de 80 pour cent des différends, allant des conflits liés au bétail aux litiges contractuels, en passant par ceux liés aux dots et aux divorces. L’impact de ces mécanismes est beaucoup plus important sur les femmes et les enfants. Un nouveau rapport (anglais), commandé par le PNUD, l’UNICEF et ONU-Femmes, et préparé par l’Institut danois des droits de l'homme, constitue à ce jour l’étude la plus complète dont disposent les Nations Unies sur ce domaine complexe de la justice. Il tire les conclusions de recherches menées au Bangladesh, en Équateur, au Malawi, au Niger, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, en Ouganda et dans douze autres pays en développement. Selon ses auteurs, ces systèmes font partie intégrante de la justice dans nombre de pays où le PNUD intervient pour améliorer les conditions, les moyens de subsistance et les capacités des institutions publiques. Les faits montrent l’impact direct de ces systèmes sur l’autonomisation des femmes et des enfants sur le plan juridique, s’agissant notamment des mariages et des divorces coutumiers, de la garde des enfants, des questions d’héritage et des droits de propriété. Le moment est venu de s’engager résolument en faveur  Lire

      • Chaque jour dans chaque pays - devrait et peut se dérouler sans violence | Helen Clark

        21 sept. 2012

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        International Day of Peace

        Plus d’un demi-million de personnes meurent chaque année de mort violente, que ce soit à cause de conflits armés, d’activités criminelles ou d’attaques dans leur propre foyer. Environ 1,5 milliard de personnes vivent dans des pays affectés par la guerre, la violence et/ou une criminalité élevée. L’absence de paix a un coût épouvantablement élevé. Les conflits armés terrifient les communautés et les empêchent de progresser en termes de développement. Le niveau de violence est parfois le reflet d’inégalités profondes en même temps qu’il les exacerbe. Par exemple, les femmes et les filles, qui sont victimes de discriminations dans beaucoup d’endroits, sont affectées de façon disproportionnée par les conflits armés. La guerre aggrave leur vulnérabilité économique et sociale. Nous pouvons relever ces défis de manière résolue, et le PNUD constate des progrès dans un certain nombre de pays où il est à l’œuvre. Par exemple : ·   Cette année, le Salvador a enregistré sa première journée sans assassinats depuis plus de trois ans. Les meurtres ont baissé de 12 pour cent en moyenne depuis l’introduction de zones sans armes. ·   Le Libéria est sur la voie du relèvement après des années de guerre civile et en 2013, on y célébrera une décennie  Lire

      • Est-ce la fin d’une insidieuse arme de guerre ?

        17 sept. 2012

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        Bombe à fragmentation intacte au mémorial de guerre à Séoul, en République de Corée. Crédit photo: Aaron Hartwell

        La première fois que j’ai entendu parler de « sous-munitions », c’était au Pakistan pendant les années 1990. Je travaillais là-bas et j’ai vu de jeunes Afghans qui en avaient ramassé et ce faisant, avaient perdu un bras, une jambe ou la vue. Les armes à sous-munitions détruisent des vies et trop souvent, dans trop de pays, ce sont des vies d’enfants. Elles ont tué des milliers de civils et continuent de poser un danger, car c’est généralement dans des zones peuplées qu’on les utilise. D’après un rapport récent, quelque 94 pour cent des victimes sont civiles. Comme ces armes ont très souvent des ratés, elles restent dangereuses pendant des années et continuent à tuer ou  mutiler « avec efficacité » longtemps après la fin d’un conflit. Les bombes à sous-munition qui n’ont pas explosé au moment de leur largage interdisent l’accès à des terres qui pourraient servir pour l’agriculture et le développement. Or, le déminage coûte cher et prend du temps. La semaine dernière, je me suis rendu à Oslo où des États, des organisations internationales et des ONG se retrouvaient pour la troisième Réunion des États parties à la Convention sur les armes à sous-munitions. Les Norvégiens, qui ont  Lire