Notre perspective

      • La transition démocratique exige des dirigeants courageux

        09 nov. 2012

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        Élections à l'Assemblée constituante, Tunisie 2011

        Nous avons récemment été témoins de changements dramatiques dans de nombreuses régions du monde. Des dirigeants autocratiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont été évincés ou forcés de démissionner. Le Myanmar a choisi avec détermination la voie de la réforme. Des facteurs économiques, sociaux et politiques sont à l’origine de ces changements sociaux qui ont conduit la population à demander « pain, liberté et dignité » sur la place Tahir en Égypte, où nous avons constaté qu’une transition politique peut – bien que rarement — s’effectuer du jour au lendemain. Mais les régimes autocratiques laissent des legs, des structures économiques, des systèmes d’incitation et des institutions qui ne disparaissent pas dès qu’un dictateur quitte le pouvoir ou s’en écarte. Les droits politiques, les droits de l’homme, les politiques progressives sociales et économiques, l’attribution équitable des emplois et la primauté de l’état de droit, ne succèdent pas automatiquement aux moments de changements politiques importants. L’un des premiers choix que doivent faire ceux qui dirigent le processus de transition est donc de favoriser l’inclusion lorsqu’ils commencent à définir leur futur. Pour la légitimité et la longévité, le dialogue avec toutes les personnes concernées — la société civile, les universitaires, l’élite du  Lire

      • En souvenir des nombreuses victimes du cyclone Sandy

        09 nov. 2012

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        Les Conséquences de l'ouragan Sandy à Cuba. Photo ONU / PNUD / AIN FOTO / Juan Pablo Carreras

        Le cyclone Sandy a tué plus de 110 personnes en touchant les États-Unis le 29 octobre. Le coût des dégâts a été estimé à plus de 50 milliards de dollars aux États-Unis et la vie de millions de personnes a été bouleversée à New York, où je vis. Mais l’Amérique du Nord n’a été que le dernier des nombreux arrêts du parcours destructeur de Sandy. Sandy a été l’un des plus importants cyclones atlantiques jamais enregistrés. Les Bahamas, Cuba, la République dominicaine, la Jamaïque et de nombreux autres pays ont subi des pertes terribles. En Haïti, qui ne s’est pas encore complètement remise du tremblement de terre de 2010, plus de 54 personnes ont péri et plus de 200 000 personnes sont sans abri. Les agents de santé se démènent pour faire en sorte que les dommages de l’ouragan n’accélèrent pas la propagation de maladies infectieuses, notamment du choléra. À Cuba, près d’un million de personnes a été directement touché ; les toits de plus de 43 000 foyers ont été arrachés par les grands vents ; et au moins 375 centres sanitaires et 2 100 écoles ont été endommagés, tandis que de nombreux ponts et routes sont devenus impraticables. En  Lire

      • Il faut agir maintenant pour stopper le changement climatique

        08 nov. 2012

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        Une femme traverse un marché inondé à Port-au-Prince. L'ouragan Sandy est passé à l'ouest d'Haïti le 25 Octobre 2012. Photo Logan Abassi ONU / MINUSTAH

        Les ravages causés par l‘ouragan Sandy nous rappellent une fois de plus le potentiel destructeur des phénomènes météorologiques extrêmes – même dans un pays développé tel que les États-Unis, et même avec des mécanismes d’alerte et  d’aide d’urgence rapides. De Kingston en Jamaïque au quartier de Jamaica à New York, cet ouragan a eu un effet dévastateur qui, selon le Maire de New York, a encore été aggravé par le changement climatique. Mais, tandis que les pays développés consacrent des fonds toujours plus importants à créer des systèmes de protection contre les inondations, indemniser les agriculteurs et ajuster leurs thermostats aux étés de plus en plus chauds, les conséquences du changement climatique en Afrique s’avèrent catastrophiques : les récoltes sont mauvaises, les populations souffrent de la faim. Nous pourrions, en tant que communauté mondiale, passer à des économies vertes et inclusives qui corrigent les inégalités, encouragent le développement, et mettent un frein aux attaques constantes que subit notre écosystème. Pourquoi, dans ce cas, le monde ne fait-il pas plus d’efforts? Au niveau mondial, les réponses politiques restent très en retard par rapport aux recommandations faites par les scientifiques. On peut invoquer en premier lieu la brièveté des mandats politiques qui  Lire

      • Lutte contre la corruption : des raisons d’être optimistes

        07 nov. 2012

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        "La lutte contre la corruption est l’affaire de tous" Photo: Kenny Miller / Creative Commons

        Chaque année, la corruption coûte plus de 5% du PIB mondial (2,6 billions de dollars), selon certaines estimations. Mais son coût en termes de dignité humaine est incalculable. La corruption sape la démocratie et les droits des communautés. En particulier celles qui vivent sur les terres de leurs ancêtres, au-dessus de ressources minérales ou entourés de biens appartenant au patrimoine commun.  Ces communautés risquent alors d’être exploitées par des entreprises ou des groupes d’intérêt qui s’arrangent pour ignorer ou contourner les mesures de protection sociale ou environnementale. Des procès pour corruption très médiatisés et la publication de listes de ressources ayant disparu de façon illicite ont fait croire à beaucoup que la lutte contre la corruption était une cause perdue. La faiblesse des agences anti-corruption, la porosité des institutions et l’opacité du financement des partis politiques ne fait que les conforter dans leur opinion. Il me semble pourtant que nous avons des raisons d’être prudemment optimistes pour les raisons ci-dessous. Premièrement, même si des lacunes persistent dans la pratique et l’application des lois, les instruments mondiaux et autres initiatives internationales ont gagné en nombre et en notoriété au fil des ans. Que ce soit au travers de conventions diplomatiques internationales, de  Lire

      • Hommes du monde entier, unis pour émanciper les femmes

        05 nov. 2012

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        L'autonomisation des femmes nous concerne tous. Photo: PNUD Inde

        Nous vivons dans un monde encore profondément injuste, où naître homme ou femme n’a pas la même valeur. Les femmes représentent 70 % de la population mondiale vivant en dessous du seuil de pauvreté. A travail égal, leurs salaires sont de 10 % à 30 % inférieurs à ceux des hommes . Elles sont propriétaires d’un pour cent des terres cultivables, bien qu’elles représentent 80 % de la main-d'œuvre agricole. Pire, deux tiers d’entre elles (60 %) subissent des violences (physique, sexuelle, psychologique ou économique) au sein ou à l’extérieur de leurs foyers. Continuer à nier cette réalité ou faire assumer aux femmes la responsabilité « d’agir à ce propos » aggrave cette injustice. Il faut agir, comme le font depuis des années les mouvements féministes, mais cette fois en nous joignant à elles, nous les hommes. Une voie encore à explorer consiste à renverser les mythes fondant et étayant l’inégalité entre hommes et femmes : comment se fait-il que de nombreux hommes croient encore être supérieurs aux femmes ? D’où vient cette façon de penser ? Pourquoi persiste-t-elle ? Nos relations sociales obéissent aussi à un système patriarcal, structuré de façon hiérarchique. Ce système place les hommes dans la sphère  Lire

      • L’Amérique latine et les Caraïbes ont une dette envers les jeunes

        16 oct. 2012

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        Plus de 30 organisations de jeunes provenant de la région, ainsi que de jeunes militants, des dirigeants politiques et des représentants gouvernementaux étaient présents. (Photo: PNUD Mexique)

        Je reviens d’une réunion de trois jours à Mexico où la participation des jeunes dans la politique et leur rôle dans la consolidation de la démocratie en Amérique latine et dans les Caraïbes ont été débatues. Plus de 30 organisations de jeunes provenant de la région, ainsi que de jeunes militants, des dirigeants politiques et des représentants gouvernementaux étaient présents.   La question est cruciale et ne concerne pas uniquement la région. Près de la moitié de la population mondiale a moins de 25 ans et plus d’un tiers de la population a entre 12 et 24 ans. Ce facteur démographique conjugué aux injustices auxquelles fait face la jeunesse, et aux mouvements sociaux dont nous avons été récemment témoins, ceux du Printemps arabe, du 15 mai en Espagne, du Mouvement Yosoy132 au Mexique et les turbulences estudiantines du Chili, soulignent qu’il est important de redoubler nos efforts pour répondre aux besoins et aux aspirations de la jeunesse actuelle, et aux appels à la reconnaissance du rôle vital des jeunes dans la promotion du changement social.   Parmi les 600 millions de personnes vivant en Amérique du Sud et dans les Caraïbes, plus de 26 pour cent ont entre 15 et 29  Lire

      • La biodiversité et les écosystèmes sont essentiels pour le développement

        15 oct. 2012

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        Le PNUD travaille pour la biodiversité avec 146 pays. Depuis 2000, nous avons aidé à recueillir près de 5 milliards de dollars pour le financement des travaux sur la biodiversité

        La biodiversité désigne la variété de la vie sur Terre sous toutes ses formes. Protéger cette vie joue un rôle fondamental dans l’éradication de la pauvreté et contribue au développement humain, comme cela a été réaffirmé lors du sommet de la Terre Rio+20. De nombreuses populations dépendent de la biodiversité et des écosystèmes pour leur subsistance, que ce soit pour leurs besoins en nourriture, en eau, en énergie ou en santé, et pour faire face au changement climatique. Une étude sur l’Inde, dans le Rapport sur l'économie des écosystèmes et de la biodiversité, montre que les services écosystémiques représentent jusqu’à 57 % du « PIB des pauvres ». La disparition d’espèces et d’écosystèmes entraîne la perte de services essentiels à notre survie. De récentes évaluations de la biodiversité à l’échelle de la planète ont pointé le déclin de certaines espèces, qui courent un risque accru d’extinction. Les habitats naturels, en proie à une dégradation et à une fragmentation croissantes, continuent d’être détruits. En 2011, la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) répertoriait 44 838 espèces, dont 16 928 (38 %) étaient menacées d’extinction. Pour enrayer cette évolution alarmante, le PNUD réclame des mesures d’urgence pour  Lire

      • Les catastrophes que nous qualifions de naturelles ne le sont absolument pas

        12 oct. 2012

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        Les inondations au Cambodge ont tué au moins 14 personnes ces derniers jours. Photo: OCHA/Andrew Pendleton

        Lorsque vous lirez ces lignes, plus de 4 000 familles au Cambodge où j’habitais auparavant, attendent de pouvoir regagner leurs maisons inondées par des crues soudaines des eaux. Ces inondations ont tué au moins 14 personnes ces derniers jours. La plupart de ces personnes déplacées sont des agriculteurs de subsistance. Ils seront nombreux à avoir perdu toutes leurs possessions, y compris leurs cultures et leurs magasins d’alimentation, et ces inondations risquent de les enfoncer de plus belle dans le cycle de la pauvreté. Mais ces 4 000 familles cambodgiennes ne sont pas les seules. Chaque jour, partout dans le monde, des catastrophes causées par des risques naturels, forcent des milliers de personnes à quitter leurs foyers, les privant de leurs moyens d’existence et les empêchant d’accéder à leurs écoles, hôpitaux et marchés. En 2011, l’année la plus coûteuse jamais enregistrée en termes de risques naturels, 106 millions de personnes furent touchées par des inondations, 60 millions par la sécheresse et près de 30 000 périrent. Les désastres mettent à rude épreuve les réalisations du développement obtenues au prix d’immenses efforts. Ils inversent les progrès effectués en matière de lutte contre la pauvreté, et produisent des souffrances terribles. Pourtant il n’est pas  Lire

      • Un avenir où loi et justice sont accessibles à tous

        05 oct. 2012

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        Roms à Osh, au Kirghizistan. Photo: PNUD Europe et Asie Centrale

        Les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) ont été couronnés de succès à de nombreux égards. Clairs, quantifiables et d’application  universelle,  ils ont offert une perspective de développement pour 140 gouvernements au sud et un programme cohérent de coopération à  50 autres gouvernements au nord. Mais de nouveaux défis sont apparus. Pour que le développement soit efficace, inclusif et durable, il doit se baser sur des valeurs, des systèmes et des institutions de gouvernance. Pour formuler le programme  post-OMD il faudra   être ouvert, et refléter les demandes et les priorités des populations les plus touchées par la politique de développement, c’est à dire les plus pauvres et les groupes marginalisés. Récemment, Mme Aminata Touré, ministre de la Justice au Sénégal, a remarqué que même si les jeunes de son pays font preuve de patience face à  la lenteur du développement social et des infrastructures, ils ne supportent plus les injustices qui affligent leur société. Dans le Financial Times de la semaine dernière, George Soros et Sir Fazle Abed estiment que l’identité juridique et l’enregistrement des naissances sont des droits universels, essentiels pour profiter de nombreux objectifs du développement tels que l’éducation, la santé et l’accès à l’emploi. Cet objectif contribue  Lire

      • La Somalie, porteuse d'immenses promesses d'avenir

        28 sept. 2012

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        73% des Somaliens ont moins de 30 ans, ce qui fait de la Somalie un des pays les plus jeunes au monde. © PNUD Photo/Alistair Lyne

        Pendant des décennies, le monde n’a reçu que de mauvaises nouvelles en provenance de la Somalie. Anarchie, famine, piraterie et conflits ont forgé notre vision globale de ce petit pays de la corne de l’Afrique. Pourtant, au-delà des actualités qui font les gros titres, la Somalie est porteuse d'immenses promesses d'avenir. En effet, outre sa position stratégique, le pays dispose d'un secteur agricole prometteur et les récentes estimations indiquent que son sol pourrait également être riche en pétrole. Cependant, ce ne sont ni l'emplacement géographique ni les ressources naturelles qui peuvent propulser le pays vers un avenir meilleur. Seul le peuple somalien détient ce pouvoir; et les jeunes, pleins d'espoir, sont la clé de l'avenir en Somalie. L'édition 2012 du Rapport sur le développement humain en Somalie met l'accent sur le remarquable potentiel que représente l'autonomisation des jeunes, et la possibilité pour eux de devenir un vecteur de consolidation de la paix et du développement dans ce pays caractérisé par des contrastes saisissants. Aujourd'hui, 73 pour cent des Somaliens ont moins de 30 ans, ce qui fait de la Somalie un des pays les plus jeunes au monde. Généralement, les jeunes vivant dans des zones de conflit ou de post-conflit sont  Lire